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Prélèvements obligatoires,
baisse des impôts : le Gouvernement n'est pas crédible, la presse
ne fait pas son travail.
Il
est toujours grave pour un gouvernement d'affirmer des choses si
peu réalistes qu'il en perd son crédit et son autorité pour l'avenir.
Baisser les impôts c'est un mensonge. Pour dire la vérité il faudrait
dire : " baisser l'impôt sur le revenu ", c'est-à-dire baisser un
impôt qui représente quelques 53 milliards d'euros en 2003 pour
une dépense de l'Etat d'environ 242 milliards d'euros.
La T.V.A. représentant à elle seule plus de deux fois l'impôt sur
le revenu, il suffit qu'elle augmente de 5 milliards en 2005 pour
compenser entièrement la baisse de l'impôt sur le revenu sur les
trois années précédentes.
Si l'on compare les baisses et les hausses d'impôts de l'Etat, des
collectivités locales et de la Sécurité Sociale consenties dans
les trois dernières années, on obtient la balance suivante : - Baisses
: I.R.P.P. + successions + primes pour l'emploi = 6,94 milliards
d'euros. - Hausses : C.S.G. + UNEDIC + tabac + produits pétroliers
+ fiscalité locale + divers = 6,42 milliards d'euros.
La fiscalité globale est donc restée stable.
Il est plus important encore d'analyser non pas les charges fiscales
et sociales connues et répertoriées - il y en avait 175 en 2002
- mais l'évolution de la dépense publique et ces deux chiffres sont
très différents.
Ce que l'on appelle communément les prélèvements publics correspondent
à ces 175 impôts ou charges sociales obligatoires qui représentent
environ 46 % du produit intérieur brut et varient peu autour de
cette proportion depuis une dizaine d'années.
La dépense publique est beaucoup plus importante pour deux raisons
:
1 - L'Etat dépense beaucoup
plus que ses recettes. Il s'endette de ce fait à hauteur d'environ
4 % chaque année depuis trois ans. Les organismes de sécurité
sociale et les collectivités locales s'endettent également. L'ensemble
des nouvelles dettes de 2004 représente ainsi environ 5 %.
2 - L'Etat ne compte pas
dans les charges obligatoires ce qu'il impose à chacun de payer
pour de soi-disant services rendus comme les droits de timbres,
les droits d'enregistrement, les droits sur le permis de conduire,
les timbres et vignettes obligatoires sur de nombres actes publics,
la dette des entreprises nationalisées, les charges d'un certain
nombre d'organismes dénommés ODAC (Organismes divers d'administrations
centrales) dont certains sont inclus dans le taux de prélèvement
et d'autres pas : au total environ 4 % du P.I.B.
Le total de ces deux grandes masses représente aujourd'hui environ
9 % du Produit Intérieur Brut et la dépense publique est donc non
pas de 46 mais de 54 %.
Encore ces chiffres sont-ils minorés par rapport à une réalité qu'il
faudrait plutôt apprécier de la manière suivante : lorsqu'un ménage
dispose de 2 000 euros par mois, qu'est-ce qui revient globalement
à l'Etat, directement ou indirectement, à la suite d'obligations
aussi diverses que ses abonnements à l'EDF ou à France Telecom,
ses assurances obligatoires, les formalités administratives qu'il
aura dû faire dans l'année et, bien sûr, la TVA sur tous ses achats,
ses charges sociales, son essence qui supporte 80 % de taxes etc...
Une étude honnête et rigoureuse devrait procéder comme le fait la
Fondation de l'Abbé Pierre pour le logement en calculant " un reste
à vivre ".
Un tel calcul serait extrêmement important pour comprendre les
réactions de la population qui croit que la vie augmente beaucoup
- ce qui est une erreur - et que son pouvoir d'achat n'augmente
pas ou même diminue légèrement - ce qui est une réalité.
Là encore, il est dommage de ne jamais voir un article de presse
approfondi sur ce sujet.
Les journalistes reprennent mot à mot les déclarations sur les prélèvements
publics sans se poser davantage de question que sur les chiffres
comptables de la S.N.C.F., de l'E.D.F. ou des charbonnages dont
on connaît l'éloignement par rapport à la réalité.
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