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La dette des pays pauvres : du bon usage des médias, de la crédulité
de ceux qui les lisent, des mythes persistants de l'aide nécessaire
des pays riches aux pays pauvres...
Aider les pays pauvres en apportant des fonds de gouvernement à
gouvernement, est un moyen assez sûr de gonfler les comptes suisses
de quelques dizaines de dirigeants africains et asiatiques.
Rappelons les chiffres : l'O.N.U. compte à peine un Etat démocratique
sur deux et ceux-ci se trouvent plutôt en Europe et en Amérique
du Nord.
Remettre la dette de ces pays pauvres est un des moyens les plus
sûrs de condamner ceux-ci à ne plus pouvoir emprunter.
Un banquier qu'on ne rembourse pas n'est guère tenté de recommencer
à prêter.
De ce fait, effacer régulièrement la dette de certains pays,
c'est les condamner à n'être aidés que par des Etats et de gouvernement
à gouvernement.
La plus mauvaise solution, celle qui gonfle les bureaucraties des
pays pauvres et les comptes bancaires de leurs dirigeants.
Alors comment ne pas s'étonner de la crédulité
des lecteurs de la presse et plus encore de celle des journalistes
?
Les membres du G7 ont décidé - disent-ils - d'annuler purement et
simplement la dette des pays les plus pauvres :
40 milliards de dollars.
D'abord, pour qui connaît les chiffres, celui-ci est bien faible
:
- 18 pays africains " méritants " et " misérables " se voient remettre
une dette de 40 milliards de dollars
- 48 pays les plus pauvres ont une dette de 145 milliards de dollars
- 136 pays en développement ont une dette totale de 2 500 milliards
de dollars.
Sans entrer dans des détails trop techniques, il faut savoir que
les 18 pays en question voient leurs dettes disparaître mais que
c'est l'A.I.D. (Agence Internationale de Développement) qui remboursera
le capital et les intérêts, sommes
qui seront tout simplement prises sur les autres pays sous-développés
bénéficiant des prêts de l'A.I.D. et qui en auront donc un peu moins.
Les Etats-Unis très hostiles à ces aides d'Etat à Etat n'ont plus
que 12 % du capital de l'A.I.D. (contre 20 % il y a dix ans).
Les petits pays européens également en désaccord avec la stratégie
des grands souhaitent aussi se dissocier de cette politique.
Compter sur soi avant de compter sur les autres, pour les pays
comme pour les individus, c'est une sage pratique.
Obtenir du crédit pour des projets ponctuels passant par les
hommes et non par les Etats, c'est aussi une sage pratique.
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