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Comprendre l'économie : inégalités
et resdistribution
Un article de Jean-Louis Caccomo
Il est difficile de soutenir, sans aucune forme de discussion, que
l'économie de marché répartit mal les richesses. Montrez-moi dans
l'histoire ou sur la planète un lieu, une communauté humaine dans
laquelle les inégalités auraient disparu.
Seule l'économie de marché a apporté au plus grand nombre une espérance
nouvelle.
Il est donc plus juste de dire que l'économie de marché répartit
les richesses selon des principes économiques rationnels et non
plus selon des principes politiques arbitraires.
Si l'on arrête le film économique pour
avoir une image statique de la réalité, on observera en effet de
grandes inégalités de revenu. Mais ces inégalités, si elles sanctionnent
des différences de performances, de productivité et de talent, permettent
en dynamique une élévation générale et continue du niveau de vie
de la population.
A vouloir redistribuer et réduire aveuglément les écarts de revenu,
prenons garde de ne pas casser le film économique...
On peut convenir que ces principes économiques ne doivent pas être
le seul ciment social ; et les économistes sérieux n'ont jamais
prétendu le contraire car l'économie est avant tout affaire de
comportements humains et de repères éthiques ; et il ne serait
y avoir de choix sans l'existence de valeurs humaines fondamentales.
Le marché est tout autant un fait social
qu'une réalité économique.
L'entreprise est tout autant une organisation d'homme, une aventure
humaine qu'une unité de production.
De toutes les façons, et fort heureusement, le lien social ne se
décrète pas dans les ministères - de même que la culture ne se joue
pas dans les maisons de la culture - et ne se construit pas dans
les textes administratifs.
Mais il est tout aussi illusoire et périlleux de nier purement
et simplement la réalité et l'action des principes économiques.
Il ne peut y avoir de progrès social sans une assise économique
solide ; et c'est l'économie de marché qui fournit partout et toujours
cette assise.
Autant l'admettre le plus rapidement possible si l'on veut éviter
de plus grands problèmes.
Les pays qui sont parvenus aujourd'hui aux limites du socialisme
sont désormais les premiers à le reconnaître [1].
Une partie de la population demeure exclue de la production et la
distribution des richesses.
L'Etat a sans doute le devoir d'exprimer
la solidarité nécessaire envers les plus démunis.
Mais d'une part, il n'y a aucune raison d'attribuer à l'Etat le
monopole de la solidarité ; d'autre part, cette solidarité officielle
ne doit pas instituer des mécanismes qui pérennisent l'exclusion
et entravent le développement du marché.
Il n'est pas du tout évident que l'Etat doive avoir le
monopole de la solidarité sociale car c'est une manière pour les
individus de se débarrasser de leur responsabilité en cette matière
et de faire jouer à fond, et dans le même temps, leur égoïsme et
leur bonne conscience.
Enfin, s'il reste évident que les richesses sont très mal réparties
en France, force est de constater que ce pays n'est certainement
pas un laboratoire du libéralisme.
[1] Je reviens d'une mission d'expertise en Algérie où j'ai pu observer
cette demande (et cette soif) de libéralisation de la part des acteurs
économiques mais aussi des décideurs publics qui souffrent de l'absence
d'un secteur privé.
Ils ont pu expérimenter sur le terrain cette vérité première ;
même l'Etat n'a pas intérêt à étouffer le secteur privé.
De sorte qu'en l'absence d'une base productive solide et fiable,
le fait de disposer d'abondantes liquidités liées à l'embellie pétrolière
(car ce que les pays consommateurs appellent "crise pétrolière",
les pays producteurs le nomment "embellie") constitue même un problème.
A défaut de pouvoir les injecter dans l'économie, ces liquidités
sont oisives. Et pour peu qu'elles soient purement distribuées en
revenu, elles seront source d'inflation.
Jean-Louis Caccomo, professeur d'économie à la Faculté de Perpignan.
J-L. Caccomo était l'an dernier candidat à l'agrégation d'économie.
Sa candidature a fait l'objet d'une campagne d'une incroyable malhonnêteté
des économistes de Gauche. Il est l'auteur d'un très grand nombre
d'articles et d'ouvrages dont le plus récents est " L'Epopée de
l'innovation ".28
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