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La Chine et le Moyen-Orient peuvent
racheter le monde.
Les grands fonds d'investissements publics peuvent devenir les
nouveaux géants du capitalisme mondial.
Trois questions fondamentales se posent devant leur considérable
croissance :
- Ces fonds resteront-ils de simples gestionnaires
de court terme ou investiront-ils à long terme dans les
grandes entreprises mondiales pour les diriger ?
- Ces fonds souhaitent-ils et peuvent-ils
mener des politiques nationales ? Autrement dit, allons-nous
assister à un transfert du pouvoir financier des fonds privés aux
fonds publics ?
- Si des risques de type nationaliste se
développaient clairement, quels pourraient être les moyens de protection
des Etats-Unis et de l'Europe ? Et comment les mettre
en œuvre sans déclencher une ou plusieurs guerres économiques terriblement
dangereuses pour l'économie mondiale mais aussi pour l'équilibre
politique mondial.
Ces grandes questions se posent lorsqu'on examine simplement deux
séries de chiffres concernant :
- les principaux détenteurs de réserves de change
- les principaux fonds d'investissements publics et privés.
Les grands détenteurs de réserves de change sont d'une part les
pays qui sont devenus les usines de la planète, d'autre part ceux
qui détiennent des réserves de pétrole et de matières premières,
soit, fin 2006 :
| Pays |
Réserve
de change (en milliards de $) |
| La
chine |
1
068 |
| Le
Japon |
880
|
| La
Russie |
296 |
| La
Corée du Sud |
234 |
| L'Inde |
171 |
| Singapour |
137 |
| Le
Brésil |
86 |
|
La Malaisie |
82 |
|
L'Algérie |
78
|
| Le
Mexique |
76 |
|
La Turquie |
61 |
| La
Libye |
59 |
| Le
Nigeria |
42 |
Les principaux fonds d'investissements publics
| Pays
|
Montant
du fonds
(en milliards de $) |
| Emirats
Arabes unis (Adia) |
875 |
| Singapour
(GIC) |
330
|
| Chine
(en création) |
300 |
| Norvège |
300
|
| Arabie
Saoudite |
300
|
| Singapour
(Temasek hold.) |
100
|
| Koweit |
70
|
| Australie
|
40
|
| Alaska
(fonds de l'Etat) |
34 |
| Russie
|
32 |
| Brunei |
30 |
| Corée
|
20
|
Ces fonds n'ont pas à rendre compte à des actionnaires et sont
donc gérés de façon totalement opaque.
Le plus important, l'ADIA, ne publie aucune chiffre, ne divulgue
aucune de ses opérations.
Son site internet ne compte que trois lignes : son adresse postale.
Quelques chiffres donnent des ordres de grandeur sur la puissance
actuelle et future de ces fonds.
L'ensemble des actifs gérés par les fonds de pension américains
représente environ 18 000 milliards de dollars.
Les fonds d'investissement public cités
ci-dessus devraient se retrouver à la tête de 12 000 milliards de
dollars en 2015.
En comparaison, les sommes entre les mains des " hedge funds " seraient
aujourd'hui d'environ 1 500 milliards de dollars.
Attention, il y a trop d'argent dans le monde.
Raison de plus pour un Etat ambitieux et dynamique d'adopter
une politique qui attire ces capitaux au lieu de les faire fuir.
La France peut aujourd'hui trouver dans le monde tout l'argent nécessaire
pour créer de grandes infrastructures rentables (attention pas le
Lyon/ Turin, ni le canal du Nord). Et pour relancer une forte politique
d'entreprises et notamment industrielles.
Il suffit de le vouloir et de garantir
à ces capitaux la même rentabilité qu'ils peuvent trouver partout
dans le monde, c'est-à-dire 6 à 7 %. 37
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