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De trente-cinq à quarante heures : enfin une vraie réforme : bravo !

Quelques lecteurs pourraient s'inquiéter de voir dans nos rubriques beaucoup plus de critiques que d'approbations de la politique gouvernementale. C'est ainsi.
Sur d'assez nombreux points de détails, le gouvernement a pris des décisions utiles mais sur les points essentiels d'une stratégie économique et politique de moyen et long terme, il faut bien avouer que presque rien n'a été fait.

Tous les experts sont d'accord pour estimer que la question des retraites a été résolue à moins de 30 % et que celle de la Sécurité Sociale peut à peine faire l'objet d'un même pourcentage.

Raison de plus pour souligner l'importance des mesures annoncées par le Premier Ministre sur le temps de travail.

Si elles sont appliquées en reprenant les termes mêmes utilisés par monsieur Raffarin le jeudi 10 décembre, on peut estimer que les handicaps constitués par les trente-cinq heures pour le développement de l'économie auront, pour l'essentiel, sauté :
- Possibilité de négocier au sein des branches ou des entreprises des accords de temps choisis pour permettre aux salariés, sur la base du volontariat, d'effectuer des heures supplémentaires au-delà du contingent légal désormais fixé à 220 heures.
- Elargissement du compte épargne-temps et conversion possible en argent.
- Maintien du régime dérogatoire dont bénéficient les petites entreprises durant trois ans.

Certes ces mesures ont été énoncées au cours d'une conférence de presse et les textes d'application seront évidement fondamentaux : le diable est toujours dans les détails.
Certes, encore, tous les assouplissements annoncés ne seront utilisés que si la croissance reprend.

Et, par ailleurs, toutes ces mesures ne réduisent pas le coût du travail, au contraire.

Il reste que, pour la première fois, le gouvernement semble décidé à abandonner une attitude frileuse et à énoncer un principe simple : c'est à chacun de décider de son temps de travail, bien entendu dans le cadre des lois qui protègent les salariés et leurs syndicats.
Il en est d'ailleurs ainsi dans presque tous les pays du monde. Hervé Novelli l'a rappelé avec beaucoup d'efficacité face au Secrétaire Général de F.O., M. Mailly qui, pour une fois, a semblé totalement désarçonné devant les questions des auditeurs de France Inter (le lundi 13 décembre à 19 heures 20).