LABORATOIRE D'IDÉES
"think tank" à la française
Héritage&Progrès
22, rue de Texel
Tél: 01 43 20 92 91
01 43 35 14 09
Fax: 01 43 21 95 53
info@heritage-progres.com

Accueil
Qui sommes nous?
Réunions
Questions:
. politiques
. économiques
. sociétales
Etudes
Livres et revues
Faits et Chiffres
Réjouissons nous
Sites partenaires
Nous contacter
Adhérer

 

La croissance économique aux U.S.A. : Tout est normal

Un de nos correspondants et ami Jean-Pierre Chevalier a adressé à Héritage&Progrès un texte sur les dernières évolutions de la politique économique américaine.
Nous pensons qu'il met bien en valeur les fondements essentiels de cette politique et nous le reproduisons intégralement.

" Alan Greenspan et les membres du FOMC ont fait une erreur en augmentant les taux de la Fed à 2 %, au dessus du niveau de l'inflation qui se situe aux alentours de 1,5 %. La croissance du PIB au 3° trimestre 2004 est de 3,9 %, c'est à dire à un niveau normal qui résulte des caractéristiques de la situation monétaire qui prévalait 6 mois plus tôt avec un taux de la Fed qui était alors à 1 % (donc à son juste niveau, à la limite faiblement accommodant). Il aurait été préférable de maintenir le taux de base de la Fed au niveau de l'inflation pour que la croissance se poursuive normalement…

Malheureusement, les membres du FOMC sont trop imprégnés de la crainte de l'inflation qu'ils ont combattue pendant plusieurs décennies pour admettre le maintien d'un taux neutre au niveau de l'inflation qui est maintenant très faible, à 1,5 %.
Ils ont trop fortement relevé ce taux au risque de réduire la croissance du PIB qui peut chuter rapidement et dangereusement car l'économie américaine est très réactive.

Heureusement, elle est quand même très forte et très dynamique… et paradoxalement de moins en moins dépendante des taux d'intérêts dans la mesure où beaucoup d'entreprises disposent maintenant de trésoreries considérables grâce à la restauration de leurs bénéfices : $ 3 000 milliards (visibles dans l'agrégat M3-M2) sont disponibles pour financer leurs investissements. Ainsi par exemple, la trésorerie de Microsoft est supérieure à $ 60 milliards !

Actuellement, le problème majeur des Américains n'est pas celui qui est posé par les déficits, mais par l'excès de capitaux disponibles qui ne sont pas placés au mieux de leur rentabilité.
Les $ 60 milliards de trésorerie dormante de Microsoft font plonger la rentabilité de ces capitaux.
Il en est de même (dans une moindre proportion !) dans la plupart des autres entreprises.
De plus, les ménages disposent de $ 5 000 milliards en épargne qu'ils ne peuvent pas placer ni investir là où leur rentabilité serait optimale, c'est à dire dans des projets innovants et rentables.
Ainsi, la croissance du PIB n'atteint pas son potentiel optimal.
Alan Greenspan est déjà intervenu avec succès pour inciter les entreprises à distribuer davantage de dividendes.
Par ailleurs, beaucoup d'entre elles rachètent une partie de leurs propres actions, ce qui permet d'éponger ces excédents de trésorerie, de restaurer des ratios élevés de rentabilité des capitaux investis et de renforcer leur situation financière.

Les conseillers économiques du président Bush, en bons vieux Reaganomics, développent le principe des comptes d'épargne d'assurances santé et de retraite défiscalisés dont l'intérêt est subsidiairement de réorienter une partie de l'épargne des ménages vers des placements non monétaires qui permettent de financer les besoins des entreprises (en actions et obligations) et des administrations (en bons du Trésor).

Le relèvement intempestif des taux de la Fed et l'importance du déficit de l'Etat ont pour conséquence de propulser les taux longs à des niveaux trop élevés, au dessus de 4,0 % qui les rendent trop attractifs (en termes réels) au détriment des placements productifs en actions dont les cours demeurent sous évalués (avec des PER aux alentours de 17 soit un EPR de 6 % environ).
L'écart entre les taux longs et courts, supérieur à 200 points de base annonce la poursuite d'une croissance élevée avec une anticipation de 6 mois.

Les emplois des entrepreneurs individuels dans leur propre entreprise se maintiennent dans les 8 millions.

Les créations d'emplois dans les grandes entreprises sont relativement peu nombreuses car les gains de productivité y sont élevés.
483 000 emplois ont été créés au total en octobre aux Etats-Unis et plus de 140 millions de personnes travaillaient au 1° novembre 2004. C'est un record historique !
La croissance, légèrement inférieure à son potentiel optimal à cause des taux de la Fed, se maintient à un niveau élevé au 4° trimestre comme le confirment les indices précurseurs (à 3 mois) que sont ceux de l'ISM.

Tout est normal, c'est à dire que tous les indicateurs sont concordants : la croissance est élevée et durable… aux Etats-Unis, compte tenu des aléas. "

J.P. Chevalier