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Richesse
et pauvreté.
L'un de nos membres, Jean-Pierre Chevallier nous adresse
régulièrement des chroniques économiques comparées sur l'évolution
des Etats-Unis et de l'Europe. Ses chroniques sont d'une très haute
tenue, témoignent d'une grande compétence financière, d'autant qu'elles
sont souvent accompagnées de données statistiques établies sur 40
ou 50 ans, la longue période étant souvent nécessaire pour comprendre
le court terme.
Monsieur Chevallier nous a adressé récemment un article plus court
pour réagir à notre numéro spécial sur la pauvreté. Cet article
est une réponse quasi exclusivement économique à la question soulevée
dans notre ouvrage. Il ne traite pas - ce n'était pas son objet
- des accidents de la vie, de l'isolement social et psychologique,
du handicap physique et mental, de la maladie, du divorce et des
femmes seules avec un ou plusieurs enfants etc... etc...
Toutefois cette réponse économique est absolument fondamentale
et reste, toute chose égale par ailleurs, la seule réponse valable
sur le long terme.
C'est pourquoi nous avons jugé utile de la soumettre à nos lecteurs
:
Richesse et pauvreté
Que faire pour réduire la pauvreté ?
Une réponse s'impose : donner à toute personne la possibilité
de travailler pour gagner de l'argent. Pour cela, il faut assurer
la croissance du PIB la plus élevée possible compte tenu des contraintes.
Cet optimum de croissance, 4 %, est le résultat de la croissance
démographique, 1 %, et des gains de productivité, 3 %, dans une
économie de marchés fonctionnant normalement.
Le taux de croissance réelle du PIB dépend alors pour l'essentiel
de la politique monétaire menée par la banque centrale : quand
elle baisse son taux de base, la croissance augmente, quand elle
le remonte, le taux de croissance diminue. La croissance du PIB
va se poursuivre à son potentiel optimal grâce à des taux d'intérêt
à un niveau très bas, ce qui permet aux ménages d'acheter la maison
de leurs rêves et aux entreprises de diminuer leurs frais financiers,
donc d'augmenter leurs bénéfices (leurs investissements et l'emploi).
Telle est la situation, du moins… aux Etats-Unis où la banque
centrale applique une politique monétaire qui permet à la croissance
d'atteindre son potentiel optimal (depuis plusieurs décennies !)
dans une économie de marchés qui fonctionnent d'une façon globalement
satisfaisante. Le taux de chômage y est faible (inférieur à 5,5
%), le pouvoir d'achat des Américains est moitié plus élevé que
le notre, et la croissance deux fois plus forte.
La pauvreté en France est importante. Que faire ? Tous les mauvais
élèves connaissent une bonne solution : copier ce que font les meilleurs.
Malheureusement nous butons sur deux obstacles principaux : le premier
est que les Français refusent dans leur très grande majorité d'adopter
des solutions libérales, et ensuite… il n'y a plus de banque
centrale pour la France, et il est donc impossible de mener une
politique monétaire de croissance dans notre pays. Celle qui
est menée par la Banque Centrale Européenne, convient peut-être
aux caractéristiques de la zone euro et aux intérêts de l'Allemagne
(dont les banquiers exercent une influence dominante), mais pas
à ceux de la France. Par ailleurs, deux autres obstacles réduisent
notre potentiel de croissance : la faible augmentation de la population
et l'affectation des gains de productivité à la réduction du temps
de travail.
Beaucoup de gens sont pauvres en France, et ils le resteront malheureusement.
Les politiques d'aides sociales ne font que gérer cette pauvreté
sans apporter de richesse. Le rôle des administrations n'est
pas de fournir des aides sociales, mais de mettre en place des dispositifs
qui permettent aux marchés de se développer. Ainsi par exemple,
les maires devraient faire construire des routes et des rues de
façon à desservir des terrains disponibles et constructibles sans
délais pour que toute famille puisse acquérir une maison au moindre
coût et dans les meilleures conditions, avec tous les équipements
collectifs nécessaires (réseaux d'égouts, casernes de pompiers,
etc).
L'Etat doit être réduit au minimum de façon à ce que les impôts
et les taxes soient réduits au minimum pour entraver le moins possible
le libre jeu des marchés. Dans une situation de quasi plein
emploi et avec un niveau de vie élevé comme c'est le cas aux Etats-Unis,
peu de personnes restent pauvres. Elles peuvent demander aide et
assistance auprès d'organisations caritatives privées ou à défaut,
en dernier ressort et sous conditions, auprès d'organismes sociaux
communaux. La richesse dans une nation, obtenue grâce à l'application
du libéralisme, fait disparaître naturellement la pauvreté…
Nous nous permettrons simplement d'ajouter ceci à l'article de Monsieur
Chevallier : cette richesse ne fait pas disparaître les accidents
de la vie. Elle ne permet pas non plus à ceux qui n'ont pas les
moyens physiques ou psychologiques de retravailler d'en bénéficier.
Il reste qu'il faut réduire cette population au minimum grâce effectivement
au seul moyen qui s'avère efficace : un taux de croissance élevé.
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