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Les
politiques continuent d'imposer une augmentation constante des dépenses
publiques qui ne tient aucun compte de la baisse relative du pouvoir
d'achat.
1 - L'affaire Gaymard est un bon révélateur mais c'est un
petit arbre qui cache une grande forêt.
Ne revenons pas sur ce sujet. Il a indigné la plupart des Français
mais, ce qui est beaucoup plus grave, il a occulté toute une
politique de la dépense publique à laquelle les Français semblent
d'autant plus indifférents que la presse ne s'intéresse qu'aux 600
m2 de M. Gaymard et pas à des centaines de dépenses inutiles.
Il suffit d'être abonné à un quotidien
pour observer 310 jours par an l'absence totale de scrupule de nos
dirigeants pour disposer sans vergogne des fonds publics :
- Un conseil d'analyse de la société est créé pour Luc Ferry
; conseil aussi stupide qu'inutile et qui a d'ailleurs failli
être sanctionné par les députés... failli seulement bien sûr.
- Un comité d'évaluation des stratégies ministérielles de réformes
est créé pour Francis Mer, comité aussi stupide qu'inutile.
- Un observatoire des territoires est créé pour analyser
les dynamiques et les inégalités territoriales.
Ce nouvel organisme aura son siège et son secrétariat à la DATAR.
C'est une aberration car, pour observer l'efficacité de la DATAR,
il faudrait évidemment que cet observatoire soit tout à fait indépendant
de la délégation.
De plus, l'INSEE emploi déjà six ou sept mille personnes qui éditent
chaque année des centaines de statistiques départementales et régionales
permettant parfaitement cette analyse.
Pour revenir à l'appartement de M. Gaymard et aux dépenses engagées
par notre élite politique, deux questions seulement :
combien de fonctionnaires nationaux et
territoriaux disposent d'un appartement de fonction, et à quel prix
? Comment le fisc considère-t-il
cet avantage en nature ?
combien de maires, de secrétaires généraux de mairies, de politiques
et de hauts fonctionnaires disposent d'une voiture et d'un chauffeur,
sachant que le coût de cet équipage et les coûts annexes d'entretien
représentent statistiquement, pour la distance moyenne parcourue
par le Français moyen, la somme de 37 500 euros (250 000 francs).
Et les patrons dira-t-on ? Précisément, il n'y a pas 500
patrons en France qui ont une voiture et un chauffeur car d'une
part ils connaissent la dérive des frais généraux et d'autre
part cet avantage en nature est réintégré fiscalement et donc annulé.
2 - La dette publique a largement dépassé le seuil de 1000 milliards
d'euros en 2004.
En 2005 elle dépassera 1100 milliards.
Les intérêts versés dépasseront donc cette année les 50 milliards
d'euros, soit la bagatelle de 330 milliards de francs. Rêvons
à la façon dont ces 50 milliards d'euros pourraient être utilisés
pour moderniser notre industrie, développer la recherche,
ramener nos universités au niveau européen.
En deux ans, 1 million de familles en péril ou en grande difficulté
de logement seraient relogées dans une maison de 100 m2 à 100
000 francs l'unité.
Voilà le coût de la gabegie budgétaire.
3 - L'augmentation des fonctionnaires.
L'augmentation réelle du salaire net des fonctionnaires sur les
dix dernières années a été supérieure à 3,6 % par an, ce qui
laisse un solde positif, après la hausse des prix, de 1,8 % par
an.
Dans le même temps le pouvoir d'achat des salariés du privé n'a
augmenté que d'environ 0,6 % par an.
Il a pourtant suffit d'une manifestation assez réussie dans les
rues de Paris et d'une grève assez suivie pour que le gouvernement
cède et rajoute au 0,5 % prévu un 0,8 % qui fera donc au total 1,3
%.
La fonction publique verra donc son salaire
moyen augmenter de 3,1 contre 0,6 dans le privé.
Tant pis pour les chômeurs car les vieilles recettes consistant
à augmenter les salaires de la fonction publique, les avantages
sociaux de tout le monde, la réduction du temps de travail et la
hausse des charges sociales n'aboutissent qu'à une chose : augmenter
le poids de l'Etat et les impôts des entreprises et réduire les
investissements et la croissance et donc augmenter le nombre de
chômeurs.
Tout cela contribue à écraser les salaires du privé mais les politiques
et les syndicats s'en soucient peu car ceux-ci ne sont pas syndiqués
et ne descendent pas dans la rue.
4 - Le chômage.
Selon la définition standardisée du B.I.T. la France compte 10 %
de chômeurs par rapport à la population active.
On peut commenter ce chiffre de diverses manières. Toutefois, il
n'est pas inutile de le comparer car " l'éternelle " exception
française pourrait être bien inspirée de regarder ce qui se passe
ailleurs.
Et, ailleurs, les taux sont très souvent inférieurs aux taux français
:
| Belgique
: 8,0 % |
Australie
: 5,1 % |
Autriche
: 4,5 % |
| Canada
: 7,0 % |
Danemark
: 5,0 % |
Norvège
: 4,4 % |
| Portugal
: 6,9 % |
Pays-Bas
: 4,7 % |
Irlande
: 4,3 % |
| Suède
: 6,5 % |
Japon
: 4,7 % |
Suisse
: 4,3 % |
| Etats-Unis
: 5,4 % |
Royaume-Uni
: 4,6 % |
Nouvelle-Zélande
: 4,0 % |
En
face de ces chiffres que devrait faire le gouvernement : bien entendu
aller voir ce qui se fait ailleurs, analyser en profondeur les raisons
du succès et comprendre pourquoi nous sommes avec l'Allemagne et
l'Espagne les derniers de la classe. Car
nous sommes, en fait, bon dernier.
L'Allemagne a un taux de chômage peu significatif car il est, en
Allemagne de l'Est, double de celui de l'Allemagne de l'Ouest.
Quant à l'Espagne, une véritable double comptabilité y a toujours
existé accompagnée d'un travail au noir considérable. Son taux de
chômage reste de l'ordre du 10 % mais il était de 20 % il y a une
douzaine d'années.
Les progrès sont donc formidables.
La France ne fait quasiment rien de ce qui fait le succès de
grands pays comme les Etats-Unis, le Japon, le Canada et l'Angleterre
mais aussi de petits pays comme l'Irlande, la Suisse, le Danemark,
les Pays-Bas, l'Autriche sans parler de la Corée du Sud ou de Formose.
La recette Raffarin-Boorlo est bien connue :
remettre au goût du jour les emplois subventionnés,
créer de nouveaux types d'emplois aidés et spécifiques (contrat
d'avenir),
changer le nom de certains contrats sans vraiment les changer au
fond,
réduire les charges sociales pour les salaires entre 1 et 1,5 SMIC,
modifier sur les marges la prime pour l'emploi... et commander un
nouveau rapport tous les quatre mois ;
bref, développer des recettes tout à fait analogues à celles
des socialistes et refuser toutes les solutions étrangères qui
ont fait leurs preuves et sont bien décrites dans les ouvrages et
rapports de Pierre Cahuc...
5 - Et pour gratter quelques voix vertes, cette politique
est couronnée par le vote en fanfare au château de Versailles,
toutes chambres réunies, de la charte de l'environnement et de
son précieux Principe de Précaution qui montre à quel point
le chef de l'Etat et le gouvernement se soucient des difficultés
des Français et des problèmes des entreprises... !
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