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Mardi
26 février 2008 page 23
Correspondance économique
PROBLEMES D'ACTUALITE
Huit réformes juridico-financières
"gratuites" pour arrêter la crise du logement,
Selon Héritage & Progrès Une "note d'étape" sur les risques d'une
crise du marché du logement et sur les mesures à prendre pour y
remédier vient d'être remise par un think tank spécialisé dans la
politique de l'urbanisme et du logement, Héritage&Progrès, présidé
par M. Christian JULIENNE.
Nous publions ci-dessous une synthèse de cette note construite sur
un constat en trois points :
- L'augmentation des revenus des ménages sur les dix dernières
années est en valeur réelle de l'ordre de 1 % par an. L'augmentation
des prix de vente sur la même période en monnaie constante a été
de l'ordre de 7 %, la hausse des loyers de 3,5 %.
La désolvabilisation des acquéreurs a été compensée par la baisse
des taux d'intérêt et l'allongement de la durée des crédits.
Ces deux facteurs de solvabilité ont maintenant disparu. La
crise est donc certaine.
On en ressent déjà les effets.
Le parc HLM connaît une mobilité résidentielle
réduite : 8 à 9 % contre 30 à 33 % dans le secteur privé.
Parallèlement les organismes HLM vivent
de plus en plus du produit de leur parc et de sa rénovation. Ils
ont perdu l'habitude de construire et particulièrement en accession
sociale à la propriété.
En concentrant sa politique sur les 15
% de revenus les plus faibles, le logement social et la recherche
de moyens permettant de respecter la loi DALO (Droit opposable au
logement), la ministre du logement se trompe de cible.
C'est en créant de l'abondance à tous les niveaux que l'on trouvera
des solutions pour les plus pauvres.
Si l'on trouve partout des voitures d'occasion d'une qualité convenable
à 1000 euros, c'est parce que l'on trouve une abondance de véhicules
neufs entre 6000 et 40 000 euros.
Le seul moyen de stabiliser ou de réduire les prix des logements
et des loyers c'est la réduction du prix du foncier.
Or ceux-ci n'ont aucune chance de baisser sans une réforme profonde
de l'urbanisme.
C'est ce qu'a bien compris le Président de la République et son
entourage en demandant une loi d'habilitation rapide pour refondre
totalement le code de l'urbanisme dans un sens beaucoup plus libéral
susceptible de créer une véritable abondance foncière.
Dans ce contexte, Héritage&Progrès propose
huit réformes, qui ne coûtent rien à l'Etat mais exigent un effort
intellectuel et un travail juridique de fonds que les services des
deux ministères intéressés peuvent parfaitement réaliser si une
volonté politique forte l'exige.
Quatre réformes de l'urbanisme :
1. Créer un nouveau mode d'aménagement des terrains en associant
les propriétaires de terrains aux élus dans une formule partenariale.
Seul moyen pour les communes d'aller vite, de créer de nouveaux
terrains constructibles et de financer les équipements nécessaires.
Mardi 26 février 2008 page 24 Correspondance économique 2. Simplifier
la procédure de révision des POS (plan d'occupation des sols)
et PLU (Plan local d'urbanisme) pour créer des constructibilités
de terrains significatives sans remettre en chantier l'ensemble
du document, ce qui exige trois à cinq ans de travail. Réduire en
attendant le blocage des sursis à statuer.
3. Le droit pour tous les propriétaires d'agrandir ou de surélever
leur maison sur simple autorisation de travaux (pour accueillir
ses vieux parents, disposer de chambres pour enfants et petits-enfants,
réaliser des chambres d'hôtes etc.). Dans le même esprit, autoriser
partout, en agglomération, une meilleure densification.
4. Permettre la transformation de tout bâtiment existant -
grange, bâtiment agricole ou professionnel - en logement (avec création
de portes et fenêtres) sur simple autorisation de travaux. En respectant
bien sûr Code Civil et RNU.
Deux réformes financières :
5. Permettre aux entreprises de constructions privées de réaliser
des immeubles de logements sociaux en bénéficiant des mêmes avantages
financiers et fiscaux que les HLM et en respectant les mêmes
contraintes de prix et de revenus.
6. Généraliser le PASS (Prêt d'action social) foncier, pour l'individuel
comme pour le collectif. Intégrer l'accession sociale à la propriété
dans les 20 % de logements sociaux puisque les acquéreurs bénéficiant
des prêts d'accession sociale ont les mêmes revenus que les locataires
HLM. Motiver de ce fait les élus à développer cette formule.
Deux réformes du secteur HLM :
7. Dans le même esprit que la loi de 48, créer un nouveau bail
pour les logements sociaux loués à partir de janvier 2009 :
les logements neufs (50 000) et les logements libérés (300 000),
seul moyen de disposer pour les ménages très prioritaires d'un volant
important. Le maintien dans les lieux subsistera dans le parc ancien
(avec surloyer plus important), mais le
nouveau parc deviendra aussi mobile que le parc privé.
8. Créer un véritable droit des locataires d'HLM à acheter leur
logement avec une très forte décote prenant la forme d'une capitalisation
d'une partie des loyers payés depuis l'origine.
Ces huit réformes sont actuellement à l'étude dans les cabinets
ministériels intéressés et notamment à la Direction du Cabinet du
Président de la République.
Il est possible, selon Héritage & Progrès, que la majorité d'entre
elles "fassent l'objet d'une annonce officielle avant les municipales.
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