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Livres
- Politique française
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Edouard Laboulaye - Le Parti Libéral son programme et son avenir
suivi de La liberté d'enseignement et les projets de loi de M. Jules
Ferry
Ed. Les Belles Lettres - septembre 2007
- 297 pages - 25.00 euros
Alain Laurent poursuit pour Les Belles Lettres son infatigable travail
de redécouverte et de publication des grands auteurs libéraux.
Sans lui, gageons qu'Edouard Laboulaye aurait totalement disparu
de la pensée de nos contemporains.
Et pourtant, ce livre est un petit régal.
La longue préface qui le précède était indispensable pour comprendre
le passage progressif de Jules Ferry du libéralisme au dirigisme
étatique qui fondra sa législation sur l'enseignement :
" En insérant dans la loi sur la liberté d'enseignement l'article
7 qui chasse de toutes les écoles les congrégations non autorisées,
le ministre de l'instruction publique a compliqué d'une façon regrettable
une question déjà fort délicate. Toucher ou avoir l'air de toucher
à la liberté religieuse c'était toucher des cendres à peine éteintes,
et risquer de rallumer un brandon de discordes civiles. On commence
par exclure, on finit toujours par proscrire disait en 1820 M. de
Serre. Un homme d'état ne devrait jamais oublier cette maxime qui
résume l'histoire et les fautes de la révolution".
Et pour tous ceux qui refusent l'ouverture prônée par Nicolas
Sarkosy, il faut méditer cette phrase :
" qu'est-ce-donc que l'état rien d'autre que la désignation de
la puissance publique.
Et comme l'a dit Vinet avec autant d'esprit que de sens : dans la
réalité, l'Etat c'est quelqu'un, ce n'est pas tout le monde, l'Etat
c'est toujours un parti, comment donc est-ce à un parti qu'on remettrait
le monopole ou la direction universelle de l'éducation ?"
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Yvan Stefanovitch - Aux frais de la princesse -enquête sur les privilégiés
de la République
Ed. J-C. Lattès, mars 2007, 358 pages,
19 euros.
Voici le énième livre sur les privilèges des fonctionnaires, les
gaspillages publics, la lutte pour les places et autres dossiers
sur les danseuses de la République.
Il n'est pas inutile pour autant car le sujet n'est hélas jamais
dépassé.
On trouvera d'ailleurs dans cet ouvrage l'analyse de quelques
corps administratifs, de quelques pré-bandes et de quelques administrations
qui n'avaient pas encore été cités dans les ouvrages récents.
Nous avons pourtant déjà eu dans ce domaine quelques bons ouvrages
: ceux de Bernard Zimmern " Les profiteurs de l'Etat ", celui de
Nicolas Lecaussin " Cet Etat qui tue la France ", ceux de Jacques
Marseille " Le grand gaspillage ", de P-P. Kaltenbach " Association
lucrative sans but ", de M. Fumaroli " L'Etat culturel "... ceux
qui nous viennent immédiatement à l'esprit, mais il y en a des dizaines
d'autres.
Rappelons aussi le travail considérable réalisé par l'IFRAP (Institut
français de recherches sur les administrations publiques) et sa
revue mensuelle.
A quand une somme sur ce sujet, classée par exemple ministère par
ministère, puis administration par administration, association par
association. Cela permettrait de suivre, année par année à l'occasion
de chaque budget, l'état d'avancement de la lutte contre les gaspillages.
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Laurence Parisot- Besoin d'air
Ed. du Seuil, janvier 2007, 152 pages,
15 euros.
Le titre de l'ouvrage de Laurence Parisot est significatif. Il rappelle
la taxation des portes et des fenêtres donnant sur les rues, cours
ou jardins et ses méthodes d'évaluation : selon la taille des ouvertures,
selon le type même de porte (une porte cochère comptez double),
selon l'étage, l'importance de la commune et divers autres éléments.
Il s'agissait en fait de créer un impôt progressif sur la fortune,
celle-ci étant très largement investie, comme aujourd'hui, en biens
immobiliers : habitat, commerces, usines...
Ce qui était moins prévisible, c'est que les citoyens se mirent
à condamner autant de portes et de fenêtres qu'ils le pouvaient.
Les architectes se mirent à construire des bâtiments aux ouvertures
de plus en plus petites.
Les mouvements hygiénistes se rebellèrent contre cet impôt qui favorisait
la tuberculose et la recrudescence de diverses maladies.
Il fut supprimé 130 années plus tard.
Les portes et les fenêtres purent s'ouvrir.
On recommença a aérer, à respirer et même à inventer les grandes
baies vitrées.
Belle parabole qui introduit un ouvrage sur le besoin d'air des
entreprises et de la France.
Un ouvrage écrit avec beaucoup d'allant mêlant sans cesse les réformes
indispensables et les success stories actuelles et possibles.
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Stephen Breyer - Pour une démocratie
active
Ed. Odile Jacob, janvier 2007, 230 pages,
25,50 euros.
L'ouvrage écrit par Stephen Breyer pourrait paraître très éloigné
du débat politique français.
Il émane en effet d'un très grand juge de la Cour Suprême des Etats-Unis
et a pour objet de réfléchir à " la liberté active ", c'est-à-dire
au dialogue permanent entre le citoyen et le pouvoir, dialogue
qui s'institue souvent par l'intermédiaire du juge.
Mais on sait que la justice américaine est très différente de la
nôtre dans les institutions et plus encore dans l'esprit.
" Les Etats-Unis n'ont qu'une seule loi, c'est la constitution.
Tout le reste ne sont que des règlements. " dit-on outre-Atlantique.
Le chapitre consacré au droit administratif, très bref mais parfaitement
clair, illustre la différence vraiment fondamentale entre le droit
public français et le droit administratif américain qui n'est jamais
qu'une interprétation jurisprudentielle du rôle de l'administration.
Le livre de Stephen Breyer pourrait paraître, encore une fois, très
éloigné de nos préoccupations ; pourtant, à travers les particularités
du droit américain, apparaissent tous les problèmes auxquels sont
confrontés les Etats modernes et les rapports de leurs citoyens
avec la justice.
Le dernier chapitre s'intitule d'ailleurs " Une application universelle
? ".
Son livre s'achève sur une citation de Benjamin Constant, hommage
d'un très grand juge américain à un des pères du libéralisme européen.
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Georges de Ménil - Pour débloquer la société française
Ed. Odile Jacob, janvier 2007, 234 pages,
22 euros.
Banlieues, immigration, politique sociale, emplois et travail, universités,
retraites et épargnes, pouvoir de la rue, mentalité, que faire ?
L'ouvrage de M. Georges de Ménil - est le plus complet, le plus
ambitieux mais aussi le plus réussi avec l'ambition de traiter de
tous les sujets économiques et sociaux jusqu'à l'analyse des mentalités
et du pouvoir de la rue, si incompréhensible pour beaucoup d'étrangers.
Sachant qu'il est souvent difficile de lire complètement plus d'un
bon livre par mois, nous pensons que cet ouvrage, écrit par un bi-national,
américano-français, travaillant beaucoup sur les réformes structurelles
dans les pays de l'Est, est à privilégier 31
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François Fillon - La France peut supporter la vérité
Ed. Albin Michel - Octobre 2006, 268
pages, 18 euros
Les livres politiques sont trop souvent circonstanciels pour être
cités.
Celui de François Fillon m'a semblé intéressant à signaler pour
deux raisons :
- d'abord parce qu'il explique avec beaucoup de clarté la façon
dont progresse un projet de loi, lorsqu'il s'agit d'un projet
de réforme important comme le régime des retraites, l'assouplissement
des 35 heures, la formation professionnelle, la modernisation
du droit du travail par la négociation dans l'entreprise.
- Ensuite, parce qu'il porte un regard qui m'a semblé très
clairvoyant, à la fois sur le fonctionnement de la Vème République
et de ses principaux responsables - Mitterrand et Chirac -
et sur les moyens de moderniser en profondeur notre société.
Certes, François Fillon ne doute pas de lui-même et a tendance,
comme beaucoup d'hommes politiques, à se juger sinon indispensable,
du moins nécessaire dans la France d'après.
Raison de plus pour lire son livre car il jouera sans doute
un rôle important après les présidentielles. 29
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Ouvrages sur le traité constitutionnel européen
Il en existe à ce jour une bonne dizaine, ils sont en devanture
de tous les libraires.
Celui que publie La Documentation Française " L'Union européenne
et le projet de constitution ", 150 pages petit format, 10 euros,
nous a paru très clair, reprenant à la fois la situation
actuelle de l'Europe et, sur chaque point important, une cinquantaine,
un encadré avec " ce que prévoit la constitution ".
Pour tous ceux qui veulent vraiment approfondir les sujets européens,
en dehors de toute préoccupation électorale,
La Documentation Française a publié un ouvrage très complet de 225
pages grand format sur deux colonnes sur
" L'Union européenne aujourd'hui ", ouvrage coordonné par
Louis Dubouis, Professeur émérite à l'Université d'Aix-Marseille
III.
25 chapitres sont rédigés par les meilleurs spécialistes du sujet
sur le marché intérieur, les finances, la politique agricole, l'union
économique et monétaire, le droit de la concurrence, la justice,
les transports etc...
C'est un document de référence fondamental, certes difficile
mais indispensable aux politiques comme aux entreprises lorsqu'on
sait que 50 % de la législation française ou plus est maintenant
d'origine européenne.
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Philippe Némo - La double oligarchie de la Vème République
Editions CREPHE et CREA, 38 pages.
Cette brochure de Philippe Némo analyse bien les conditions du
blocage institutionnel français avec un déficit démocratique dû
à la quasi-suppression du rôle du Parlement, à l'abandon du référendum,
à l'absence de tout moyen d'expression de la société civile, à l'omnipotence
du Président de la République lorsqu'il possède une majorité parlementaire.
Philippe Némo analyse bien les deux conséquences de cette situation
:
d'une part une désillusion populaire qui sait qu'on ne peut rien
attendre de nos gouvernements et qui le manifeste en s'abstenant
massivement ou en votant à l'extrême-droite et à l'extrême-gauche
; d'autre part la création d'une oligarchie de fonctionnaires et
de syndicats, particulièrement puissants dans la fonction publique,
ce qui aboutit à une croissance continue de l'Etat et des déficits
publics que rien ne peut entraver. " Ce n'est pas faire injure à
la mémoire du Général de Gaulle que de suggérer qu'il est temps
aujourd'hui de fonder une VIème République qui permettra à la démocratie
de mieux fonctionner et, en intégrant mieux le pays réel ou pays
légal de rétablir en France l'Etat de droit. " Ce petit compte-rendu
est l'occasion de vous signaler l'excellent travail fait dans le
cadre de l'Ecole polytechnique et de l'Ecole supérieure de commerce
de Paris par Philippe Némo et Jean Petitot qui éditent sous ce sigle
CREPHE & CREA une vingtaine de brochures synthétiques sur tous les
aspects de l'histoire du libéralisme en Europe. Elles sont gratuites
: Mme Chantal Noël, ESCP, 79 avenue de la République 75011 Paris.
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Antoine Vitkine - Les
nouveaux imposteurs
Editions La Martinière, 240 pages, 12 euros.
Le succès du livre de Thierry Meyssan, attribuant les attentats
du 11 septembre au gouvernement américain, est à l'origine de cet
ouvrage qui montre parfaitement comment " la théorie du complot
" a gagné les esprits dans le monde entier qui croit aujourd'hui
a une vaste conspiration israélo-américaine (les nazis l'appelait
judéo-capitaliste) à l'œuvre derrière tous les événements que
l'humanité ressent comme relativement dramatiques.
Les attentats du 11 septembre, l'Afghanistan, l'Irak, le conflit
israélo-palestinien mais aussi toutes les inquiétudes que peuvent
soulever la puissance américaine fournissent à un certain nombre
d'officines ayant parfois pignon sur rue comme le puissant think
tank des émirats arabes unis, le centre Zayed. Ce centre publie
de nombreuses études et invite des experts et journalistes d'extrème-droite
ou d'extrème-gauche ayant comme point commun de vouloir démontrer
les responsabilités israéliennes et américaines dans tous les événements
douloureux de la planète.
Les thèses défendues par un certain nombre de conférenciers sont
non pas excessives mais carrément folles, comme celle de Meyssan
: Ben Laden agent de la C.I.A., Lady Di assassinée par le Mossad,
les risques d'épidémie de SRAS, moyen des Etats-Unis d'affaiblir
la Chine, le protocole des sages de Sion, programme suivi avec rigueur
par les multinationales américaines et israéliennes pour dominer
le monde.
Un universitaire saoudien, le professeur Jalahma, explique dans
une conférence organisée par cet institut que la date de la guerre
américaine en Irak a été fixée pour coïncider avec la fête juive
de Pourim, le peuple irakien faisant office de victime sacrificielle
pour assouvir les besoins sanguinaires des juifs.
Toutes ces absurdités sont reprises ou parfois simplement citées
dans diverses émissions et par divers auteurs qui se font une spécialité
du scandale ou en tout cas de l'excès : Michael Morre, Noam
Chomski mais Thierry Ardisson, la World Company de Bruno Gaccio,
R.F.I. leur prêtent la main tant les médias sont avides de nouveautés
même stupides.
Au terme de l'enquête d'Antoine Vitking, son constat est pessimiste.
L'avenir du conspirationnisme est florissant.
Parce qu'en 15 ans, depuis la chute du mur de Berlin et des vieux
schémas mentaux, le monde est devenu éminemment complexe et vertigineux
parce que la perte de confiance dans le système démocratique est
corrélée à la croyance dans des conspirations supérieures aux pouvoirs
élus, échappant aux investigations des journalistes...
Théorie du complot ou démocratie, telle est l'alternative dont
on peut dire sans emphase qu'elle est un enjeu de civilisation.
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Jacques de Guénin - Attac ou l'intoxication des personnes de bonne
volonté
Editions Institut Charles-Coquelin, 182
pages, 19 euros.
M. de Guénin est ingénieur des mines, ce qui lui donne un certain
nombre de compétences techniques pour parler de sujet comme celui
des O.G.M.
C'est aussi un ancien industriel et un ancien financier, ce qui
lui permet de parler des questions économiques avec une certaine
compétence.
C'est enfin un intellectuel qui estime important de réfléchir sur
des sujets sociopolitiques en faisant appel à des économistes et
à des sociologues de grande qualité.
C'est pourquoi son ouvrage sur ATTAC est important.
C'est pourquoi il faut le lire lorsqu'on recherche des arguments
synthétiques capables de répondre à la formidable désinformation
que développent cette association et son principal organe de
diffusion " Le monde diplomatique ".
Dans les chapitres les mieux argumentés il faut citer celui sur
l'aide aux pays pauvres, celui sur les O.G.M. et celui sur la Banque
Mondiale et le F.M.I.
ATTAC est un bon exemple de ce que peut faire la société civile
lorsqu'elle se prend en main. Malheureusement, c'est un mauvais
exemple car la petite équipe qui a fondé et développé cette association
joue uniquement sur la peur, la frustration, l'inquiétude et, au
lieu de chercher des solutions aux problèmes que pose la société
moderne, ne propose qu'une lutte sans fin et sans objet contre
cette société.
Une grande fédération des groupes libéraux pourrait aboutir à
réaliser un travail analogue à celui d'ATTAC mais débouchant au
contraire sur un ensemble de solutions positives aussi bien
sur les O.G.M. que sur les mouvements internationaux de capitaux,
la mondialisation, le développement du tiers-monde...
Un livre remarquable à mettre entre toutes les mains mais
hélas bien mal distribué.
Cet ouvrage est en effet édité par l'Institut Charles Coquelin,
petit think tank libéral animé par M. Philippe Nataf, professeur
d'économie à Dauphine.
Cet institut vient de rééditer un ouvrage de Von Mises " La bureaucratie
" et une biographie de Jean-Baptiste Say, maître et pédagogue de
l'Ecole française d'économie politique libérale.
Bravo pour ce travail méritant qui hélas intéresse bien peu les
grands éditeurs français traditionnels.16
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Alfred Grosser - La France semblable et différente
Ed. Alvik, 251 pages, 17 euros.
Alfred Grosser est le meilleur spécialiste de l'Allemagne qu'il
étudie en permanence depuis les années 1950 et qu'il connaît
intimement de l'intérieur pour avoir consacré sa vie à comprendre
un pays très singulier par rapport à la France.
La France, grande Nation depuis cinq siècles, l'Allemagne unifiée
à la fin du 19ème.
La France ayant imposé sa langue à toute l'Europe avant la Révolution,
l'Allemagne ayant étendu sa langue à une grande partie de l'Europe
centrale mais divisée en dialectes nombreux des Flandres à la Tchéquie
et à l'Ukraine.
La France révolutionnaire mais ne parvenant pas à digérer sa révolution
avant 1914 tandis que l'Empire allemand se créait pendant la même
période et disparaissait en 1918 sans réussir à créer sa république.
Procédant à la fois par analyse et par comparaison, Alfred Grosser
décrit la France sans jamais tomber dans le négativisme et le pessimisme
mais en notant combien l'influence de la France s'est réduite et
combien, surtout, sa volonté de donner des leçons à ses voisins
paraît aujourd'hui déplacée.
Ce livre est un tableau très complet de la vie économique, politique,
sociale, culturelle de la France, un peu analogue à celui de Thierry
Wolton " Brève psychanalyse de la France " mais écrit de façon plus
modérée, plus historique, plus comparative au niveau européen.
Entre ces deux ouvrages, nous choisirions celui d'Alfred Grosser
d'autant qu'il traite lui aussi de toutes les questions de l'ouvrage
de M. Wolton.
Sa phrase de conclusion est sévère : " Si la caractéristique
nationale est l'ignorance de ce qui se fait ailleurs et la conviction
qu'on est supérieur parce que Français, alors tentons de changer
la France en essayant de faire tomber ses œillères. " 16
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Jeanine Verdès-Leroux - La foi des vaincus : les esprits révolutionnaires
depuis 1945
Editions Fayard, 2005.
J. Verdès-Leroux, historienne et sociologue, est une des meilleures
spécialistes de la pensée politique contemporaine, aussi bien
celle de droite que celle de gauche mais elle ne cache pas non
seulement ses préférences mais son engagement pour une société de
liberté et de responsabilité.
C'est ainsi qu'elle a été la première, hélas presque la seule, à
dénoncer le terrorisme sociologique de Pierre Bourdieu et la
" bourdieumania " qui a assuré à ce sociologue médiocre et peu inventif
(cela fait cent ans que l'on philosophe sur " les héritiers ") une
presse considérable.
Mme Verdès-Leroux a travaillé sur la pensée révolutionnaire dans
la seconde moitié du XXème siècle et plus particulièrement dans
les vingt dernières années.
L'échec du communisme, non seulement dans les vingt-cinq pays du
bloc dit de l'Est mais aussi dans tous les pays arabes, africains,
d'Amérique du Sud ou il a tenté de s'installer, n'a pas découragé
la pensée révolutionnaire.
Les utopies socialistes ont survécu rejetant la faute d'abord
sur Staline, ensuite sur Lénine, enfin sur la pression pour ne pas
dire le complot capitaliste.
La pensée révolutionnaire s'incarne d'abord dans les nébuleuses
trotskistes toujours très vivaces dans l'Europe du Sud et même dans
les universités américaines.
Elle se développe aussi dans une partie des groupes écologistes,
alter mondialistes.
Elle imprègne enfin beaucoup d'esprits aussi bien dans les mouvements
politiques de gauche que dans un grand nombre de mouvements de critiques
sociales qui pourfendent le capitalisme sans jamais proposer d'autres
solutions depuis que le marxisme léninisme a disparu du paysage
politique.
C'est la foi des vaincus.
Un seul regret, que Mme Verdès-Leroux ne s'attache pas davantage
à traiter de l'alter mondialisme et de sa relation fondamentale
avec la critique du capitalisme faite par Marx au dix-neuvième siècle.
Selon Marx, le capitalisme se détruirait de lui-même car l'excès
de plus-value assécherait la consommation.
Selon la mouvance verte - alter mondialiste, le capitalisme sera
détruit car la majorité de la population voudra l'empêcher de détruire
la planète.
Dans l'un et l'autre cas, ces deux idéologies se heurtent à la
réalité : aucun système ne peut remplacer le capitalisme car, comme
le disait le R.P. Bruckberger : " Le capitalisme, mais c'est la
vie ! 16
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Jean-Paul Fitoussi - La politique de l'impuissance
Editions Arléa, 159 pages, 17 euros.
Jean-Paul Fitoussi est socialiste et ne le cache pas.
C'est pourquoi il déplore que François Mitterrand et le parti
socialiste n'aient pu rompre avec le capitalisme en 1981 et n'aient
décidé à partir de 1982 qu'une simple gestion du système au lieu
de sa transformation.
De ce fait, Fitoussi estime que les socialistes se sont donnés
des gardes fous avec l'Europe, la mondialisation, les critères
de Maastricht, l'obligation de lutter contre l'inflation etc...
Nous suivons et nous encaissons les aléas de la politique américaine
au lieu de développer une politique différente fondée sur une philosophie
et une stratégie différente.
Mais laquelle ? M. Fitoussi est là-dessus aussi impuissant que le
titre de son livre.
Quelle nouvelle politique ?
Avec quel système monétaire international ?
Avec quelle Europe ?
Vivre dans le réel c'est, ne pas seulement critiquer, mais proposer
et proposer dans le réel, avec des moyens réels, avec les rapports
de force existants ou en proposant d'autres rapports de force réalistes.
Cet ouvrage de M. Fitoussi certes enrichissant par les questions
qu'il pose ne va malheureusement pas plus loin que son ouvrage précédent
où il développait l'idée qu'une autre politique était possible mais
que personne n'osait la mettre en place.
Pourquoi ? Peut-être parce qu'elle était impossible....16
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Michel Brûlé et Michel Drancourt - Service
public : Sortir de l'imposture
Editions Lattès, 2004.
Le thème n'est évidemment pas nouveau ; il est traité quotidiennement
dans le très bon bulletin mensuel de l'IFRAP qui dénonce, mois après
mois, la gabegie de trop nombreuses administrations.
Mais les deux auteurs ont mis en commun une longue expérience
et une très bonne connaissance des sources pour traiter un sujet
hélas toujours d'actualité. 12
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