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Le chômage baisse mais son coût augmente.

Jacques Marseille a le génie de détecter au-delà d'un chiffre brut sa signification, soit en le comparant à d'autres, soit en indiquant la source contestable du chiffre, soit en le rapprochant d'autres données.
Il a publié dans un très récent numéro du Point un article sous ce titre qui a le grand mérite de rendre significatif des chiffres souvent " abstraits "

" Combien de chômeurs en France ?
- 2 092 000 selon le chiffre officiel ANPE.
- 2 352 000 au sens du BIT.
- 3 434 000 en y ajoutant les demandeurs d'emploi dispensés de recherches, inscrits en formation, travaillant peu...
- 8,6 % de la population active selon le gouvernement ou 20 % en reportant le nombre de demandeurs d'emploi non pas à la population active, mais, ce qui est plus logique, uniquement à celle qui est susceptible de perdre son emploi (c'est-à-dire en retirant fonctionnaires et salariés des entreprises publiques ?)".


Plus important encore : les dépenses d'aides à l'emploi sont passées de 47,2 milliards d'euros en 1995
à 74,2 milliards d'euros en 2004 ; soit une augmentation de 57,4 %.

74,2 milliards, c'est plus que le salaire annuel de 4 millions de salariés payés au SMIC.
C'est sept fois plus que les sommes affectées à l'enseignement supérieur.
Chaque chômeur en moins, entre ces deux dates, aura coûté 50 000 euros par tête, soit presque le triple du revenu annuel médian des Français (celui que perçoit la moitié des salariés).

" C'est-à-dire qu'avant de se réjouir d'une éventuelle baisse du nombre des chômeurs, mieux vaut se lamenter de l'inefficacité d'une telle dépense. Des milliards engloutis pour un résultat insignifiant.
A la limite, pourquoi ne pas supprimer tous ces dispositifs et verser un chèque de 32 000 euros à chaque chômeur ? (74 milliards divisés par 2,3 millions).
Nul doute qu'avec ce chèque chaque chômeur pourrait s'acheter rapidement un employeur. " 31