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Réunion du 16 octobre 2007
Entreprise et Emploi au cœur de la Politique de la Ville
La réunion est ouverte par M. Jean-Michel Fourgous, député-maire
d'Elancourt et Président du groupe " Génération entreprises " qui
réunit 100 parlementaires anciens dirigeants ou cadres d'entreprises,
par M. Philippe Pemezec, député-maire du Plessis-Robinson
et par M. Pierre Cardo, député-maire de Chanteloup-les-Vignes.
M. Fourgous se félicite de l'initiative prise par Héritage&Progrès,
think tank qu'il connaît bien et avec lequel il travaille depuis
l'origine.
MM. Pemezec et Cardo indiquent également l'intérêt qu'ils ont eu
à travailler avec H&P et Christian Julienne notamment sur les problèmes
du logement et sur la réforme des collectivités locales.
M. Fourgous donne la présidence à M. Julienne pour présenter le
projet de :
Création d'un groupe de travail, d'actions et de propositions destiné
à intégrer les grandes entreprises et l'ensemble du tissu entrepreneurial
à la politique de la ville.
M. Julienne rappelle l'origine et le développement d'Héritage&Progrès.
Il présente plus en détail le groupe de travail " Urbanisme et logement
" en décrivant les actions menées par ce groupe, les réformes auxquelles
elles ont abouti et les travaux en cours qui permettent d'espérer
de nouvelles réformes importantes, notamment dans le secteur du
logement social et dans le domaine du foncier et de l'urbanisme.
Le groupe "Entreprise et Emploi au cœur de la Politique de la Ville
" sera conçu, si tous les partenaires en sont d'accord, sur le même
modèle :
- un travail de fond sur les questions
les plus aigues de la politique de la ville,
- la rédaction de propositions précises,
- une action politique suivie conduite avec des parlementaires de
toutes tendances pour pousser auprès des ministères intéressés les
réformes qui semblent nécessaires.
Pourquoi fonder cette action sur l'idée d'impliquer fortement les
entreprises dans la politique de la ville ?
Pour deux raisons :
1 - Les entreprises ont intérêt à la réussite
de cette politique :
- parce que le désordre social coûte cher à toute la collectivité
;
- parce que les jeunes qui rentrent dans l'entreprise devraient
y arriver avec un regard et un comportement plus positif et surtout
des projets ;
- parce que ces jeunes devraient avoir été beaucoup mieux formés
à la vie de l'entreprise ;
- parce que, dans nombre de cas, les entreprises ont un rôle spécifique
à jouer : dans le financement de la création d'entreprises et d'activités,
dans la formation, dans l'emploi, dans la rénovation urbaine, dans
le transport, le commerce et la distribution, l'assurance...
Enfin et surtout, les entreprises ne peuvent pas se désintéresser
de la vie sociale et particulièrement de cette phase essentielle
du départ des jeunes dans la vie professionnelle.
2 - Les collectivités locales et l'Etat
ont intérêt à voir les entreprises s'impliquer fortement dans cette
politique :
la réussite des plans de renouvellement social et de rénovation
urbaine, et plus généralement, des actions publiques dans ce domaine
exige la mise au point et le suivi de " projets " sur le moyen
et le long terme.
Les entreprises sont familières de ce concept
de " projet ".
Elles peuvent apporter aux collectivités locales, aux agences publiques
et aux associations des idées, des initiatives, des méthodes, des
ressources humaines et des moyens financiers pour suivre, conforter
et préciser leurs projets.
l'Emploi et l'Entreprise sont donc au cœur de toute solution
de rénovation sociale.
La discussion s'engage alors sur tous les points concernant la politique
de la ville et toutes les questions traitées quotidiennement par
les collectivités, les entreprises, les services publics réunis
autour de la table.
Nous avons regroupé ces points autour de sept thèmes, dont
le septième " Action politique " synthétise l'ensemble des actions
à conduire.
1 - L'éducation. Quatre sujets
sont particulièrement abordés :
L'école primaire et l'entrée au collège : l'absence des fondamentaux
est irrattrapable.
Les 20 % d'enfants qui rentrent au collège sans les avoir complètement
assimilés conduisent à 20 % d'échec scolaire absolu.
Les difficultés rencontrées dans le primaire, la lourdeur des programmes
des premières années de collège, le redoublement préféré à l'adaptation,
l'absence d'ouverture sur la vie pratique et l'excès de conceptualisation
conduisent à l'échec scolaire d'une grande proportion des jeunes
autour de 15/16 ans.
Autour de cet âge difficile qu'est l'entrée à l'adolescence se crée
une " errance " qui conduit toute une masse de jeunes de 15 à
20 ans à une vie d'incertitude entre absence d'estime de soi, révolte
et intégration sociale. C'est l'entreprise qui prend en fait
le relais, avec plus ou moins de difficultés, et qui intègre effectivement
ces jeunes. Le lycée pose moins de problème lorsqu'il se montre
très ouvert à l'intégration sociale et professionnelle, ce qui est
de plus en plus souvent le cas. Les systèmes de bourse doivent s'y
développer pour la frange de population trop aisée
pour en bénéficier mais trop pauvre pour assurer aux enfants la
vie d'étudiants dans les grandes et moyennes écoles.
2 - Education et connaissance des entreprises.
Dans tous ces domaines l'entreprise a un rôle à jouer pour se faire
connaître des jeunes, pour expliquer ce que sont les professions
et surtout les métiers, pour aider les chefs d'établissement à concevoir
des projets originaux avec elle, éventuellement pour assurer des
tutorats, des parrainages, des engagements d'embauche.
Il y a ici beaucoup à faire pour valoriser les stages en entreprise,
qui sont le plus souvent très mal conçus : trop courts, sans encadrement,
sans rémunération (souvent parce que trop courts) et surtout très
difficiles à trouver, en particulier pour les jeunes issus de l'immigration.
Cela demande moins de moyens financiers que d'engagements des
cadres moyens et supérieurs à aller porter la parole des métiers
et de l'entreprise dans les collèges et lycées, mais aussi dans
les organismes chargés de l'emploi.
Cela demande aussi un gros travail d'information et de formation
des entreprises à l'emploi de stagiaires.
La question se pose par ailleurs très différemment chez les artisans,
dans les PME et dans les grandes entreprises. Il faut donc trouver
des solutions différentes.
3 - L'emploi des jeunes et notamment les
filières spécifiques des 15/20 ans.
C'est sans doute sur ce sujet qu'il y a le plus à travailler
et à innover.
Ce n'est pas la fusion des deux grandes administrations de l'ANPE
et de l'UNEDIC qui apportera une quelconque solution à ce problème.
Les maisons de l'emploi semblent une très bonne piste mais
dépendent naturellement de la qualité des hommes qui les animent
et de leurs administrateurs.
Tout ce qui touche à l'enseignement par alternance et à la formation
des jeunes par l'entreprise, dans l'entreprise, dans un encadrement
professionnel, est le plus souvent positif. Le secteur privé - Sociétés
d'interim, d'out-placement, de montages de projets - a sans doute
beaucoup à apporter.
4 - La médiation, la prévention, l'action
associative, l'action municipale. Evaluation des actions.
Lorsqu'on a suivi la politique de la ville dans les 30 dernières
années, on se rend compte que des centaines, voire des milliers
d'actions, ont été conduites dans les quelques 750 zones urbaines
sensibles répertoriées.
Il faut absolument mettre en valeur les grandes familles d'actions
et de pratiques qui ont visiblement réussi. Ce sont d'ailleurs
souvent non pas telle ou telle action ou telle ou telle pratique
mais un ensemble d'actions animé par une équipe homogène et suivi
depuis une dizaine d'années.
Ces hommes et ces équipes sont connus. Il faut d'abord s'appuyer
sur eux et ceci dans tous les organismes publics, nombreux, peut-être
trop nombreux ? (DIV, ANRU, ACSE, CUCS, FRARU, CES, HALDE).
Les actions de telles ou telles associations peuvent être contestées
mais, pour la grande majorité d'entre elles, elles sont extrêmement
utiles à la paix sociale, en assurant stabilité et connaissance
du milieu.
Il en est de même pour les maisons de jeunes, les maisons de
la culture, les maisons de l'intégration et autres offices municipaux
et publics.
Le recensement des " bonnes pratiques "
est à faire.
Il y a sans doute à travailler à la bonne coordination de ces
associations et agences avec les organismes chargés de l'emploi,
l'ANRU.et l'ACSE
5 - Le désenclavement des quartiers et
l'ANRU.
L'ANRU a été dotée d'un comité d'évaluation et de suivi dont les
rapports établis en 2006 et 2007 mettent bien le doigt sur l'essentiel
à travers trois phrases tirées ci-dessous :
" La segmentation entre institutions, maîtrise d'ouvrage ou opérateurs,
aux niveaux central et local, et l'insuffisance des ingénieries
urbaines et sociales en amont et en aval des projets sont pour partie
responsables de l'absence de projets intégrés. "
" Le développement de services essentiels à l'action publique
dans les quartiers - les transports, la sécurité, la santé et l'Education
Nationale sont souvent déconnectés du PRU (projet de renouvellement
urbain). "
" L'action anti-ghetto exige une coordination des compétences qui,
pour être efficace, doit s'exonérer des sujétions territoriales.
"
Ces questions ont fait l'objet de beaucoup d'interventions des participants,
notamment les problèmes de transport public, et le développement
de l'accession sociale de la propriété qui semble trop minoritaire
dans les programmes ANRU.
Par ailleurs, le point essentiel soulevé par la politique des quartiers
et l'ANRU est bien celui de l'équilibre entre la partie reconstruction
et rénovation urbaine d'une part, la partie reconstruction sociale
d'autre part, celle-ci devant être à la base de tous les projets
ANRU.
6 - Sécurité, police et justice.
Ces questions ont été abordées plus rapidement que les autres d'une
part en raison de l'absence de juges (indisponibles ce jour-là),
d'autre part parce que la représentante de la direction de la police
nationale du 93 a axé son intervention sur les problèmes de prévention
et sur les relations de la police nationale avec les établissements
scolaires, les mairies (et les polices municipales), les entreprises.
Cet aspect prévention est bien évidemment essentiel.
Il reste qu'il faudra aussi traiter plus
avant les problèmes de délinquance des jeunes, de violence, de sécurité
et de justice. Ce sont en effet des questions fondamentales
pour la venue ou le maintien des entreprises et des commerces dans
ces quartiers et pour un bon équilibre social.
7 - L'action politique.
Pour intervenir efficacement sur le plan politique, le groupe de
travail " Villes et entreprises " doit s'appuyer sur trois piliers
indissociables : les maires et leurs proches collaborateurs, les
acteurs-clefs de la vie sociale (chefs d'établissements scolaires,
responsables de l'emploi, RATP et transports publics, animateurs
associatifs, police et justice, entreprises des quartiers et/ou
leurs sièges sociaux), les entreprises et leurs cadres.
L'animation de ce groupe devra refléter ce triumvirat.
Les actions à entreprendre résulteront des études conduites durant
les six premiers mois, c'est-à-dire avant le résultat des élections
municipales.
D'ores et déjà, certaines orientations ont été reprises par nombre
de participants :
- évaluation des politiques publiques (notamment éducation, emploi,
sécurité),
- évaluation spécifique des actions 15/20 ans,
- évaluation des politiques de rénovation urbaine et de désenclavement
des quartiers,
- évaluation de la connaissance des entreprises et des métiers par
l'ensemble des agences publiques et territoriales.
Bien entendu, ce travail d'évaluation est destiné à être suivi
d'un travail d'action politique au sens le plus noble de " lobbying
politique ".
L'ensemble du groupe étant bien assuré que ce sont ces actions prioritaires
qui doivent être menées, il faut tout faire
pour être entendu du Parlement et du Gouvernement.
C'est la spécificité d'Héritage&Progrès que de conduire avec
ténacité cette action politique.
Actions immédiates : Héritage&Progrès continue de prendre contact
avec un certain nombre de grandes entreprises pour s'assurer d'un
noyau d'une quinzaine de participants motivés, décidés à démarrer
l'action avant la fin de l'année. Deux réunions de travail sont
prévues avec les personnes les plus intéressées pour préparer la
suite des travaux :
l'une autour de la question du désenclavement
des quartiers, l'autre autour de l'éducation et de l'emploi.
Une seconde réunion est organisée le mardi 20 novembre
2007 à l'Assemblée Nationale. Elle doit permettre de préciser les
axes de travail retenus par ces deux groupes de travail pour la
période décembre 2007/avril 2008.
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