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Livres
de sociologie
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Joëlle Kuntz -: L'histoire suisse en un clin d'œil
Ed. Zoé, novembre 2006, 185 pages petit
format, illustrations, 17 euros.
Voici un petit livre remarquable comme nous les aimons :
petit format et non pas 185 pages, comme il est indiqué, mais guère
plus de 70 car les illustrations sont nombreuses, les sauts de pages
et les blancs aèrent beaucoup le texte.
Si nous recommandons particulièrement ce livre c'est d'abord parce
qu'il traite d'un sujet passionnant dans le même esprit que celui
de Montesquieu dans Les lettres persanes :
Comment peut-on être Suisse ?
Voici un pays d'une rare pauvreté.
Au XVIIe et au XVIIIe siècle une agriculture limitée par la géographie
et le climat n'a jamais permis à sa population d'en vivre.
Durant plusieurs siècles, les Suisses n'ont vécu que de la force
de leurs bras, vendus à toutes les monarchies européennes et constituant
les corps d'élites de leurs troupes.
Voici ensuite un pays qui a su résister à la Révolution, à Napoléon,
à ses voisins tentés d'absorber des cantons et des populations proches.
Voici un pays uni malgré ses trois langues et deux religions antagonistes,
ne disposant d'aucune matière première et devenu l'un des plus riches
du monde à force d'énergie, de courage, de spécialisation.
Il est quelque peu facile de souligner qu'il reçoit depuis soixante
ans et plus des dépôts financiers considérables de toute l'Europe.
Explication qui n'en est pas une. Une masse de dépôts mal gérés
peut provoquer aussi bien l'inflation que la stagnation ou le développement.
Et l'Angleterre a longtemps, elle aussi, attiré l'argent du monde.
Voici surtout un pays qui, chose étrange
pour nous, ne fait pratiquement pas de politique, possède de nombreux
partis sans vocation et sans doctrine, n'a pas de président et dont
l'Etat, totalement décentralisé, est un des plus fédéraux du monde.
L'Etat suisse a un gouvernement de sept membres, élus par le Parlement,
mais à partir d'élections cantonales et sur la base d'un compromis
permanent qui n'a guère évolué depuis 200 ans.
Le fondement de la vie politique suisse c'est le respect absolu
de l'autonomie cantonale qui possède le pouvoir budgétaire et fiscal
et accorde à la confédération des pouvoirs limités et contrôlés.
Le referendum d'initiative fédérale, cantonale ou populaire y est
omniprésent et peu importe que la participation soit souvent faible.
Elle est faible pour tous.
La Suisse n'a pas voulu adhérer ni à l'Europe, ni à la S.D.N., ni
à l'O.N.U. qu'elle n'a rejoint qu'en 2002 " du bout des lèvres ".
On y trouve pourtant le plus grand nombre d'institutions internationales
et le siège de l'O.M.C.
Ce modèle de démocratie, le plus souvent ignoré et très souvent
raillé, mérite que l'on s'y arrête. Car c'est lui qui fait la richesse
de ce pays... cent fois plus que ses banques. 37
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Samuel
P. Huntington - Qui sommes-nous ? Identité Nationale et choc des
cultures
Ed. Odile Jacob, 400 pages, 25 euros.
La question de l'identité américaine est au cœur de l'ouvrage d'Huntington,
qui s'est surtout fait connaître il y a une dizaine d'années, par
" Le choc des civilisations ".
Le 11 septembre a ravivé aux Etats-Unis un certain patriotisme.
Mais ce renouveau ne sera durable que si l'identité américaine,
très forte au XVIIIème et au XIXème siècle, est bien identifiée,
maintenue et renouvelée malgré une immigration extrêmement forte
et principalement hispanique.
Professeur à l'Université d'Harvard, Huntington est un formidable
connaisseur de l'identité américaine.
Lorsqu'on l'a lu, il faut bien dire qu'Alexandre Adler et son "
Odyssée américaine " paraissent un peu verbeux et bien généralistes.
Pour comprendre les Etats-Unis d'aujourd'hui, Huntington est
indispensable.27
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Jean-François Kesler - Les hauts fonctionnaires, la politique et
l'argent
Ed. Albin Michel, 315 pages, 20 euros.
Jean-François Kesler, déjà auteur de trois ouvrages socio-politiques
sur l'administration et l'ENA vient de publier un quatrième livre
sur le sujet centré cette fois sur la politisation de la fonction
publique et ses rapports avec l'argent. Son livre est une mine
d'informations et il faut en recommander particulièrement les premiers
chapitres (la IIIe République et Vichy), mais aussi, de la résistance
à la libération et à la IVe République avant l'arrivée du Général
de Gaulle.
Ce sont les deux cents premières pages de cet ouvrage, la partie
historique, qui nous ont semblé les plus intéressantes, peut-être
parce qu'elle sont aussi les plus éloignées et qu'il est toujours
très instructif de plonger dans le passé qui explique bien souvent
d'où l'on vient.
Les pages sur Vichy sont particulièrement cruelles mais Jean-François
Kesler n'a pas voulu les souligner de façon trop forte.
Enarque lui-même, il n'était sans doute pas désireux de trop nuire
à ses pairs, mais les seuls faits qu'il relate de cette époque laissent
stupéfait.
Sait-on que François Bloch-Lainé,
a été fait aryen d'honneur par le maréchal Pétain car, n'ayant qu'un
grand parent juif sur quatre, il a pu échapper à l'étoile jaune.
Sait-on que le Conseil d'Etat
a accepté sans la moindre hésitation de juger en fonction d'un nouveau
code législatif, celui relatif à la question juive, code en fonction
duquel il a admis les critères de reconnaissance des juifs et prononcé
près d'une centaine de jugements pour apprécier l'appartenance à
la race juive.
Sait-on que les 120 membres
du Conseil d'Etat ont accepté d'exclure 17 d'entre eux sans provoquer
de remous particulier.
La lâcheté humaine a peu de limites.
L'ouvrage de J-F. Kesler le rappelle et beaucoup
de noms qu'il évoque montrent que la continuité reste beaucoup plus
forte que le changement dans la haute fonction publique française.
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Annie
Léchenet - Jefferson-Madison, un débat sur la République
P.U.F., Collection philosophie, 127 pages,
juillet 2003.
Un excellent petit livre comme on les aime : bref, bien écrit,
plein de citations qui permettent de connaître vraiment les idées
des deux amis - adversaires et de comprendre le grand débat constitutionnel
américain.
Pour le citoyen de ce pays la constitution est aussi sacrée que
la Bible en Israël.
C'est en lisant ce petit livre que l'on comprend les formidables
enjeux d'une vraie constitution démocratique.
Le débat n'a pas vieilli.
Si nos dirigeants pouvaient y consacrer quelques journées de
réflexion !!! 20
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Raymond Boudon - Tocqueville aujourd'hui
Editions Odile Jacob, 300 pages, mai 2005.
Rassurez-vous. Ecrit large, pages petit format, 270 pages lorsqu'on
retire références et table des matières !!!
Boudon est l'intelligence même.
Il fait partie de ces rares auteurs comme Simon Leys, François Georges,
François Fejtö, Stephan Todorov où l'on est sûr de découvrir
au détour d'une page cette réflexion qui en un éclair découvre un
nouvel horizon.
Son livre sur Tocqueville n'est pas le plus facile car il aborde
le sujet comme on l'a rarement fait en analysant le Tocqueville
sociologue.
Comme les grands fondateurs de cette discipline, Emile Durkheim
et Max Weber, Tocqueville a su traiter les problèmes sociaux,
religieux, politiques, ethnographiques qui le passionnaient avec
le recul nécessaire pour s'abstraire de ses propres sentiments,
poser des hypothèses et les vérifier par une recherche quasi scientifique.
Un excellent livre de méthode.
20
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Serge Paugam - Les formes élémentaires de la pauvreté
P.U.F., 275 pages, mars 2005.
S. Paugam est aujourd'hui le meilleur spécialiste des questions
relatives à la pauvreté, à la précarité et à l'exclusion sociale.
Il travaille sur ce sujet depuis plus de 15 ans à travers notamment
un laboratoire du CNRS à l'Ecole des études en sciences sociales.
Cet ouvrage est précédé par une dizaine d'autres publications dont
les deux principales sont " Le salarié de la précarité " (P.U.F.,
2000) et " La société française et ses pauvres " (P.U.F., 1993,
mise à jour en 2002).
Ce dernier ouvrage est plus méthodologique que les précédents.
La première partie est consacrée aux fondements de la sociologie
de la pauvreté (Tocqueville, Marx et Simmel),
la seconde à des recherches comparatives sur le sujet notamment
dans plusieurs pays européens.
C'est ainsi un des rares ouvrages où l'on trouve toute une série
de comparaisons tirées d'études européennes et portant aussi
bien sur les pays de l'Europe du Nord que sur ceux, plus ruraux
et plus récemment développés, de l'Europe du sud.
Pour qui veut approfondir ces sujets, Serge Paugam est rigoureusement
indispensable. 20
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Jules
Monnerot- Le tome III de la " Sociologie du communisme"
Editions du Trident, 300 pages, 1er trimestre
2005, 20 euros.
Nous avons rendu compte en son temps des deux premiers volumes de
cet ouvrage.
Il s'agit sans aucun doute de l'analyse la plus complète, la
plus approfondie, la plus pertinente du mouvement communiste.
A lire et à relire si l'on veut comprendre la philosophie essentielle
de cette religion séculière, plus meurtrière que les guerres de
religions des siècles précédents.
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Michel
Laval - L'homme sans concessions : Arthur Koestler et son siècle
Editions Calmann-Lévy, 700 pages, avril
2005, 25 euros.
C'est un formidable livre qu'a écrit M. Laval en suivant
la vie d'Arthur Koestler, un des plus grands penseurs du XXème siècle
dont il a voulu être l'acteur ardent de 1926 à 1956, année où il
a dit adieu à la politique.
Ce n'est pas le moindre paradoxe de ce penseur, moraliste, écrivain
engagé que d'avoir quitté à 50 ans une vie hyperactive, en fusion
avec tous les problèmes de son temps pour s'adonner à une recherche
sur les raisons de la folie de l'homme jusqu'en 1983, où il se suicida
vers la fin d'une grave maladie.
Car M. Laval ne nous en voudra pas de dire qu'il a plutôt écrit
un livre sur le siècle, un siècle vécu sur un mode très passionnel
par Arthur Koestler plutôt qu'un livre sur l'écrivain lui-même.
A peu près rien sur les quatre femmes qui ont partagé sa vie et
sur les autres... .
A peu près rien sur ses rapports d'amitié et de proximité avec presque
tous les grands hommes du siècle.
Peu d'explications sur ses dépressions chroniques, ses passages
à l'alcool, ses tentations de disparaître et surtout, quasiment
rien sur ses vingt-cinq dernières années. Or celles-ci sont
importantes dans la vie car c'est en général après 50 ans que les
hommes ont la capacité de prendre du recul sur leur vie et sur leur
temps.
C'est l'âge qu'a choisi Arthur Koestler pour cesser presque toute
activité sociale et sortir de son temps pour travailler à une réflexion
sur l'homme, son esprit, sa créativité, sa pathologie, ses cultures,
ses religions, les processus conscients et inconscients qui commandent
les vices de construction et les déficiences de l'humanité. Sur
toute cette période : 15 pages !!! Mais on pardonne beaucoup à M.
Laval, car la description qu'il fait de cette effroyable époque,
de 1925 (triomphe de Staline, montée des fascismes et de l'antisémitisme)
à 1958 (la publication du rapport secret de Nikita Kroutchev ouvre
enfin les yeux à quelques-uns) est écrite comme un formidable roman
d'épouvante où des millions de personnages sont broyés par des
mécaniques qui, aujourd'hui, échappent presque à l'entendement humain.
1917/1930 : révolution, contre-révolution
et terreur en U.R.S.S., désastreuse après-guerre en Allemagne,
organisation de la dictature en URSS, assassinat et ouverture des
camps pour tous les opposants.
1925/1930 : montée du fascisme
dans toute l'Europe, développement de l'antisémitisme et des
pogromes, premiers départs importants pour Israël. Koestler passe
un an en Palestine puis adhère au communisme et devient officier
traitant du Komintern dans les années trente. Instauration complète
du totalitarisme et grands procès collectifs en URSS, élimination
de neuf dirigeants de la première période révolutionnaire sur dix.
1935/1938 : Sauvagerie généralisée
en Allemagne et en URSS, montée des dictatures.
Koestler rompt avec le communisme.
1936/1939 : Guerre d'Espagne,
massacres dans et entre les deux camps :
Koestler journaliste militant est jeté en prison, frôle la mort
et n'est sauvé que par une formidable pétition internationale.
1938/1939 : Abandon de toute
résistance démocratique, Munich, pacte Hitler/Staline.
1939 : Drôle de guerre et ouverture
en France d'une centaine de camps de prisonniers où l'on enferme
sans aucune sélection Allemands parce qu'ils en ont la nationalité,
Juifs réfugiés parce qu'ils sont allemands, réfugiés espagnols...
parce qu'ils sont trop nombreux, apatrides... mais il y en a des
dizaines de milliers dans cette Europe en folie.
Koestler reste quatre mois en prison.
1940/1942 : L'Allemagne conquiert
le tiers de la planète en collaboration avec le Japon.
1942/1944 : Six millions
de juifs assassinés, des millions de Russes mais aussi de Tziganes,
d'handicapés, de malades, de noirs, d'anciens opposants massacrés.
Désastreux accord de Yalta, disparition de Churchill et de Roosevelt
de la scène politique, mainmise communiste sur tous les pays de
l'Est et après une dernière résistance sur la Tchécoslovaquie. Publication
en France en 1944 du livre " Le zéro et l'infini " qui deviendra
un best-seller mondial. Le rideau de fer tombe sur l'Europe.
Koestler prend la tête du combat pour la liberté de l'esprit
et la liberté politique.
1947/1948 : Plan Marshall
et grandes grèves insurrectionnelles en France.
Naissance de l'Etat d'Israël et guerre avec la ligue arabe.
1949 : Victoire des communistes
en Chine.
1950 : Guerre de Corée.
Koestler est sur tous les fronts et anime plusieurs associations
et revues idéologiques pour faire barrage au communisme.
La révolte hongroise d'abord, le rapport Kroutchev deux ans après,
commencent à ouvrir les yeux... au moins de ceux qui veulent voir.
En 1955, la guerre idéologique voit le reflux du communisme et
l'équilibre de la terreur nucléaire freine les ambitions soviétiques.
Koestler se retire du champ politique.
Cette effroyable époque qui s'est malgré tout prolongée jusqu'en
1990 est impossible à résumer comme nous l'avons fait ci-dessus
sans évoquer - et c'est ce que fait parfaitement Michel Laval -
les millions d'hommes tués, les destins personnels saccagés, l'incompréhension
aujourd'hui générale devant la folie que peuvent engendrer les idéologies
et l'abandon de la raison.
Ce livre est un des plus importants parus sur ce sujet depuis
dix ans. Il faut le lire.
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Patrick Fauconnier - La fabrique des " meilleurs " enquête
sur une culture d'exclusion
Editions du Seuil, 282 pages, 20 euros.
Le titre de ce livre pourrait inquiéter : une fois encore
critique de l'élitisme, critique des écoles grandes et moyennes
et éloge de l'université... Eh bien pas du tout.
Malgré quelques figures imposées à un journaliste du Nouvel Observateur
du type " regrets pour l'insuffisance des apports culturels ", l'ensemble
de cet ouvrage est excellent et met partout " le doigt où ça fait
mal ".
Eloge du système d'éducation américain,
éloge des pays où règne une véritable égalité des chances bien que
l'Etat y protège moins l'individu qu'en France, éloge de l'indépendance
des établissements scolaires,
éloge des réseaux associatifs de créateurs d'entreprises...et d'écoles,
éloge des écoles de la deuxième chance...
Il est temps de regarder en face certaines vérités et de cesser
d'encenser bruyamment l'école comme l'ont fait Bayrou, Lang
puis Fillon parce que cela flatte dans le sens du poil 1 200 000
fonctionnaires qui votent.
Pas une semaine sans l'annonce d'un observatoire, d'une instance
de réflexion, d'un groupe d'études qui remet un mémoire, un rapport.
Alors que le plus grand défi des responsables n'est pas d'améliorer
les choses mais d'oser les faire autrement. 16
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Jules Monnerot- Sociologie
du communisme, livre 1, L'Islam du XXème siècle
Editions
du Trident, 190 pages,
deuxième trimestre 2004.
Les livres 2 et 3 doivent paraître en janvier 2005.
Pourquoi rééditer aujourd'hui cet ouvrage de Jules Monnerot, publié
pour la première fois en 1949, et réédité en 1963 et en 1978 ? Il
semble que tout a déjà été dit sur les erreurs fondamentales de
l'analyse marxiste et, plus encore, sur ses conséquences aussi dramatiques
que le nazisme dans l'histoire de l'humanité. Rappelons simplement
ici la somme publiée par un groupe d'historiens il y a quelques
années : 100 millions de morts, le livre noir du communisme,
(Stéphane Courtois, 1997).
Lorsqu'on relit Jules Monnerot, on y trouve une profondeur et
une vigueur d'analyse qui n'ont pas vieilli et qui relèguent
même des analyses plus récentes à un niveau très inférieur. Le rapprochement
avec le développement de l'Islam, loin d'être artificiel, éclaire
parfaitement le phénomène complexe du développement du communisme,
à la fois idéologique, diplomatique, politique et… militaire.
Ce n'est pas le moindre mérite de Jules Monnerot que d'avoir prévu
dès 1963 au moment de la seconde édition, que le communisme ne pouvait
pas réussir et que, dans dix ou dans trente ans, la liberté l'emporterait.
C'est aussi un grand sujet de réflexion de penser que cet ouvrage
qui est une véritable somme à la fois historique et scientifique
sur le sujet n'a eu aucun succès en 1949 bien que l'auteur fut un
sociologue de renommée internationale, fondateur du collège de sociologie
avant la guerre de 1940 et résistant. Cela donne tout de même beaucoup
à penser sur la qualité de la pensée dominante en France, à cette
époque. Qu'en est-il aujourd'hui ? 12
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Eric
Maurin - Le
ghetto français, enquête sur le séparatisme social
Editions du Seuil,
95 pages, octobre 2004.
Aujourd'hui près de 20 % des élèves sont dans une ZEP (zone d'éducation
prioritaire) mais le surcroît de ressources pour chacun de ces élèves
atteint à peine 10 %.
Mauvais ciblage, stigmatisation multipliée, surcroît de ressources
très faible,
pas étonnant que les résultats soient très insuffisants.
Il faut changer de logique : aider les écoles en fonction
non pas du territoire mais des publics qui les fréquentent et des
progressions effectives des élèves.
Les Pays-Bas parviennent à multiplier par deux les ressources allouées
en direction des enfants de familles pauvres ou immigrées et leur
ciblage est dix fois plus performant que le nôtre.
Financer les écoles en fonction de leurs résultats ? Horresco
referens (horrible allusion !!!). 12
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