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Ne tirez pas sur le pompiste ! Ne classez pas le lait dans les produits stratégiques ! Ne sanctionnez pas l'informatique ! Et relisez Adam Smith.


" Le plaisir de trouver chaque matin notre pain chez le boulanger ne provient pas de la bonté de celui-ci mais du désir qu'il a de bien gagner sa vie. "
Cette allégorie fameuse des libéraux de l'école économique classique devrait être à chaque instant rappelée à ceux qui nous gouvernent.
Si nous avons aujourd'hui des produits laitiers abondants, variés et bon marché, c'est parce que nous avons la chance d'avoir une grande entreprise, Danone, aujourd'hui multinationale, qui s'est développée comme elle en a eu envie.
Si demain une partie de son capital change de main, ce ne sera certainement pas pour réduire sa production mais bien sûr pour la développer et gagner plus d'argent en vendant plus de yaourts.

Si nous avons aujourd'hui des sources de pétrole diversifiées provenant de tous les continents, c'est grâce à Total et à sa fusion récente avec Elf que nous le devons.
Si le gouvernement avait depuis trente ans contrôlé et réduit le prix du pétrole, s'il avait ponctionné les bénéfices de ces deux entreprises dès qu'ils dépassaient la moyenne nationale, nous serions aujourd'hui dépendants d'Esso et de BP.

Enfin, on constate que les trois leaders mondiaux de l'informatique d'aujourd'hui, Microsoft, Intell, Cisco ne sont présents en France que par de petites structures de 50 à 150 personnes.
Pourquoi ?
On peut peut-être trouver une réponse dans l'attitude du gouvernement français qui réclame à une des rares entreprises disposant en France de plusieurs milliers de salariés de contrôler ses réductions d'effectif et son plan social. Même si le gouvernement fait aujourd'hui machine arrière, soyons certains hélas que le mal est fait.
Ce n'est pas demain qu'Intell ou Cisco vont créer des usines en France.
Et comment peut-on par ailleurs se réjouir que Renault ait acquis une belle entreprise japonaise, Nissan,
que Pernod-Ricard ait acquis la plus grande entreprise américaine de son secteur, Allied Domecq,
que Sanofi ait bénéficié du soutien ouvert et proclamé du Premier Ministre pour acquérir Aventis
et que la plupart de nos entreprises du CAC 40 fassent la majorité de leur chiffre d'affaires à l'étranger.

Le nationalisme économique est de bonne règle pour faire une campagne électorale.
D'ailleurs, est-ce si sûr ?

La France a hélas le mauvais goût d'être en campagne électorale permanente.
Les conséquences économiques en sont parfois redoutables. 20