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Pourquoi traiter de la pauvreté et en faire le premier ouvrage d'Héritage&Progrès
?
Parce que ce thème est traditionnellement un thème de gauche et
que la droite a eu tort de l'abandonner, de même qu'elle a largement
abandonné les problèmes de l'école et de l'éducation.
Pour une seconde raison aussi. La lutte contre la pauvreté s'est
inspirée jusqu'à présent de concepts, de politiques définies par
la gauche. Ces politiques ont échoué.
L'économie crée de plus en plus de richesses, même si le rythme
s'est ralenti depuis vingt-cinq ans, alors que les politiques
de lutte contre la pauvreté en général conçues par la Gauche n'ont
absolument pas réussi depuis cinquante ans à changer les choses
dans ce domaine.
Il est faux de dire qu'il y a de plus en plus de pauvres.
Il est vrai qu'il y en a hélas toujours autant.
Au seuil d'un nouveau livre sur la pauvreté, il semble nécessaire
d'expliciter avec soin quelques principes de travail et de les intégrer
dans un paradigme général clair.
En effet, faute de réflexion conceptuelle solide, on multiplie
rapports, analyses, projets de loi, décrets, circulaires, institutions,
conseils, comités, observatoires tandis que, dans la réalité,
rien ne change globalement et les choses au contraire ont plutôt
tendance à s'aggraver sur les marges.
Et, dans ce domaine, ce sont les marges qui sont les plus importantes.
Chaque année presse, radios et télévisions découvrent entre décembre
et février, parce qu'il gèle à Paris, qu'il y a toujours entre 80
et 200 000 SDF (sans domicile fixe) dans la capitale et dans nos
grandes villes.
Tous les deux ou trois ans un mouvement social et/ou caritatif attire
l'attention de la société et des politiques sur les populations
les plus touchées par le chômage et la pauvreté.
On découvre alors " les nouveaux pauvres ", " le quart monde
", " les exclus ", " les précaires ", " la fracture sociale " dans
une France qui continue pourtant de s'enrichir, même si la croissance
est beaucoup plus faible depuis 25 ans.
A intervalles réguliers, une majorité politique nouvelle lance
une ou deux grandes lois contre la pauvreté : création du minimum
vieillesse en 1979, création de l'ASS (Allocation spécifique de
solidarité) en 1984, création du RMI (Revenu minimum d'insertion)
en 1988, grande loi générale contre les exclusions préparée par
Jacques Barrot en collaboration avec ATD Quart Monde en 1996/1997
et reprise par Martine Aubry en 1998, création de la CMU et de l'APA
en 2001 et 2000, rénovation de l'action sociale et médico-sociale
en 2002, loi contre l'exclusion de Jean-Louis Borloo en octobre
2004..
Toutes ces lois sont importantes mais, assez curieusement, elles
ne changent pas de façon importante la donne. Elles provoquent,
dans les deux ans qui suivent leur application, des transferts
très visibles au profit d'une ou deux catégories de la population
et très dilués au détriment de toutes les autres.
Globalement, économie oblige - le montant des transferts d'aides
sociales reste toujours voisin de 33 %.
Plus étonnant peut-être, l'ensemble des prestations sociales perçues
par le décile de revenus le plus faible est à peu près stable depuis
1975.
Plus grave encore : la proportion de personnes en grandes difficultés,
en grande souffrance, 4 à 5 %, ne change pas, pas plus que la
proportion de personnes sans domicile fixe ou en hébergement social
provisoire.
Premiers ministres et ministres demandent sans cesse de nouvelles
études fort bien faites qui ne débouchent sur rien.
Sur Internet.Gouv, on trouve une dizaine de gros rapports sur la
pauvreté qui ont moins de 3 ans d'âge.
Le dernier rapport 2003-2004 de l'Observatoire National de la Pauvreté
comporte une bibliographie de 315 ouvrages, études, articles de
fond, publiés uniquement de 2001 à 2004. Lorsqu'on connaît le rôle
joué par ATD Quart Monde et Emmaüs dans la préparation de la loi
de 98 on frémit en pensant à la tristesse de leurs membres et
de leurs dirigeants après la lecture - s'ils parviennent à le lire
- d'un très grand nombre de ces rapports officiels.
Le dernier rapport de l'Observatoire National de la Pauvreté et
de l'Exclusion sociale est une bonne illustration... de ce que l'on
pourrait faire autrement. Un très grand premier prix de lecture
est mérité par celui qui comprendrait, dans les annexes du très
officiel rapport 2003-2004 de l'Observatoire, l'article intitulé
" exclusion sociale - exclusion scolaire " et l'article sur " la
réforme des barèmes fiscaux et sociaux " où l'on s'aperçoit que
l'on peut être dans le décile de revenu le plus élevé de la population
et bénéficier d'une prime pour l'emploi (PEP) !
La bonne volonté des gouvernements ne saurait être mise en cause
d'autant que, depuis 1975 date de rupture du Trend économique dû
au premier choc pétrolier, les socialistes ont gouverné 15 ans
et la droite 13 ans.
Eh bien, malgré cette bonne volonté, malgré ces grandes lois
sociales concernant une dizaine de millions de personnes, la situation
de la pauvreté a relativement peu changé en France ; que l'on
considère la pauvreté monétaire évaluée par les statistiques des
revenus - 10 à 15 % de la population -, la très grande pauvreté
évaluée de façon qualitative - 4 à 5 % -, les SDF et les personnes
totalement exclues du champ social - 0,5 % à 1 % -.
S'il y a échec, dans un pays riche, avec une alternance politique
incessante, c'est que les structures du système d'aide sociale sont
inadaptées et donc inopérantes.
La notion de système, à tout le moins de paradigme, est essentielle
pour expliquer l'échec ou le succès d'une action. Car, même si les
hommes jouent, partout, un rôle fondamental, leur efficacité ne
peut s'exprimer que dans un système favorable.
L'URSS et les pays de l'Est n'avaient que très peu de directeurs
d'entreprises performants. Ce n'était pas la faute des hommes mais
du système. La fin de l'économie planifiée étatisée a suscité partout
des dizaines de milliers d'entrepreneurs qui exportent même aujourd'hui
vers l'Occident.
La Chine a traîné durant 30 ans un retard économique considérable.
En 20 ans, elle est devenue l'usine du monde et risque de rejoindre
le niveau de vie occidental dans les trente ans qui viennent. Elle
a changé de système.
Le système social français est engoncé dans une structure héritée
des années 45/50 conçue dans un esprit centralisé et planifié
inspiré par le travaillisme britannique (Lord Beveridge) et par
le programme de la résistance.
Ce système est marqué par :
-Une législation nationale ne laissant place qu'à une très faible
adaptation locale.
-Des prestations uniformes pour tous ou pour de très grandes
catégories de population.
-Un cloisonnement législatif et réglementaire (maladie, accidents
du travail, vieillesse, famille, chômage, aide sociale) alors que
les familles rencontrent en général un ensemble de difficultés ignorant
les frontières administratives.
-Une décentralisation insuffisante centrée sur le département,
beaucoup trop éloignée des familles à soutenir.
-Une administration conçue et formée pour traiter des dossiers
et gérer de façon uniforme ce que prévoient lois et décrets alors
que chaque dossier demande un examen particulier.
-Une absence générale de confiance faite aux acteurs : pas
d'enveloppes globales librement disponibles, pas de contrats, pas
d'initiatives non prévues, pas d'évaluations ex post. 2 Si nous
pensons que l'échec a pour cause essentielle l'inadaptation du système,
il faut en proposer un autre.
Les pages qui suivent ont pourtant un objectif plus modeste.
Il ne s'agit pas de refaire le considérable " Traité du social "
de Nicole Questiaux (la dame qui refusait de compter), ni le célèbre
cours de Pierre Laroque(1) à l'Institut d'études politiques de Paris.
Nous souhaitons simplement ici tracer les grands principes d'un
nouveau paradigme pouvant aider à travailler autrement sur la question
de la pauvreté ou plutôt des pauvretés car le concept global de
pauvreté n'a pas grand sens.
Ces principes sont les suivants :
1. Il n'y a de pauvreté qu'individuelle.
Le concept général de pauvreté monétaire n'est d'aucune utilité
;
2. Toute législation globale
est non seulement inadaptée mais dangereuse ;
3. Le contrat doit toujours
prendre le pas sur la loi ;
4. Subsidiarité et proximité
sont indispensables à toute aide à la personne ;
5. Il faut décloisonner et
assurer la transversalité pour traiter l'ensemble des problèmes
d'une famille ;
6. Les hommes décident de tout
: il faut associer professionnels et bénévoles.
7. Réapprendre à lire, écrire,
compter et s'exprimer, une condition nécessaire pour s'en sortir.
8. Rendre à tous les hommes
la possibilité d'être utiles, c'est le devoir d'une société
qui doit restaurer le vivre ensemble dans le cadre d'une idéologie
dominante individualiste.
9. Les aides sociales - 10 % du
revenu national - doivent faire l'objet de méthodes d'évaluation
rigoureuses et quantifiées.
Premier principe :
Il n'y a de pauvreté qu'individuelle.
Le concept de pauvreté monétaire n'est d'aucune utilité. La pauvreté
monétaire définie en France comme en Europe par " moins de 50
ou 60 % du revenu médian " n'a aucune signification et n'est
d'aucune utilité pour l'action sociale. Ce demi-revenu médian
peut être touché par un jeune homme d'une bonne qualification engagé
à l'essai dans une jeune entreprise avec tout l'avenir devant lui
ou par un ouvrier spécialisé de 55 ans qui a retrouvé un emploi
précaire en CDD dans un vieux bassin industriel où le taux de chômage
dépasse 20 % avec très peu d'espoir de retrouver un nouveau contrat.
Le même demi-revenu médian peut être touché par une jeune femme
parisienne ayant un jeune enfant en pleine santé, bénéficiant comme
toute parisienne de crèches assez nombreuses, d'un réseau de transports
en commun exceptionnel, de services sociaux, médicaux, administratifs,
culturels bon marché dans la ville la plus riche de France.
Mais il peut aussi concerner une jeune femme habitant Souppes sur
Loing (Seine et Marne) ou Carhaix (Côte d'Armor) obligée de faire
30/35 km en car ou en voiture pour travailler à Saint-Brieuc ou
Montargis, ayant un enfant fragile à faire garder sans aucune institution
sur place.
En outre, la proportion aujourd'hui très importante de divorces
conduit à différencier, dans les deux cas, les femmes récemment
divorcées qui connaissaient hier un revenu deux ou trois fois plus
important avec tout ce que cela suppose en matière de changement
de vie.
Définir un revenu médian, analyser les déciles ou les quintiles
de revenu d'une population (des 10 % ou 20 % de revenus les plus
bas aux 10 % ou 20 % les plus élevés) est un travail intéressant
et utile pour l'analyse économique et budgétaire mais ne sert à
rien pour remédier à la pauvreté réelle.
Quoi de commun entre les moins de 25 et les plus de 50 ans, entre
les couples sans enfants et les familles nombreuses, entre les femmes
seules avec un ou deux enfants et les hommes chômeurs célibataires
ou divorcés sans charges, entre les habitants de vieilles régions
industrielles sinistrées et les Parisiens ? Entre les propriétaires(1)
et les locataires, entre les ruraux et les habitants des grandes
villes etc... Le terme même de pauvreté n'a guère de signification.
Il faut trouver d'autres mots pour distinguer : les individus
totalement exclus de la société n'ayant plus de domicile fixe
depuis plusieurs mois ou plusieurs années, la grande misère souvent
liée au statut d'immigré, d'ouvrier sans qualification ou
à la situation familiale d'une femme divorcée sans pension, l'isolement
et la solitude dans les grandes métropoles urbaines de personnes
ayant perdu tout lien familial et professionnel, et des personnes
que l'on qualifierait de pauvres sur le plan monétaire mais qui
seraient scandalisées qu'on emploie ce terme à leur égard.
Il n'y a pas de pauvres dans un petit village de L'Oisans qui compte
moins de cent habitants bien que l'on y trouve de jeunes CDD qui
démarrent dans l'existence ou des personnes âgées qui n'ont parfois
pas obtenu le minimum vieillesse.
C'est évidemment à Paris, à New York ou à Londres que le taux de
pauvreté - si l'on doit continuer à employer ce mot - est le plus
élevé.
Second principe : Toute législation
globale est non seulement inadaptée mais dangereuse.
Il faut bannir le terme de pauvreté au singulier.
Il existe au moins 5 grandes catégories de pauvreté, 5 types de
population très différents qui appellent 5 types de législation,
d'institutions et de personnels également différents.
1) Les bas salaires c'est-à-dire le SMIC, un peu plus ou
un peu moins lorsqu'il s'agit de temps partiel subi ou de travail
partiellement au noir.
2) Les chômeurs ayant une qualification moyenne, souhaitant
ardemment retrouver un travail et habitant les grandes agglomérations
urbaines où l'emploi reste important.
3) Les personnes alternant chômage, emplois aidés, emplois précaires,
souvent découragées par une instabilité persistante, inquiètes en
raison de leur âge ou de leur faible qualification.
4) Les personnes ayant une faible capacité ou une incapacité
provisoire à travailler : graves accidents de la vie, handicaps
physiques, psychologiques, sociaux et familiaux. Ces personnes demandent
un soutien individuel personnalisé qu'aucune législation ne peut
prévoir. C'est ici qu'il faut faire porter tous les efforts pour
éviter leur isolement progressif et leur glissement vers l'exclusion
sociale.
5) Les exclus de la société, ceux qui ont perdu tout espoir,
tout repère social, toute reconnaissance de leur valeur personnelle
et qui ont sombré dans ce qu'on pourrait appeler l'autisme social
: disparition de tout lien familial et social, logement précaire
ou absence de domicile, abandon de toute possibilité de vie professionnelle.
Mettre ces grandes catégories, même si l'on passe souvent de
l'une à l'autre, dans le même panier législatif est non seulement
inutile mais dangereux.
C'est par une réflexion approfondie sur l'impôt négatif américain
ou le crédit fiscal aux familles britanniques qu'il faut traiter
la question des bas salaires.
C'est par diverses mesures sur le chômage qu'il faut traiter
la population touchée par la précarité du travail (cf l'excellent
livre de P. Cahuic et A. Zylberberg " Le chômage fatalité ou nécessité
").
Les méthodes pour réduire le chômage existent. Une dizaine
de pays les ont mis en œuvre avec beaucoup d'efficacité.
Enfin les groupes 4 et 5 nécessitent un soutien très personnalisé
que quelques départements, quelques institutions, quelques villes
et quelques associations ont expérimenté mais qui reste rare.
C'est bien ce dernier point qui est absolument fondamental. A
la limite, ce sont aujourd'hui les SDF qui sont en France les moins
bien traités tout simplement parce que, pour percevoir une aide
prévue par la loi, pour obtenir un logement, pour recevoir une convocation...
il faut une adresse !
Troisième principe : Le contrat
doit toujours prendre le pas sur la loi.
Au nom des sacro-saints principes de l'égalité, des traditions constitutionnelles
et de la jurisprudence du Conseil d'Etat, on donne en France à la
loi un rôle considérable et l'on veut lui faire résoudre l'impossible
question de la complexité.
Lorsque la loi veut tout prendre en compte, elle n'y parvient
pas. Ou elle se multiplie et se démultiplie sans aucun résultat.
N'étant d'ailleurs pas parvenue à identifier le SDF ou l'habitat
très précaire, les seules personnes que la loi ignore ou maltraite
sont ces deux catégories extrêmes de la pauvreté.
L'hôpital consacrera 100 000 euros ou plus pour soigner et remettre
sur pied - momentanément - un SDF alors qu'aucun service social
ne pourra lui donner 1 000 euros l'année suivante.
Pour prendre en compte la complexité, on adoptera des lois spéciales
pour les jeunes, d'autres pour les personnes âgées, d'autres pour
les parents isolés etc...
Mais tout cela reste encore trop général.
Qu'est-ce qu'un jeune ? La loi va alors distinguer les jeunes
entre 16 ans et 18 ans, puis 18 ans l'âge scolaire et l'âge de la
majorité légale, puis de 20 à 25 où l'on est encore jeune, puis
jusqu'à 27 ou 28 où l'on peut encore être considéré comme jeune,
mal intégré socialement et donc pouvant encore bénéficier de tel
ou tel avantage etc... A ces cinq catégories de jeunes on va ajouter
six grandes catégories de niveaux d'études, de I à VI mais cela
n'étant toujours pas suffisant, on a ajouté des catégories IV a,
V bis et VI bis. Les diverses lois sur l'emploi et l'éducation prévoient
donc 5 x 9 catégories, soit au total 45 catégories de jeunes, chacune
pouvant bénéficier d'un régime spécifique !
Ni un énarque ni un polytechnicien n'est en mesure de gérer cette
machinerie.
Il faut sortir du schéma législatif français et identifier ce
qui peut relever du législatif et ce qui doit être réservé non pas
à des décrets mais à de simples circulaires d'application débouchant
sur du contractuel.
Il faut également prendre conscience que, même ce qui relève de
la loi n'aura pratiquement aucune efficacité s'il n'est pas accompagné
du contrat.
Dans un cadre législatif restreint et aussi souple que possible,
il faut prévoir la possibilité d'individualiser au maximum toutes
les interventions sociales. Même pour ce que nous avons nommé
les catégories 1 et 2 de pauvreté, la législation doit être limitée.
A quoi sert de promulguer une législation complexe sur le chômage,
son indemnisation et les mécanismes de retour à l'emploi si les
institutions et les hommes sont totalement inadaptés à leur application
? Pas de loi sans contrat, pas de contrat sans évaluation.
C'est bien évidemment dans le domaine de l'emploi que la contractualisation
et l'évaluation doivent être la règle.
Le succès des entreprises de travail temporaire des sociétés d'out
placement et des services de ressources humaines, des grandes entreprises
contraste ici avec les trop faibles résultats de l'ANPE, des CLE,
des PLIE et des multiples structures créées ou subventionnées par
l'Etat tandis qu'on en invente une dernière, bien sûr sans supprimer
aucune des autres : les maisons de l'emploi.
Quatrième principe : Subsidiarité
et proximité sont indispensables à toute aide à la personne.
L'évaluation des besoins, l'évaluation des aides nécessaires, leur
mise en place et surtout le suivi des actions exigent que le travail
social soit assuré au plus près des personnes et des familles en
difficulté.
Si les communes rurales et les petites villes de moins de 10 000
habitants sont des entités trop restreintes où la nécessaire confidentialité
est impossible, où les problèmes de personne risquent de biaiser
l'objectivité des évaluations, où les moyens humains et financiers
sont insuffisants, un groupement de 20 à 40 000 - ce chiffre étant
un grand maximum - semble pertinent.
C'est l'échelon d'une grande communauté de communes rurales, d'un
district ou d'une communauté d'agglomération constituée autour des
400 villes françaises de cette taille et, pour les villes de 50,
100 000 habitants ou plus,
c'est l'échelon d'une mairie de quartier ou d'arrondissement.
Le travail entrepris par les départements autour des circonscriptions
d'action sociale n'est qu'un début qui ne tient d'ailleurs pas toujours
compte du phénomène des grandes villes et grandes communautés d'agglo
dont la population représente souvent de 50 à 75 % de celle du département.
Un gros travail est à réaliser pour satisfaire au principe de
subsidiarité qui demande à tout échelon administratif d'examiner
si l'échelon du dessous, plus proche du citoyen, ne peut pas réaliser
la même action de façon plus efficace.
A l'Etat et à la Région la fixation des enveloppes budgétaires,
les travaux d'études et les missions de contrôle et d'évaluation.
Aux Départements la détermination des priorités, la sous
répartition financière, le recrutement et la formation du personnel,
la réalisation des grands équipements territoriaux.
Aux groupements de communes, aux territoires de proximité tout
le reste.
Ce n'est évidemment pas au niveau du département que l'on travaillera
avec un bénéficiaire du RMI sur son programme d'insertion. Dans
cet esprit, la décentralisation doit aller beaucoup plus loin qu'aujourd'hui
et imposer une étroite collaboration entre le département, la ville
ou l'intercommunalité.
Cinquième principe : Décloisonner
et assurer la transversalité.
Le décloisonnement, la transversalité doivent absolument être
développés pour deux raisons : l'efficacité sociale d'abord, l'efficacité
de gestion en second lieu.
L'efficacité sociale : Plusieurs problèmes sociaux graves
se posent souvent simultanément dans une famille : chômage de longue
durée, maladie, divorce, maltraitance d'enfants, éthylisme, femme
battue... Or ces problèmes sont traités par des assistantes sociales
et des travailleurs sociaux qui dépendent aujourd'hui d'organismes
différents : Conseil général, mairie, Sécurité sociale, Allocations
familiales, santé, travail, emploi etc... Il est bien évident
que l'échange de connaissances et d'expériences entre tous ces services
serait indispensable et précieux. Or cet échange gagne naturellement
à être aussi physique que possible.
En limitant le nombre d'intervenants et, dès aujourd'hui, en échangeant,
en parlant dans le même bureau, tous ces personnels peuvent être
autrement plus efficaces qu'en échangeant des dossiers.
L'efficacité économique : Il est aisé - et parfaitement malhonnête
- de voter des dépenses considérables sans se soucier des recettes.
Il est à la portée de tout député de base de voter l'ASS, le RMI,
la CMU, l'APA, la hausse du SMIC et demain l'APL à 80 % pour le
logement étudiant, le SMIC jeune, le congé parental masculin à 2
mois, le doublement de l'allocation parent isolé...
N'oublions pas que la redistribution sociale n'est pas assurée
par les riches mais par l'ensemble de la population.
Les recettes massives de l'Etat et des organismes sociaux sont la
TVA, la CSG, les cotisations sociales souvent plafonnées, la taxe
sur les produits pétroliers, les impôts locaux... L'impôt sur le
revenu et l'ISF ne représentent que 48 millions d'euros sur un total
de 435 millions d'euros, soit environ 11 %.
La redistribution n'est pas ce que l'on croit. Ce sont presque
à égalité tous les français qui assurent la redistribution sociale.
Il faut donc tout faire pour augmenter son efficacité et réduire
les pertes en ligne.
Traiter les problèmes d'une personne de façon transverse au lieu
de séparer le social, le médical, le logement, l'emploi etc... permettrait
plus d'efficacité et une économie d'intervenants
On connaît la métaphore d'Arthur Okun : " L'impôt est comparable
à un seau qui transporte de l'eau depuis les plus repus vers les
plus assoiffés. Mais c'est un seau percé qui perd un peu de son
contenu à chaque voyage " (cité par B. Salarié dans " L'économie
sans tabou " Ed. Le Pommier. Juin 2004).
Or, dans le mille-feuilles législatif et institutionnel français,
les trous au fond du seau sont nombreux et larges.
La transversalité doit permettre d'en boucher un certain nombre.
Sixième principe : " Les hommes
décident de tout ".
Il faut associer professionnels et bénévoles pour débrouiller
une législation et une réglementation pléthorique, faire de la transversalité,
gérer des enveloppes au lieu d'instruire des dossiers, savoir allier
la justice et la compassion, travailler en complète synergie et
sympathie avec le monde associatif.
Cela demande de grandes qualités.
Les travailleurs sociaux qui dépendent dans certains cas du Ministère
des affaires sociales, dans d'autres de la Sécurité sociale, de
la CNAF, des Conseils généraux, de l'Education nationale, de la
justice, de la santé sont, au niveau de l'encadrement environ 100
000. Ce chiffre est à rapprocher des quelques 2 000 structures
territoriales décentralisées qui nous semblent nécessaires en vertu
du principe de proximité soit une cinquantaine d'agents d'encadrement
par structure.
C'est supposer que la transversalité est réalisée partout et pour
tous et donc que le problème est résolu.
Utopie complète. Mais utopie nécessaire, objectif majeur, qu'il
faut simplement viser à atteindre lentement, sur une très longue
durée et seulement en partie.
Ce personnel est-il suffisant ? Avant de répondre à cette question,
il faut s'interroger sur les rapports de ce personnel administratif
avec toutes les autres administrations éducatives et sociales, les
CCAS des villes et des intercommunalités, les bénévoles, les divers
volontaires de l'action sociale et tout le tissu associatif local.
Comme bien souvent la question n'est pas combien de personnes en
plus mais comment travailler mieux, comment mieux coordonner
les énergies.
Dans les pays anglo-saxons, il n'y a pas concurrence entre professionnels
et bénévoles mais une volonté de complémentarité dans une déontologie
commune.
Que serait d'ailleurs le social aujourd'hui sans des personnalités
aussi fortes que l'Abbé Pierre, Geneviève Anthonioz-De Gaulle, le
père Brezinski, Xavier Emmanuelli, Mère Teresa, Elizabeth Kubler
Ross, Maria Nowak (la banque des pauvres), J-M. Belorgey chez les
socialistes, René Lenoir à droite, et les milliers de bénévoles
qui leur ont emboîté le pas dans les milieux religieux, associatifs,
médicaux...
On estime également à environ 100 000 le nombre de bénévoles ayant
un bon niveau de formation et appartenant au secours catholique,
à l'Armée du Salut, à la Croix-Rouge, à la fondation abbé Pierre,
à ATD Quart monde, à l'UNIOPS... Quelle régression que le refus
contemporain d'employer le mot de charité ! Et par quel mot remplacer
cette volonté, cet élan vers l'autre lorsqu'il est en difficulté
? Le mot compassion ? Il en est proche mais semble un peu passif.
Le mot solidarité ? Son emploi politique et législatif en a fait
un magma collectif plus qu'une volonté individuelle. Le mot social
? Il faut le marier pour l'utiliser : Aide (sociale), Sécurité (sociale),
Action (sociale), Prévention (sociale), Préoccupation (sociale).
Charité, compassion, dévouement sont les mots les plus nobles à
associer avec travail social et professionnalisme pour améliorer
et peut-être changer la condition des plus pauvres.
Il faudrait lancer demain une grande ONG mobilisant jeunes et volontaires
autour d'une idée simple : " Etre utile dans ma cour, dans ma
rue, dans mon quartier ".
Il faut aussi ne jamais oublier la dureté du travail : hommes
et femmes de bonne volonté, professionnels ou non, se fatiguent,
s'usent, s'épuisent devant des familles et des problèmes parfois
sans solution.
Le problème de leur formation, de leur resourcement, de leur
changement de postes doit être en permanence à l'ordre du jour.
Septième principe : Réapprendre
à lire, écrire, compter et s'exprimer.
Une condition nécessaire pour s'en sortir.
En concurrence avec la Chine, l'ensemble du sud-est asiatique, l'Afrique
du nord et de façon générale les pays à bas salaires, la France
et les pays membres de l'OCDE voient se réduire autour de 20 à 30
% la part de leur industrie dans le PIB. Les services prennent
donc une part de plus en plus large. Ils exigent bien sûr les
connaissances de base - lire, écrire compter et s'exprimer - comme
la connaissance de l'informatique.
Mais il est absurde d'opposer les services à l'industrie, au bâtiment
et à l'agriculture.
Pour faire correctement un travail de manœuvre, d'ouvrier spécialisé,
d'ouvrier agricole, ces trois connaissances de base sont tout autant
nécessaires surtout si l'on veut progresser, ce qui est le but de
tout être humain.
Savoir lire et comprendre une notice, un mode d'emploi, un livre
simple sur une technique 6 simple, savoir remplir un formulaire,
rédiger une lettre, savoir vérifier une facture, une note, une fiche
de caisse, tout cela est aujourd'hui indispensable.
On constate aujourd'hui au cours des journées d'appel de préparation
à la défense qui regroupent garçons et filles de la classe d'âge
17 ans que 10 % des participants ont de grandes difficultés de lecture
(de 9 à 12 % selon les années), la moitié étant quasiment analphabètes
(4 à 6,5 % selon les années). Ces chiffres ne tiennent pas compte
des handicapés mentaux même très légers qui ne participent pas à
ces journées.
D'autres enquêtes réalisées durant la scolarité confirment ce
chiffre toujours voisin de 10 %.
Ce pourcentage augmente ensuite rapidement et devient proche de
13 autour de la trentaine : arrêt de tout apprentissage, absence
totale d'envie de lire en raison des difficultés, prédominance de
la télévision etc...
Ce constat ne vient pas de quelques adversaires patentés de la
FSU, des IUFM ou des méthodes pédagogiques modernes mais des travaux
de recherche de l'Observatoire national de la pauvreté et de tous
les experts reconnus du sujet. 10 à 13 % d'illettrés, 10 à 15 %
de pauvres.
Ce ne sont pas toujours les mêmes dira-t-on. Mauvais prétexte
car, en fait, ce sont à 80 % les mêmes.
Ce constat est fait depuis 10, 15, 20 ans.
Et l'on est un peu confondu d'entendre toujours le même langage,
de lire les mêmes études, de connaître les mêmes recherches autour
des vieux concepts éculés de l'école Bourdieu et des inégalités
" de classe ", d'origine, d'habitat, au lieu de voir arriver
des travaux vraiment novateurs.
Mais qu'est-ce qu'un travail novateur ? C'est un travail qui,
au lieu de regretter ce qu'il est quasi impossible de changer rapidement
- la différentiation culturelle des classes sociales - attaquera
ce qui peut donner des résultats importants.
Faire disparaître l'avantage des enfants de nationaux par rapport
aux enfants d'immigrés, des enfants de cadres par rapport aux enfants
d'ouvriers, des enfants d'actifs par rapport aux enfants de chômeurs,
c'est pousser le rocher de Sisyphe.
Par contre ce que l'on peut faire tout de suite et qui peut avoir
tout de suite des résultats sur les enfants de chômeurs, d'émigrés,
d'ouvriers aussi bien et sans doute davantage que sur les enfants
de cadres supérieurs, c'est revenir à la méthode syllabique,
simplifier les règles grammaticales et mathématiques incompréhensibles
par les parents, alléger des programmes reconnus par tous
comme inadaptés, réformer les IUFM, y impliquer les enseignants
reconnus efficaces et obliger les " pédagogues " à enseigner au
moins 2 ans sur 3, restructurer le Ministère de l'éducation nationale
où un tiers des effectifs travaille dans les bureaux, ne jamais
affecter en ZEP un enseignant avant 4 à 5 ans d'expérience.
Remplacer les tonnes de travaux sur l'inégalité scolaire par
des travaux du type " comment j'ai réussi à faire lire et à donner
envie de lire à toute ma classe ", c'est une grande œuvre d'intérêt
public dont on se demande toujours pourquoi elle n'est pas encore
entreprise. Ce dernier principe est sans doute le plus important.
L'expérience française et étrangère prouve que les stages longs
de mise à niveau des connaissances de base sont beaucoup plus efficaces
pour une réinsertion professionnelle que les centaines de stages
proposés par l'ANPE.
Il faut rappeler que, avant 1999, aucun stage de ce type n'était
proposé, tout simplement parce que la lutte contre l'illettrisme
n'était pas reconnue par l'administration comme participant de la
formation continue !
Huitième principe : Rendre à tous
les hommes la possibilité d'être utiles.
Ce principe est aussi le paradigme général qui ordonne cet ouvrage.
Deux hommes l'ont parfaitement défini et avec la même profondeur
d'expression : un SDF, M. Hervé Pépin, et un ancien ministre, M.
Xavier Emmanuelli.
Le SDF après un certain parcours géographique a dormi dans les rues
de Saint-Etienne et a voulu retrouver sa personnalité, son autonomie,
sa créativité en redevenant libre. Il en a tiré un livre conçu et
écrit avec ses compagnons " Nous voulons être utiles ".
Ce livre raconte comment un homme regroupe quelques compagnons autour
d'un projet : rénover une vaste maison abandonnée non seulement
pour s'y loger mais aussi pour en faire un centre d'accueil pour
tous les SDF et les personnes de Saint-Etienne en situation de grande
précarité.
Le SDF est devenu maître d'ouvrage, bâtisseur, animateur d'équipe
et a montré une efficacité très supérieure à beaucoup de travailleurs
sociaux englués malgré eux dans le maquis réglementaire des maisons
d'accueil et d'hébergement " officielles ".
C'est la rencontre avec l'auteur, M. Hervé Pépin, qui est à l'origine
de ce livre.
L'ancien ministre, Xavier Emmanuelli, a écrit dans son dernier
ouvrage " Out. L'exclusion peut-elle être vaincue ? " un texte qui
devrait fonder la réflexion de tous ceux qui se préparent au travail
social, qu'ils soient bénévoles ou professionnels :
" La règle de base d'une société citoyenne, c'est l'échange,
c'est-à-dire la dette réciproque. Du simple fait de la vie en société,
chacun contracte cette dette mutuelle. Elle nous constitue comme
sujet actif de la collectivité. Mais le leitmotiv de notre discours
ambiant, ce sont les droits. Ils sont devenus une sorte de territoire
sacré, à tel point que toute remise en cause des " acquis " est
ressentie comme une profanation du dogme de base. Dans le cas des
exclus, cette distorsion a des conséquences perverses : considérer
l'exclusion uniquement sous l'angle de 7 droits à récupérer ou à
obtenir revient à ôter les exclus de la dette réciproque. Croit-on
ainsi leur venir en aide ? En fait, on leur porte le coup fatal
: ôter la dette rend " chose ". L'affront fait au sujet est
irréparable. On aura beau tenter de le compenser, jamais aucune
mesure ne sera à la hauteur du dommage. En fait, il n'y a qu'une
solution : remettre la victime dans la dette réciproque. C'est la
seule façon de guérir les blessures faites au sujet. "
Neuvième principe : Les aides
sociales doivent faire l'objet de méthodes d'évaluation rigoureuses
et quantifiées
Le principe général de l'évaluation des services publics - presque
inexistante en France - doit s'appliquer particulièrement aux aides
sociales qui représentent environ 10 % du revenu national.
10 % de dépense pour 15 à 20 % de la population, c'est une somme
énorme d'autant plus qu'il s'agit de 10 % du revenu national.
L'assiette de cette dépense c'est le revenu de tous les Français,
donc de ménages riches, aisés ou en dessous de la moyenne.
Loin de nous l'idée de penser que cette somme est trop élevée.
Par contre, il est essentiel qu'elle soit bien utilisée or, de toute
évidence, elle ne l'est pas.
La France finance un secteur HLM très important : 12 % de la construction
neuve, 18 % du parc locatif.
Environ 4 % de la population vit en habitat précaire, y compris
90 000 personnes sans domicile fixe.
Comment évaluer, contrôler et " prioriser " l'emploi des financements
HLM au profit de ces 4% ? La loi de 1998 sur l'exclusion a monté
un vaste échafaudage - certains diraient une usine à gaz - pour
satisfaire les priorités dans le domaine du logement. Six ans après,
l'Inspection Générale des Affaires Sociales constate que cela ne
marche absolument pas (IGAS). Encore faudrait-il que l'IGAS explique
comment elle a constaté le fait, pourquoi ça ne marche pas, quelles
sont les autres solutions qu'il faut maintenant envisager, comment
les tester par exemple sur un département etc...
Un autre exemple : L'illettrisme. On constate que la pauvreté
est fortement corrélée avec l'absence de qualification, des études
interrompues très tôt sans aucun diplôme et l'illettrisme.
On constate aussi à partir d'excellentes études réalisées à l'étranger
sur de gros échantillons de population que les stages d'apprentissage
de la lecture et de l'écriture sont quatre à cinq fois plus efficaces
que tous les autres types de stage de qualification pour remettre
les chômeurs dans le circuit du travail. Or, jusqu'à il y a
peu de temps, ces stages n'existaient pas car ils n'étaient pas
reconnus par l'ANPE !
Un troisième exemple. A côté le l'ANPE et des ASSEDIC ont été
créés toute une série d'organismes administratifs et d'associations
loi de 1901 pour aider les chômeurs à trouver du travail. Pourquoi
?
Si l'ANPE s'avère franchement inutile, diminuons son budget dans
de fortes proportions au profit des PLIE (Plans Locaux pour l'Insertion
et l'Emploi), des PAIO (Permanences d'accueil d'information et d'orientation)
et multiples services ou associations montés directement par de
nombreuses villes et départements pour pallier à l'inefficacité
des procédures précédentes.
Mais surtout si l'on s'aperçoit que les sociétés privées d'"
out placement " ou les sociétés d'intérim sont beaucoup efficaces
que les organismes publics, il faut évidemment étudier les moyens
de bien les utiliser.
En bref, tous les moyens de quantification et d'évaluation des résultats
doivent être mis en œuvre pour apprécier l'efficacité d'une considérable
machine d'aide et de redistribution que personne aujourd'hui ne
semble contrôler.
C'est sans doute à partir de cela que l'on pourra à la fois changer
les structures et changer les hommes chargés de les diriger.
Il est en effet étonnant de constater aujourd'hui que la grande
majorité des organismes publics chargés de l'emploi sont dirigés
par des responsables ayant deux caractéristiques :
- une méconnaissance de l'entreprise car ils n'ont jamais été salariés
ailleurs que dans le secteur public ou parapublic,
- une méfiance fondamentale - quand ce n'est pas une hostilité
- envers l'institution entrepreneuriale et patronale.
Autrement dit, on charge des hommes qui ne croient pas à l'entreprise
de réinsérer des hommes dans l'entreprise !
Peut-être y a-t-il au contraire de nouvelles dépenses à faire
pour recruter des travailleurs sociaux très qualifiés et pour former
tous ceux qui souhaitent s'adapter aux nouvelles pauvretés et aux
nouvelles méthodes d'insertion.
Les travailleurs sociaux ont un métier très difficile, qu'il faudrait
de plus en plus individualiser. Les former, les encourager, les
motiver est un impératif . 9
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