LABORATOIRE D'IDÉES
"think tank" à la française
Héritage&Progrès
22, rue de Texel
Tél: 01 43 20 92 91
01 43 35 14 09
Fax: 01 43 21 95 53
info@heritage-progres.com

Accueil
Qui sommes nous?
Réunions
Questions:
. politiques
. économiques
. sociétales
Etudes
Livres et revues
Faits et Chiffres
Réjouissons nous
Sites partenaires
Nous contacter
Adhérer

 

Les politiques continuent d'imposer une augmentation constante des dépenses publiques qui ne tient aucun compte de la baisse relative du pouvoir d'achat.

1 - L'affaire Gaymard est un bon révélateur mais c'est un petit arbre qui cache une grande forêt.
Ne revenons pas sur ce sujet. Il a indigné la plupart des Français mais, ce qui est beaucoup plus grave, il a occulté toute une politique de la dépense publique à laquelle les Français semblent d'autant plus indifférents que la presse ne s'intéresse qu'aux 600 m2 de M. Gaymard et pas à des centaines de dépenses inutiles.

Il suffit d'être abonné à un quotidien pour observer 310 jours par an l'absence totale de scrupule de nos dirigeants pour disposer sans vergogne des fonds publics :
- Un conseil d'analyse de la société est créé pour Luc Ferry ; conseil aussi stupide qu'inutile et qui a d'ailleurs failli être sanctionné par les députés... failli seulement bien sûr.
- Un comité d'évaluation des stratégies ministérielles de réformes est créé pour Francis Mer, comité aussi stupide qu'inutile.
- Un observatoire des territoires est créé pour analyser les dynamiques et les inégalités territoriales.
Ce nouvel organisme aura son siège et son secrétariat à la DATAR.
C'est une aberration car, pour observer l'efficacité de la DATAR, il faudrait évidemment que cet observatoire soit tout à fait indépendant de la délégation.
De plus, l'INSEE emploi déjà six ou sept mille personnes qui éditent chaque année des centaines de statistiques départementales et régionales permettant parfaitement cette analyse.

Pour revenir à l'appartement de M. Gaymard et aux dépenses engagées par notre élite politique, deux questions seulement :
combien de fonctionnaires nationaux et territoriaux disposent d'un appartement de fonction, et à quel prix ? Comment le fisc considère-t-il cet avantage en nature ?
combien de maires, de secrétaires généraux de mairies, de politiques et de hauts fonctionnaires disposent d'une voiture et d'un chauffeur, sachant que le coût de cet équipage et les coûts annexes d'entretien représentent statistiquement, pour la distance moyenne parcourue par le Français moyen, la somme de 37 500 euros (250 000 francs).

Et les patrons dira-t-on ? Précisément, il n'y a pas 500 patrons en France qui ont une voiture et un chauffeur car d'une part ils connaissent la dérive des frais généraux et d'autre part cet avantage en nature est réintégré fiscalement et donc annulé.

2 - La dette publique a largement dépassé le seuil de 1000 milliards d'euros en 2004.
En 2005 elle dépassera 1100 milliards.
Les intérêts versés dépasseront donc cette année les 50 milliards d'euros, soit la bagatelle de 330 milliards de francs. Rêvons à la façon dont ces 50 milliards d'euros pourraient être utilisés pour moderniser notre industrie, développer la recherche, ramener nos universités au niveau européen.
En deux ans, 1 million de familles en péril ou en grande difficulté de logement seraient relogées dans une maison de 100 m2 à 100 000 francs l'unité.
Voilà le coût de la gabegie budgétaire.

3 - L'augmentation des fonctionnaires.
L'augmentation réelle du salaire net des fonctionnaires sur les dix dernières années a été supérieure à 3,6 % par an, ce qui laisse un solde positif, après la hausse des prix, de 1,8 % par an.
Dans le même temps le pouvoir d'achat des salariés du privé n'a augmenté que d'environ 0,6 % par an.
Il a pourtant suffit d'une manifestation assez réussie dans les rues de Paris et d'une grève assez suivie pour que le gouvernement cède et rajoute au 0,5 % prévu un 0,8 % qui fera donc au total 1,3 %.
La fonction publique verra donc son salaire moyen augmenter de 3,1 contre 0,6 dans le privé.

Tant pis pour les chômeurs car les vieilles recettes consistant à augmenter les salaires de la fonction publique, les avantages sociaux de tout le monde, la réduction du temps de travail et la hausse des charges sociales n'aboutissent qu'à une chose : augmenter le poids de l'Etat et les impôts des entreprises et réduire les investissements et la croissance et donc augmenter le nombre de chômeurs.
Tout cela contribue à écraser les salaires du privé mais les politiques et les syndicats s'en soucient peu car ceux-ci ne sont pas syndiqués et ne descendent pas dans la rue.

4 - Le chômage.
Selon la définition standardisée du B.I.T. la France compte 10 % de chômeurs par rapport à la population active.
On peut commenter ce chiffre de diverses manières. Toutefois, il n'est pas inutile de le comparer car " l'éternelle " exception française pourrait être bien inspirée de regarder ce qui se passe ailleurs.
Et, ailleurs, les taux sont très souvent inférieurs aux taux français :

Belgique : 8,0 % Australie : 5,1 % Autriche : 4,5 %
Canada : 7,0 % Danemark : 5,0 % Norvège : 4,4 %
Portugal : 6,9 % Pays-Bas : 4,7 % Irlande : 4,3 %
Suède : 6,5 % Japon : 4,7 % Suisse : 4,3 %
Etats-Unis : 5,4 % Royaume-Uni : 4,6 % Nouvelle-Zélande : 4,0 %

En face de ces chiffres que devrait faire le gouvernement : bien entendu aller voir ce qui se fait ailleurs, analyser en profondeur les raisons du succès et comprendre pourquoi nous sommes avec l'Allemagne et l'Espagne les derniers de la classe. Car nous sommes, en fait, bon dernier.

L'Allemagne a un taux de chômage peu significatif car il est, en Allemagne de l'Est, double de celui de l'Allemagne de l'Ouest.
Quant à l'Espagne, une véritable double comptabilité y a toujours existé accompagnée d'un travail au noir considérable. Son taux de chômage reste de l'ordre du 10 % mais il était de 20 % il y a une douzaine d'années.
Les progrès sont donc formidables.

La France ne fait quasiment rien de ce qui fait le succès de grands pays comme les Etats-Unis, le Japon, le Canada et l'Angleterre mais aussi de petits pays comme l'Irlande, la Suisse, le Danemark, les Pays-Bas, l'Autriche sans parler de la Corée du Sud ou de Formose.

La recette Raffarin-Boorlo est bien connue :
remettre au goût du jour les emplois subventionnés,
créer de nouveaux types d'emplois aidés et spécifiques (contrat d'avenir),
changer le nom de certains contrats sans vraiment les changer au fond,
réduire les charges sociales pour les salaires entre 1 et 1,5 SMIC,
modifier sur les marges la prime pour l'emploi... et commander un nouveau rapport tous les quatre mois ;


bref, développer des recettes tout à fait analogues à celles des socialistes et refuser toutes les solutions étrangères qui ont fait leurs preuves et sont bien décrites dans les ouvrages et rapports de Pierre Cahuc...

5 - Et pour gratter quelques voix vertes, cette politique est couronnée par le vote en fanfare au château de Versailles, toutes chambres réunies, de la charte de l'environnement et de son précieux Principe de Précaution qui montre à quel point le chef de l'Etat et le gouvernement se soucient des difficultés des Français et des problèmes des entreprises... !