|
Le
rail, la route et le projet de ferroutage Lyon-Turin.
Un
serpent de mer : le projet d'un axe ferroviaire " tout ferroutage
", c'est-à-dire les camions mis sur les trains soit dans la région
lyonnaise, soit à Chambéry ou Albertville et jusqu'à Turin.
Ce projet qui comporte un tunnel de 54 kilomètres à une très
grande profondeur et une réfection complète de la voie ferrée sur
plus de 250 kilomètres est passé progressivement de 32 à 100 milliards
de francs, 15 milliards d'euros, sans que l'on ait aucune garantie
de la sûreté de ces chiffres.
Il était parfaitement possible de créer un projet alternatif, projet
refusé pour satisfaire quelques leaders politiques nationaux connus.
Ce projet est dès l'origine lourdement
déficitaire.
L'axe Anvers - Rotterdam - Vallée du Rhin - Turin passe par la Suisse
et par l'Autriche plus que par le Mont Blanc.
On le voit par la statistique du nombre de poids lourds qui franchissent
les Alpes :
| |
1995 |
2003 |
| Tunnel du Fréjus
et du Mont Blanc |
1 530 000 |
1 520 000 |
| Tunnels Suisses |
1 110 000 |
1 290 000 |
| Cols autrichiens |
1 370 000 |
1 780 000 |
Le coût prohibitif de ce projet fait que
le chœur des politiques s'écrit " marchons, marchons ", tandis que
le chœur des financiers, du Ministère à RFF, s'écrit " étudions,
étudions ".
Le projet étant à l'étude depuis 10 ans, on est bien obligé d'expérimenter,
c'est-à-dire de commencer à creuser une entrée de tunnel d'une part,
de commencer à détourner une partie des voies d'autre part.
Toutefois, en l'absence de financement, on limite chaque année
les dépenses à quelques millions d'euros, voire quelques dizaines,
ce qui est beaucoup trop si le projet ne se fait jamais, très insuffisant
si l'on veut concurrencer les Suisses qui, eux, se sont donnés les
moyens du financement.
Le Lyon-Turin va-t-il être un de nos nouveaux
éléphants blancs ?
|