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Pourquoi rapprocher l'affaire de l'A380 avec l'affaire du TGV ?


Parce que le TGV, comme l'A380, est une erreur stratégique fondamentale qui coûte à la France très cher, ce qui ne l'empêche pas de rendre les très grands services que chacun apprécie.

Le TGV est né du choix entre trois technologies :
- une technologie très avancée - l'aérotrain -
- une technologie classique - le pendulaire -
- une technologie des ingénieurs de la SNCF, finalement traditionnelle mais très coûteuse, le TGV.

L'aérotrain est, sous une forme ou sous une autre, la technologie choisie par le Japon et l'Allemagne.
Elle continue d'être étudiée dans d'autres pays.
L'aérotrain mis au point dans les années 1960/1970 a été expérimenté sur une ligne longue de sept kilomètres.
Il comportait les éléments suivants :
- Une ligne en béton, sur piliers à cinq mètres du sol, donc une économie considérable de travaux de terrassement et d'ouvrage d'art.
- L'élimination de l'usure des voies ferrées,
- Une sécurité absolue - la voie étant inaccessible aux animaux et aux promeneurs
- La possibilité de gravir des pentes de 10 % évitant le creusement de tranchées...
- Une vitesse moyenne et maximale analogue à celle du TGV (300 à 430 kilomètres/heure).
- Une charge de 300 kilos par place assise " aérotrain " contre 1 000 kilos pour le TGV.
- Enfin, un intérêt marqué de la part d'au moins six pays qui ont plus tard abandonné l'étude de notre TGV en raison du coût trop élevé des infrastructures (Italie, Japon, Brésil, Australie, Venezuela, Pays-Bas).
Le projet d'aérotrain n'avait qu'un inconvénient mais c'était un inconvénient majeur : il était né d'une initiative totalement privée, financé par un groupement bancaire, animé par une équipe d'ingénieurs remarquables où la SNCF était très minoritaire.
De ce fait, les dirigeants de la SNCF se sont ingéniés à le retarder suffisamment longtemps pour que leur propre projet soit prêt à temps.

Rappelons que notre TGV actuel souffre, lui, d'un inconvénient majeur : il oblige à créer un réseau de lignes entièrement nouveau et trois fois plus cher que l'infrastructure de l'aérotrain. D'où son échec total à l'exportation.
Seul un pays comme l'Espagne, qui n'est pas aux normes européennes, a intérêt à l'acheter.

La troisième technologie, celle du pendulaire, a été d'emblée écartée par la SNCF car elle n'était pas digne des prouesses techniques que souhaitaient réaliser les ingénieurs.
Le pendulaire, en effet, fonctionne sur des lignes classiques dont il faut simplement refaire les virages ayant une courbure trop forte.
Si l'on avait voulu par exemple faire en pendulaire le trajet Paris-Strasbourg, il eut fallu refaire une trentaine de kilomètres de voies.
L'économie aurait été considérable mais la vitesse moyenne n'aurait été que de 220 kilomètres/heure et les travaux se seraient faits par petits morceaux... ce qui est évidemment moins excitant que de réaliser une nouvelle ligne avec son cortège de viaducs, ponts, tunnels et tranchées !

Comme le disait l'ancien PDG de la SNCF, Loïc Le-Floch-Prigent : " Au moins on voit où passe notre argent ". 29