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Les disponibilités réelles des ménages pour consommer ont baissé.

Il est faux de dire que le P.I.B. et la consommation des ménages ont baissé.
La croissance continue mais elle est faible, la consommation par tête augmente mais moins que la croissance, c'est-à-dire très peu.
D'où vient alors que les ménages ont le sentiment de voir leurs revenus baisser ?
Tout simplement, et Michel-Edouard Leclerc l'a bien montré parce que les fonds réellement disponibles pour acheter autre chose que ce qui est strictement obligatoire ou imposé par notre style de vie ont diminué.
Ceci est dû à la croissance excessive de toute une série de dépenses :
L'immobilier : Malgré des taux de crédits historiquement bas, les prix de vente des maisons comme ceux des appartements ont augmenté dans des proportions considérables et ceci pour une seule raison : la hausse du prix des terrains que le gouvernement est incapable de contrôler en raison d'un urbanisme beaucoup plus répressif et restrictif que dynamique.
Tout s'en ressent : la nécessité de prendre des crédits sur une durée plus longue, l'accroissement du prix de l'ancien, la hausse des loyers etc...
S'y ajoutent la hausse du prix du fuel et du gaz pour le chauffage, les hausses des impôts et taxes des collectivités locales.
Téléphonie, communication, produits numériques : Le prix moyen de la communication téléphonique a baissé mais ceci n'est évidemment pas perçu par les ménages puisque, dans le même temps, la téléphonie mobile et Internet se sont imposés comme des obligations sociales et ont fait passer les services de communication et d'informatique au premier rang des dépenses obligatoires.
Certes la raison devrait conduire à économiser sur certains postes non obligatoires mais la vie sociale s'y oppose.

C'est ainsi que les charges des ménages qui ont le plus augmenté dans les six dernières années sont :
- l'informatique + 19,4 %
- les lecteurs MP3 et DVD + 30,7 %
- les jeux vidéo + 31,4 %
- la télévision + 33,0 %
- la téléphonie + 51,1 %
- la photo + 78,0 %
Il y avait 11 millions de téléphones portables en 1998 et 43 millions fin 2004.

L'essence, le fuel et le gaz : Ces trois produits strictement indispensables ont augmenté respectivement de 31,4 %, 50 % et 18 %.

La réparation automobile a connu une augmentation de 26,8 %.

L'ensemble des services dont certains sont quasi-obligatoires ont connu des taux annuels moyens d'augmentation de 4 à 6 % tandis que l'inflation n'était que de 1,8 % et le revenu disponible par tête n'augmentait que de 1 %.

Alors, bien sûr, on peut se passer de DVD, de photos numériques et de portables.
Mais on ne peut pas se passer de carburant automobile (+ 13 % par an),
de tabac pour les accrocs (+ 10 % par an),
de crèches collectives ou parentales pour les femmes qui travaillent (+ 6 % par an),
de réparations automobiles (+ 4,6 % par an),
de cantine (+ 4,4 % par an),
de chemins de fer (+ 3,5 % par an).

Ce sentiment de perte de pouvoir d'achat n'est donc pas un sentiment mais une certitude.