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Le Ministre de l'Education Nationale a présenté le 12 janvier son
projet de loi d'orientation sur l'école en fixant comme priorité
absolue la lutte contre l'échec scolaire et un niveau de compétence
minimum : savoir lire, écrire, compter et utiliser un ordinateur.
Le projet de loi de Monsieur Fillon doit être regardé à travers
le prisme de ce que tous les pédagogues de bon sens estiment nécessaire
depuis dix... ou trente ans :
1 - Donner une réelle autorité et une réelle autonomie aux chefs
d'établissements : les récompenser, les sanctionner, les déplacer
sur la base de méthodes d'évaluations claires. De même, leur permettre
de récompenser ou de sanctionner les professeurs. Leur donner une
certaine latitude de recrutement afin qu'ils puissent créer avec
les enseignants des rapports de compréhension, de responsabilité
et de solidarité.
2 - Permettre aux jeunes enseignants de s'aguerrir dans des écoles
de difficultés moyennes et ne jamais les envoyer dans des collèges
difficiles les trois premières années.
3 - Evaluer les enseignants et les gérer comme on gère les carrières
dans une grande entreprise moderne avec les directions des ressources
humaines (DRH).
4 - Modifier radicalement le fonctionnement des IUFM surtout
dans le primaire où une année de formation en alternance permettrait
de mieux associer théorie et pratique. Plus de 80 % des enseignants
se déclarent totalement déçus aussi bien par les méthodes que par
le contenu des IUFM.
5 - Supprimer la méthode globale qui a montré dans tous les
pays sa nuisance. Permettre aux instituteurs de revenir à la méthode
syllabique et d'adapter leurs techniques à leur classe.
6 - S'obliger à ne jamais changer de façon radicale les contenus
et les méthodes d'enseignement afin de permettre aux parents
d'aider leurs enfants le soir, ce qu'ils ne peuvent plus faire avec
les nouvelles méthodes de grammaire, d'arithmétiques et de mathématiques.
7 - Développer le tutorat et favoriser le soutien scolaire
extérieur. Les volontaires ne manquent pas.
8 - Donner de la liberté aux enseignants et leur permettre
de s'écarter des pratiques réglementaires au profit d'expériences
lorsqu'elles s'avèrent bénéfiques.
9 - Créer de petits groupes de niveaux, ce qui d'ailleurs
se fait déjà souvent, hors obligations administratives. Lorsque
les directions et les équipes d'enseignants sont bonnes, elles trouvent
le plus souvent des méthodes et des solutions avant que la loi s'en
mêle.
10 - Refuser l'accès à la sixième à tous les enfants ne maîtrisant
pas la lecture et l'écriture car, avec des programmes toujours
surchargés, ils ne rattraperont jamais le niveau nécessaire.
11 - Rétablir le certificat d'études qui était une excellente
base permettant de démarrer dans n'importe quel emploi professionnel.
12 - Enfin, démocratiser réellement le Ministère de l'Education
Nationale, c'est-à-dire placer dans toutes les instances de direction,
de consultation et de pédagogie des hommes et des femmes de toutes
opinions.
Dans le projet de loi Fillon, on retrouve 5 ou 6 de ces préoccupations.
Si au moins, ces 5 ou 6 orientations étaient maintenues, précisées
et développées avec fermeté, ce serait déjà très bien.
Ce projet est à suivre avec beaucoup d'attention car il commande
l'avenir beaucoup plus que d'autres.
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