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Un
peu d'économie pratique :
une
réflexion de Jean-Louis Caccomo sur les vides greniers.
Halte aux vides greniers
! Dans ma région, la pratique des vides greniers connaît un réel
engouement.
Je participe moi-même avec ma famille à ces manifestations qui sont
l'occasion d'initier mes enfants aux lois réelles de l'économie,
tout en faisant le tri chez moi.
Mon fils aîné, qui espère se débarrasser de vieux jouets qui ne
l'intéressent plus pour acheter le nouveau jouet de ses rêves, découvre
avec stupéfaction qu'il n'est pas en mesure
d'imposer son prix.
Ce n'est pas sans émotion que je le vois ainsi frôler cette fameuse
" main invisible " dont les plus grands experts nous affirment qu'elle
n'existe pas.
De mon côté, je parviens à vendre des affaires dont j'allais me
débarrasser tellement elles me procuraient une " utilité négative
" (encombrement).
Ce qui prouve bien au passage que la valeur
est subjective et qu'on ne peut imposer un prix " juste " de l'extérieur
de l'échange lui-même.
Etant données mes préférences et mon revenu, je suis prêt à payer
cher un bon livre d'économie ou un disque de jazz tandis que mon
co-échangiste cherche à s'en débarrasser.
Il y a matière à conclure un marché : quand je lui donne
5 euros pour son disque de jazz, je lis dans ces yeux éberlués "
5 euros, tout çà ! " tandis que je fais l'affaire en pensant " 5
euros, seulement ! ".
Personne n'exploite personne dans cette relation gagnant/gagnant.
Telle est la fonction des contrats librement consentis tandis que
le marché libre constitue l'espace - et l'institution - au sein
duquel ce type de contrats a le plus de chance d'émerger et de se
nouer.
Les vides greniers marchent tellement bien que les pouvoirs publics
devaient un jour inévitablement s'en mêler.
Sous le fallacieux prétexte que l'activité des vides greniers avait
tendance à cacher une véritable économie parallèle qui lésait les
intérêts de certains professionnels, la réglementation s'est
immiscée à nouveau dans cet intolérable espace de liberté.
Bien sûr, la presse locale, entièrement dévouée à la cause publique,
s'est empressée de relayer le discours officiel sans la moindre
nuance.
Il était urgent que l'Etat s'en mêle !
Et comme les décideurs politiques sont toujours à la traîne des
boutiquiers et autres marchands de tapis, ils se sont empressés
de légiférer en ce domaine.
Il faudrait poursuivre tous ces jardiniers du dimanche qui
tondent eux-mêmes leur pelouse car ces mauvais citoyens lèsent les
intérêts d'une corporation pour l'instant silencieuse, faisant preuve
d'une absence totale de patriotisme économique.
Et tant qu'on y est, il faudrait que les
gens arrêtent de s'inviter à déjeuner ou dîner, ils font du tort
à la restauration…
Tant que les pouvoirs publics se feront le relais d'intérêts
économiques corporatistes, au nom soi-disant de l'intérêt général,
ils prendront toujours des mesures dont l'accumulation aboutit à
un maquis de règlements qui a pour conséquence inévitable de plonger
durablement l'économie dans la stagnation, pour le malheur du plus
grand nombre.
Jean-Louis Caccomo, Perpignan, le 10 octobre 2005
Le blog de M. Caccomo a pour adresse : http://caccomo.blogspot.com/
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