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Comme Martine Aubry, l'équipe
Villepin - Borloo n'a toujours pas compris que le marché du travail.....
est un marché
Paul Fabra, économiste d'une grande qualité qui s'est toujours
tenu en marge du courant libéral, semble s'en rapprocher d'année
en année, et plus particulièrement depuis quelques mois.
Il a consacré dans un article récent des Echos une étude sur la
politique Villepin - Borloo qui reprend pour une bonne part l'analyse
faite par Pierre Cahuc et André Zylberberg " Le chômage, nécessité
ou fatalité ".
Il montre fort intelligemment dans cet article que la méthode
appliquée pour ramener au grand jour l'économie souterraine des
services à la personne est totalement irresponsable.
" La pompe à Phynances qui distribue exonération de charges et
avantages fiscaux considérables, ne peut fonctionner sans que le
contribuable ni l'endettement public n'est à en pâtir sérieusement.
"
Citant Jean-Louis Borloo qui indique que le plan va permettre
de diviser par trois le coût horaire des prestations, Paul Fabra
conclut :
" Ce n'est pas là abolir le marché noir, c'est simplement faire
en sorte que l'Etat prenne en charge les deux tiers de l'ancien
prix. Seront éligibles au système plombiers et électriciens qui
effectuent de petites réparations comme une foule d'autres services.
Qu'un tel tour de passe-passe soit de nature à jeter plus ou moins
vite dans le chaos des marchés professionnels entiers ne vient pas
à l'idée du ministre de la cohésion sociale. "
Paul Fabra note que les stratèges gouvernementaux ne semblent toujours
pas avoir compris le fonctionnement et la dynamique du marché du
travail.
" Une politique de l'emploi, dit-il, doit viser non pas l'entreprise,
ni le chômeur, mais un bon fonctionnement du marché, là où va
s'opérer l'échange entre d'une part l'entreprise, qui a besoin
d'embaucher, et d'autre part les hommes et les femmes qui sont à
la recherche d'un emploi. Sur un marché, rien n'est statique.
Les économistes français commencent à s'aviser que l'échange est
le seul moteur de la croissance économique.
Le plus probable est que la pseudo politique de notre ministre du
travail débouchera sur une déroute aussi piteuse que celle du porte-avions
Clémenceau. "
Si nous citons largement cet article, c'est que Paul Fabra était
loin de penser la même chose il y a quelques années. C'est d'ailleurs
tout à son honneur de constater l'évolution d'un homme reconnu depuis
fort longtemps par tous ses pairs.
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