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Quelques mots du Président :

Une démocratie vivante, des libertés politiques réelles, la défense de l'entreprise privée, l'enrichissement des citoyens et des entreprises par la réduction de la dépense publique, c'est le but du laboratoire d'idées
Héritage
&Progrès,
"Think tank" et organisme de lobbying de la société française.

 

 

La Société Civile veut être mieux entendue du pouvoir politique.
Celui-ci doit être son serviteur et avoir pour seul souci d'améliorer la vie individuelle et collective de ses citoyens. Constater les dysfonctionnements, proposer des solutions, tout en faisant fructifier 25 siècles de civilisation,
c'est aussi le but d'Héritage&Progrès

 

Editorial Janvier - Février 2012

Réflexions un peu désabusées sur les élections présidentielles.

Tandis qu’un certain nombre de gens sérieux et d’hommes croyant à l’importance de la politique travaillent sur des programmes électoraux et tentent de soumettre des idées aux grands candidats, il est difficile de bannir un certain scepticisme lorsqu’on observe depuis quelques dizaines d’années la vie démocratique européenne.

Un des grands professeurs de l’Institut d’Etudes Politiques, dans les années 60, Raoul Girardet avait écrit un ouvrage loin d’être périmé sur les grandes mythologies politiques. Ouvrage à relire car l’on sait bien qu’une élection ne se gagne ni sur un bilan, ni sur un programme.

C’est sur une personne et sur la mise en valeur de sa mythologie que se fait le vote.

La personne : inspire-t-elle la confiance ? La force ? La capacité de résistance ? La résilience ? L’énergie ? Inspire-t-elle aussi la sympathie et ce minimum d’homogénéité avec le Français moyen qui permet à chacun de s’identifier au candidat ou non ? C’est de la réponse à ces questions que dépendra le vote, cent fois plus que de tous les programmes économiques et sociaux affichés par les candidats.

Car les Français ne sont pas sots. Il y a longtemps qu’ils ne croient plus aux programmes dont chacun sait qu’ils ne sont faits que pour ceux qui les écoutent.

Le facteur essentiel est celui de la mise en valeur des mythes. Les grands mythes politiques sont toujours les mêmes : l’homme providentiel (De Gaulle, Pinay, Mendès, Delors, hier DSK et demain quelques autres).

L’union sacrée.

L’appel au peuple et au référendum.

Les mythes négatifs ne manquent pas : contre les milliardaires du CAC 40, contre les complots de Davos, de New York ou d’ailleurs, contre la finance internationale, contre la Ploutocratie anglo-saxonne, contre l’ultralibéralisme, contre le socialo-communisme, contre l’impérialisme chinois, etc.

Les mythes positifs, plus rares dans les périodes de pessimisme, peuvent aussi ressurgir rapidement : réduire de moitié les fonctionnaires et les impôts, donner à chacun un minimum vital élevé pour relancer la consommation, supprimer tout impôt sur l’épargne et l’investissement pour relancer l’économie et la réindustrialisation…

Nul doute que ces mythes vont ressurgir rapidement : ils sont d’ailleurs déjà en route depuis la refondation d’un nouveau capitalisme par Nicolas Sarkozy à Toulon, jusqu’au combat engagé par François Hollande avec la finance internationale.

Et puis quelques grands mots-clés font toujours vibrer les foules : l’égalité en France, la liberté aux Etats-Unis, la fraternité partout.

De même, n’ayant aucune solution pour réindustrialiser la France, nous allons entendre à longueur de semaines des hymnes à la recherche, à l’innovation, à l’éducation, à la formation, etc., etc.

Mythologie et travail autour de l’image du chef sont donc les deux mamelles de la campagne présidentielle.

Tout cela est intéressant à observer par  ceux qui s’intéressent aux techniques de communication et aux sciences politiques. Mais c’est aussi un peu désespérant pour les gens sérieux qui savent qu’une agitation vaine et coûteuse va déferler sur le pays durant cinq mois tandis que les questions de fond seront soigneusement évitées.

Ces questions de fond quelles sont-elles ? La première est la plus importante de toute : faut-il rester dans l’euro ou non ? La question peut être posée autrement : l’euro va sans doute sauter de lui-même : quelle politique doit-elle être appliquée dans ce cas : retour aux monnaies nationales, création de deux euros par deux groupes de pays ? Retour au panier de monnaies conçu par Giscard d’Estaing ? Autres solutions ?

La seconde question de fond est celle de la préférence européenne, inséparable d’ailleurs de la préférence nationale. Qui en parle ?

Troisième question : celle de la Banque Centrale et celle des banques nationales. Est-ce aux banques de financer les Etats par le biais des bons du trésor à court, moyen et long terme ? Ou est-ce aux banques de reprendre le rôle qu’elles ont rempli entre 1950 et, selon les pays, quelques dizaines d’années plus tard ?

L’inflation est-elle définitivement bannie et strictement cantonnée à moins de 2 % ou représente-t-elle au contraire une des solutions à la dette ?

En observant la politique française entre 1945 et 1980, les politiques chinoise et indienne, les stratégies de plusieurs pays émergents d’Amérique du Sud et d’Asie, il est clair que des politiques très diverses sont possibles. Or, pour l’instant, les trois grands candidats crédibles – Sarkozy, Hollande ou Bayrou – proposent rigoureusement la même politique et l’on ne voit vraiment pas ce qui les différencie. Si l’on veut effectivement une Europe ouverte à la mondialisation, une fédération des dettes des pays peu raisonnables, un refus catégorique de l’inflation, un financement des Etats par les banques, on ne voit pas quel miracle provoquera une politique différente entre les trois grands candidats.

C’est pourquoi cette campagne électorale démarre de façon si floue et si abstraite, c’est pourquoi le refus de prendre en compte le réel va renforcer chaque jour davantage l’émotif, le mythologique, le passionnel.

Le réel se vengera peut-être avec une crise économique ou financière majeure qui viendra tout bouleverser avant le mois de mai. C’est pourquoi les résultats de cette élection sont très loin d’être acquis. C’est pourquoi les sondages sont encore peu fiables aujourd’hui.

Editorial Décembre 2011

  • La dette
  • Le Plan B
  • L’emploi et la réindustrialisation
  • Le nucléaire
  • La SNCF
  • La formation des jeunes
  • N’ayons pas peur du monde de demain

Ne pas verser dans le pessimisme, c’est une obligation à la veille de Noël, c’est un devoir en toute circonstance car ajouter le pessimisme aux difficultés ne résout rien et ne fait que renforcer l’inquiétude. Si nous avons énuméré quelques sujets majeurs dans l’actualité de ce début décembre, c’est d’abord parce que, sur chacun d’eux, la classe politique paraît étonnamment impuissante et semble refuser tout à la fois d’afficher des solutions et d’afficher cette impuissance.

Editorial Novembre 2011

Crise de la dette : le plus grave c'est l'absence de plan B

Tandis que les chiffres voltigent par milliards et centaines de milliards d’euros pour évaluer les besoins de la Grèce, de l’Espagne, de l’Italie, de la France, le plus grave nous semble la totale absence d’imagination des dirigeants politiques pour prévoir des solutions alternatives aux problèmes posés actuellement.

Ces solutions ne doivent évidemment pas être mises sur la place publique sous peine d’attirer une réaction immédiate des marchés. Il faut donc constituer des groupes d’experts pour les étudier de façon très confidentielle. Il y aura nécessairement quelques fuites mais on peut les mettre sur le compte d’économistes irresponsables et non pas des gouvernements.

Pourquoi étudier un ou plusieurs plans « B » ? Parce que les menaces économiques et politiques qui pèsent sur l’euro sont évidentes et que la probabilité de voir un ou plusieurs Etats sortir de la zone est aujourd’hui très forte.

Il faut donc à la fois étudier les conditions politiques et économiques de sortie de la zone, ne serait-ce que l’impression des billets et des pièces d’une nouvelle monnaie. Il faut surtout étudier des variantes aux remboursements secs des emprunts contractés : comment restructurer la dette à 20, 30 ou 40 ans ? Comment recréer une inflation modérée et jusqu’à quel niveau ? Comment restructurer nos Etats pour réduire drastiquement les dépenses, ce qui semble impossible à réaliser dans les structures actuelles.

C’est ainsi qu’un groupe d’une dizaine d’économistes allemands vient de remettre à Mme Merkel ses conclusions. Elles n’engagent qu’eux-mêmes mais elles sont une des pistes que peut travailler le gouvernement allemand.

Rien de tel en France, ni à gauche ni à droite. M. Hollande colle à la politique de fédéralisme européen et donc à M. Sarkozy. Si les électeurs comprennent qu’il y a là deux politiques différentes, ils sont particulièrement doués de finesse politique ! Car si l’on défend l’euro dans les mêmes termes et avec les mêmes moyens, je ne comprends pas où peut se situer une différence dans la politique économique et financière. Hollande et Sarkozy même combat : ce devrait être maintenant le slogan de l’union nationale pour une Europe fédérée que semblent souhaiter Nicolas Sarkozy, François Hollande et François Bayrou. Seuls Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon et hier Arnaud Montebourg envisagent des solutions alternatives mais avec une extrême prudence et peu de précisions.

Pourtant ce n’est pas la principale mais pratiquement la seule question qu’il faut se poser au moment où la crise financière ne cesse de se développer.

Socialistes keynésiens et libéraux conservateurs ou marginalistes sont tous d’accords pour considérer que des plans de rigueur vraiment efficaces et permettant de rembourser les dettes européennes conduisent nécessairement au maintien d’un chômage de masse et d’une décroissance modérée mais longue.

La solution préconisée par la plupart des grands leaders politiques est celle d’une Europe fédérale. Cette solution qui semble raisonnable et responsable nous semble au contraire irréaliste et peu responsable. Si l’euro n’était pas adapté à une zone économique non homogène, le fédéralisme l’est encore moins pour 20 ou 25 Etats qui ne constituent pas une zone politique homogène. Et d’ailleurs un référendum populaire ne conduirait certainement pas à cette solution.

L’urgence est plus que jamais à l’élaboration d’un plan B à droite comme à gauche. Ce qui n’empêche pas, en attendant, de faire des économies sur un grand nombre de dépenses publiques parfois absurdes. 66