LABORATOIRE D'IDÉES
"think tank" à la française
Héritage&Progrès
22, rue de Texel
Tél: 01 43 20 92 91
01 43 35 14 09
Fax: 01 43 21 95 53
info@heritage-progres.com

Accueil
Qui sommes nous?
Réunions
Questions:
. politiques
. économiques
. sociétales
Etudes
Livres et revues
Faits et Chiffres
Réjouissons nous
Sites partenaires
Nous contacter
Adhérer

 


Réunion du 16 octobre 2007

Entreprise et Emploi au cœur de la Politique de la Ville

La réunion est ouverte par M. Jean-Michel Fourgous, député-maire d'Elancourt et Président du groupe " Génération entreprises " qui réunit 100 parlementaires anciens dirigeants ou cadres d'entreprises, par M. Philippe Pemezec, député-maire du Plessis-Robinson et par M. Pierre Cardo, député-maire de Chanteloup-les-Vignes.

M. Fourgous se félicite de l'initiative prise par Héritage&Progrès, think tank qu'il connaît bien et avec lequel il travaille depuis l'origine.
MM. Pemezec et Cardo indiquent également l'intérêt qu'ils ont eu à travailler avec H&P et Christian Julienne notamment sur les problèmes du logement et sur la réforme des collectivités locales.

M. Fourgous donne la présidence à M. Julienne pour présenter le projet de :
Création d'un groupe de travail, d'actions et de propositions destiné à intégrer les grandes entreprises et l'ensemble du tissu entrepreneurial à la politique de la ville.


M. Julienne rappelle l'origine et le développement d'Héritage&Progrès.
Il présente plus en détail le groupe de travail " Urbanisme et logement " en décrivant les actions menées par ce groupe, les réformes auxquelles elles ont abouti et les travaux en cours qui permettent d'espérer de nouvelles réformes importantes, notamment dans le secteur du logement social et dans le domaine du foncier et de l'urbanisme.
Le groupe "Entreprise et Emploi au cœur de la Politique de la Ville " sera conçu, si tous les partenaires en sont d'accord, sur le même modèle :
- un travail de fond sur les questions les plus aigues de la politique de la ville,
- la rédaction de propositions précises,
- une action politique suivie conduite avec des parlementaires de toutes tendances pour pousser auprès des ministères intéressés les réformes qui semblent nécessaires.

Pourquoi fonder cette action sur l'idée d'impliquer fortement les entreprises dans la politique de la ville ?
Pour deux raisons :
1 - Les entreprises ont intérêt à la réussite de cette politique :
- parce que le désordre social coûte cher à toute la collectivité ;
- parce que les jeunes qui rentrent dans l'entreprise devraient y arriver avec un regard et un comportement plus positif et surtout des projets ;
- parce que ces jeunes devraient avoir été beaucoup mieux formés à la vie de l'entreprise ;
- parce que, dans nombre de cas, les entreprises ont un rôle spécifique à jouer : dans le financement de la création d'entreprises et d'activités, dans la formation, dans l'emploi, dans la rénovation urbaine, dans le transport, le commerce et la distribution, l'assurance...
Enfin et surtout, les entreprises ne peuvent pas se désintéresser de la vie sociale et particulièrement de cette phase essentielle du départ des jeunes dans la vie professionnelle.
2 - Les collectivités locales et l'Etat ont intérêt à voir les entreprises s'impliquer fortement dans cette politique :
la réussite des plans de renouvellement social et de rénovation urbaine, et plus généralement, des actions publiques dans ce domaine exige la mise au point et le suivi de " projets " sur le moyen et le long terme.
Les entreprises sont familières de ce concept de " projet ".
Elles peuvent apporter aux collectivités locales, aux agences publiques et aux associations des idées, des initiatives, des méthodes, des ressources humaines et des moyens financiers pour suivre, conforter et préciser leurs projets.

l'Emploi et l'Entreprise sont donc au cœur de toute solution de rénovation sociale.

La discussion s'engage alors sur tous les points concernant la politique de la ville et toutes les questions traitées quotidiennement par les collectivités, les entreprises, les services publics réunis autour de la table.
Nous avons regroupé ces points autour de sept thèmes, dont le septième " Action politique " synthétise l'ensemble des actions à conduire.
1 - L'éducation. Quatre sujets sont particulièrement abordés :
L'école primaire et l'entrée au collège : l'absence des fondamentaux est irrattrapable.
Les 20 % d'enfants qui rentrent au collège sans les avoir complètement assimilés conduisent à 20 % d'échec scolaire absolu.
Les difficultés rencontrées dans le primaire, la lourdeur des programmes des premières années de collège, le redoublement préféré à l'adaptation, l'absence d'ouverture sur la vie pratique et l'excès de conceptualisation conduisent à l'échec scolaire d'une grande proportion des jeunes autour de 15/16 ans.
Autour de cet âge difficile qu'est l'entrée à l'adolescence se crée une " errance " qui conduit toute une masse de jeunes de 15 à 20 ans à une vie d'incertitude entre absence d'estime de soi, révolte et intégration sociale. C'est l'entreprise qui prend en fait le relais, avec plus ou moins de difficultés, et qui intègre effectivement ces jeunes. Le lycée pose moins de problème lorsqu'il se montre très ouvert à l'intégration sociale et professionnelle, ce qui est de plus en plus souvent le cas. Les systèmes de bourse doivent s'y développer pour la frange de population trop aisée
pour en bénéficier mais trop pauvre pour assurer aux enfants la vie d'étudiants dans les grandes et moyennes écoles.

2 - Education et connaissance des entreprises.
Dans tous ces domaines l'entreprise a un rôle à jouer pour se faire connaître des jeunes, pour expliquer ce que sont les professions et surtout les métiers, pour aider les chefs d'établissement à concevoir des projets originaux avec elle, éventuellement pour assurer des tutorats, des parrainages, des engagements d'embauche.
Il y a ici beaucoup à faire pour valoriser les stages en entreprise, qui sont le plus souvent très mal conçus : trop courts, sans encadrement, sans rémunération (souvent parce que trop courts) et surtout très difficiles à trouver, en particulier pour les jeunes issus de l'immigration.
Cela demande moins de moyens financiers que d'engagements des cadres moyens et supérieurs à aller porter la parole des métiers et de l'entreprise dans les collèges et lycées, mais aussi dans les organismes chargés de l'emploi.
Cela demande aussi un gros travail d'information et de formation des entreprises à l'emploi de stagiaires.
La question se pose par ailleurs très différemment chez les artisans, dans les PME et dans les grandes entreprises. Il faut donc trouver des solutions différentes.

3 - L'emploi des jeunes et notamment les filières spécifiques des 15/20 ans.
C'est sans doute sur ce sujet qu'il y a le plus à travailler et à innover.
Ce n'est pas la fusion des deux grandes administrations de l'ANPE et de l'UNEDIC qui apportera une quelconque solution à ce problème. Les maisons de l'emploi semblent une très bonne piste mais dépendent naturellement de la qualité des hommes qui les animent et de leurs administrateurs.
Tout ce qui touche à l'enseignement par alternance et à la formation des jeunes par l'entreprise, dans l'entreprise, dans un encadrement professionnel, est le plus souvent positif. Le secteur privé - Sociétés d'interim, d'out-placement, de montages de projets - a sans doute beaucoup à apporter.

4 - La médiation, la prévention, l'action associative, l'action municipale. Evaluation des actions. Lorsqu'on a suivi la politique de la ville dans les 30 dernières années, on se rend compte que des centaines, voire des milliers d'actions, ont été conduites dans les quelques 750 zones urbaines sensibles répertoriées.
Il faut absolument mettre en valeur les grandes familles d'actions et de pratiques qui ont visiblement réussi. Ce sont d'ailleurs souvent non pas telle ou telle action ou telle ou telle pratique mais un ensemble d'actions animé par une équipe homogène et suivi depuis une dizaine d'années.
Ces hommes et ces équipes sont connus. Il faut d'abord s'appuyer sur eux et ceci dans tous les organismes publics, nombreux, peut-être trop nombreux ? (DIV, ANRU, ACSE, CUCS, FRARU, CES, HALDE).
Les actions de telles ou telles associations peuvent être contestées mais, pour la grande majorité d'entre elles, elles sont extrêmement utiles à la paix sociale, en assurant stabilité et connaissance du milieu.
Il en est de même pour les maisons de jeunes, les maisons de la culture, les maisons de l'intégration et autres offices municipaux et publics.
Le recensement des " bonnes pratiques " est à faire.
Il y a sans doute à travailler à la bonne coordination de ces associations et agences avec les organismes chargés de l'emploi, l'ANRU.et l'ACSE

5 - Le désenclavement des quartiers et l'ANRU.
L'ANRU a été dotée d'un comité d'évaluation et de suivi dont les rapports établis en 2006 et 2007 mettent bien le doigt sur l'essentiel à travers trois phrases tirées ci-dessous :
" La segmentation entre institutions, maîtrise d'ouvrage ou opérateurs, aux niveaux central et local, et l'insuffisance des ingénieries urbaines et sociales en amont et en aval des projets sont pour partie responsables de l'absence de projets intégrés. "

" Le développement de services essentiels à l'action publique dans les quartiers - les transports, la sécurité, la santé et l'Education Nationale sont souvent déconnectés du PRU (projet de renouvellement urbain). "

" L'action anti-ghetto exige une coordination des compétences qui, pour être efficace, doit s'exonérer des sujétions territoriales. "


Ces questions ont fait l'objet de beaucoup d'interventions des participants, notamment les problèmes de transport public, et le développement de l'accession sociale de la propriété qui semble trop minoritaire dans les programmes ANRU.
Par ailleurs, le point essentiel soulevé par la politique des quartiers et l'ANRU est bien celui de l'équilibre entre la partie reconstruction et rénovation urbaine d'une part, la partie reconstruction sociale d'autre part, celle-ci devant être à la base de tous les projets ANRU.

6 - Sécurité, police et justice.
Ces questions ont été abordées plus rapidement que les autres d'une part en raison de l'absence de juges (indisponibles ce jour-là), d'autre part parce que la représentante de la direction de la police nationale du 93 a axé son intervention sur les problèmes de prévention et sur les relations de la police nationale avec les établissements scolaires, les mairies (et les polices municipales), les entreprises.
Cet aspect prévention est bien évidemment essentiel.
Il reste qu'il faudra aussi traiter plus avant les problèmes de délinquance des jeunes, de violence, de sécurité et de justice. Ce sont en effet des questions fondamentales pour la venue ou le maintien des entreprises et des commerces dans ces quartiers et pour un bon équilibre social.

7 - L'action politique.
Pour intervenir efficacement sur le plan politique, le groupe de travail " Villes et entreprises " doit s'appuyer sur trois piliers indissociables : les maires et leurs proches collaborateurs, les acteurs-clefs de la vie sociale (chefs d'établissements scolaires, responsables de l'emploi, RATP et transports publics, animateurs associatifs, police et justice, entreprises des quartiers et/ou leurs sièges sociaux), les entreprises et leurs cadres.
L'animation de ce groupe devra refléter ce triumvirat.
Les actions à entreprendre résulteront des études conduites durant les six premiers mois, c'est-à-dire avant le résultat des élections municipales.
D'ores et déjà, certaines orientations ont été reprises par nombre de participants :
- évaluation des politiques publiques (notamment éducation, emploi, sécurité),
- évaluation spécifique des actions 15/20 ans,
- évaluation des politiques de rénovation urbaine et de désenclavement des quartiers,
- évaluation de la connaissance des entreprises et des métiers par l'ensemble des agences publiques et territoriales.
Bien entendu, ce travail d'évaluation est destiné à être suivi d'un travail d'action politique au sens le plus noble de " lobbying politique ".

L'ensemble du groupe étant bien assuré que ce sont ces actions prioritaires qui doivent être menées, il faut tout faire pour être entendu du Parlement et du Gouvernement.
C'est la spécificité d'Héritage&Progrès que de conduire avec ténacité cette action politique.
Actions immédiates : Héritage&Progrès continue de prendre contact avec un certain nombre de grandes entreprises pour s'assurer d'un noyau d'une quinzaine de participants motivés, décidés à démarrer l'action avant la fin de l'année. Deux réunions de travail sont prévues avec les personnes les plus intéressées pour préparer la suite des travaux :
l'une autour de la question du désenclavement des quartiers, l'autre autour de l'éducation et de l'emploi.

Une seconde réunion est organisée le mardi 20 novembre 2007 à l'Assemblée Nationale. Elle doit permettre de préciser les axes de travail retenus par ces deux groupes de travail pour la période décembre 2007/avril 2008.