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Trois grandes affaires à suivre dans les six mois qui viennent :
- 1) Le prix des matières premières.
En deux ans (janvier 2004/31 mai 2006), la plupart des matières
premières ont vu leurs prix augmenter dans des proportions de 1
à 2.
L'indice général des matières premières est passé d'environ 240
à environ 400, tandis qu'on notait des hausses particulièrement
élevées pour :
- Le pétrole de 27 à 70 dollars le baril.
- Le cuivre de 3 400 à 8 600 dollars la tonne.
- L'or de 300 à 700 dollars l'once.
- Le sucre de l'indice 100 à l'indice 183.
- L'aluminium de 1 800 à 3 000 dollars la tonne.
La bataille MITTAL-ARCELOR s'explique évidemment
par cette hausse des cours dont les conséquences sont
considérables : recherche de produits de remplacement, recherche
de produits de synthèse, relance massive de la recherche et des
innovations, en particulier dans le domaine des transports.
-2) La question spécifique du pétrole et de l'énergie.
La plupart des études sur l'évolution probable du prix du pétrole
sont fondées sur les informations fournies par les grandes entreprises
pétrolières elles-mêmes.
Celles-ci n'ont évidemment guère intérêt à donner des chiffres très
précis, d'autant que ces chiffres varient en fonction des coûts
de production.
A quinze dollars, la production pétrolière américaine s'arrête ou
presque.
A trente dollars, l'Amérique reste un producteur extrêmement important
: un des trois premiers du monde.
A soixante-dix dollars, les réserves y sont considérables.
Les réserves prouvées de pétrole varient de 1 à 10, entre 30 et
100 dollars le baril.
Rappelons-nous 1973, c'était il y a trente-trois ans : une dizaine
d'ouvrages plus alarmistes les uns que les autres nous indiquaient
qu'en 2010 tout le pétrole de la planète serait épuisé.
Il reste que d'une part les risques politiques, d'autre part
la nécessité de tabler sur des prix à terme égaux ou supérieurs
à 70 dollars, conduisent à des changements considérables dans la
stratégie des gouvernements et des grands groupes industriels.
A 70 dollars, il y a du pétrole partout,
le charbon redevient rentable, les centrales nucléaires le sont
plus encore.
D'où les grandes manœuvres entreprises partout à la fois par les
Russes pour mieux exploiter et vendre leur pétrole et leur gaz,
par les Américains et les Européens pour amener le gaz et le pétrole
du Caucase, de la Caspienne et de la Turkménie vers l'Europe sans
passer par la Russie, des pays arabes pour contenir l'islamisme
qui causerait leur ruine, par les gauches sud-américaines pour valoriser
leur ressource pétrolière...
Il faut également porter la plus grande attention aux techniques
de motorisation : on peut aujourd'hui construire des moteurs mixtes
et tomber entre 3 et 4 litres de consommation aux 100 kilomètres.
Dans la douzaine de grands constructeurs mondiaux en lice, ceux
qui gagneront seront ceux qui y parviendront le plus vite et en
grande série.
- 3) Les questions et les industries de la sécurité.
Les attentats du 11 septembre et l'évolution des mouvements islamistes
ont donné une nouvelle vigueur aux questions de sécurité.
Mais celles-ci étaient déjà très prégnantes depuis une dizaine d'années,
notamment dans deux domaines :
la sécurité des personnes et la sécurité
informatique.
Ce domaine est gigantesque.
Citons quelques exemples : 25 millions
de caméras quadrilleront le territoire britannique d'ici à fin 2007.
Les nouvelles cartes d'identité et les nouveaux passeports nécessitent
de refaire la quasi-totalité des papiers et cartes de toute la population
qui voyage.
Les coûts des risques informatiques sont si importants
que l'on estime à échéance de quelques années les coûts de protection
à un niveau aussi élevé que les coûts de logiciels.
Rappelons l'énorme marché que représentent la protection de toutes
les frontières de l'Arabie Saoudite et celui du contrôle de la sécurité
urbaine et de la sécurité des aéroports à l'échelle des Etats-Unis
et de l'Europe. 26
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