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Zone euro et France : faible croissance en vue.

Un des meilleurs spécialistes de l'analyse économique et de l'analyse monétaire, Jean-Pierre Chevallier, nous adresse régulièrement des notes de conjoncture toujours très solides.
Au moment où chacun a les yeux fixés sur le budget et les prévisions d'activités pour 2008, M. Chevallier nous rappelle les liens étroits entre les conjonctures européennes et américaines.
Il estime, contrairement à nombre de conjoncturistes français, que l'année 2008 devrait montrer une baisse d'activité parallèle aux Etats-Unis et en France :

" Les derniers chiffres publiés par la BCE et l'INSEE sont inquiétants.
La masse monétaire M3 de la zone euro augmente de 10,7 % d'une année sur l'autre.
Les ménages augmentent leur épargne de précaution en prévision des mauvais jours à venir (M2-M1 augmente de 14 %) car ils sentent venir le ralentissement de la croissance.
Par comparaison, l'augmentation de l'épargne des américains est de 8,3 % seulement, ce qui est déjà inquiétant et s'accompagne d'une croissance faible comme en France : 1,9 % d'une année sur l'autre au 1° trimestre 2007.

Comme l'augmentation de la masse monétaire libre est inversement proportionnelle à la croissance du PIB, l'avenir s'annonce sombre avec une croissance qui devrait tomber à 2,25 % (d'une année sur l'autre) dans la zone euro contre 3,0 % au 1° trimestre.

La situation actuelle est proche de celle de 2002 et de 2003 : dans ces deux cas la croissance avait plongé sous les 1 %.
La croissance en France dépend en réalité de la politique monétaire menée par… la Fed !
En effet, la corrélation entre notre croissance et celles des Etats-Unis est quasiment parfaite depuis 20 ans, la notre étant inférieure à celle des Américains (elle était décalée au cours de ces dernières années, ce qui n'est plus le cas maintenant).
La baisse de la croissance en France s'accompagne de la détérioration du commerce extérieur dont le déficit augmente au fil des trimestres.
La structure de la masse monétaire de la zone euro est très différente de celle des Etats-Unis.

En milliards Etats-Unis $ Zone euro €
M1 1 355 3 768
M2-M1 5 900 3 100
Augmentation de M2-M1 14 % 8,3 %
PIB 13 620 8 707
M1/PIB 10 % 43 %
M2-M1/PIB 44 % 35 %


La population de la zone euro est du même ordre que celle des Etats-Unis : autour de 300 millions d'habitants.
Les Américains ont une épargne considérable (M2-M1) contrairement à ce que prétend la propagande répandue par tous les médias et par tous ceux qui prétendent être des économistes, et ils gèrent bien leur argent en le plaçant toujours au mieux (M1 est très faible).

Si les Français ne veulent pas suivre l'exemple des Américains, qu'ils suivent au moins celui des Allemands dont l'ancien chancelier socialiste Helmut Schmidt (1974-1982) déclarait que "les profits d'aujourd'hui font les investissements de demain et les emplois d'après-demain", phrase que n'ose pas prononcer Nicolas Sarkozy ni Laurence Parisot !

L'Etat ne doit pas " faire quelque chose pour les entreprises ", mais ne doit pas les pénaliser par un impôt sur les bénéfices au taux de 34,4 % en le faisant passer à 25 % comme en Allemagne ou mieux à 12,5 % comme en Irlande qui bénéficie ainsi d'un taux de croissance supérieur à 5 % depuis 20 ans. "
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