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Quelques mots du Président :

Une démocratie vivante, des libertés politiques réelles, la défense de l'entreprise privée, l'enrichissement des citoyens et des entreprises par la réduction de la dépense publique, c'est le but du laboratoire d'idées
Héritage
&Progrès,
"Think tank" et organisme de lobbying de la société française.

 

 

La Société Civile veut être mieux entendue du pouvoir politique.
Celui-ci doit être son serviteur et avoir pour seul souci d'améliorer la vie individuelle et collective de ses citoyens. Constater les dysfonctionnements, proposer des solutions, tout en faisant fructifier 25 siècles de civilisation,
c'est aussi le but d'Héritage&Progrès

 

Editorial Mai 2008


Hyper Président ou grand patron

Dans le monde de l'entreprise, on connaît bien les conditions de réussite d'un grand patron
- 1 avoir une vision prospective claire,
- 2 savoir s'entourer des meilleurs dans chaque domaine, commercial, financier, juridique, technique...,
- 3 savoir déléguer, c'est-à-dire faire confiance, féliciter, accepter les erreurs inévitables des collaborateurs capables de prendre des risques.
Dans le monde politique les conditions du succès sont les mêmes.
La vision prospective défendue par le candidat Nicolas Sarkozy a séduit dès le premier tour une proportion inattendue des électeurs - 31 % et au second tour plus de 53 %.
Certes le talent oratoire du candidat y était pour quelque chose, comme d'ailleurs quelques discours sur le pouvoir d'achat, l'éducation et la recherche que la situation financière ne permettait pas de mettre en œuvre.
Il reste que, pour l'essentiel, la vision des réformes nécessaires et l'esprit libéral qui y présidaient, étaient clairement exprimés.
C'est ainsi que les Français l'ont perçu et que malgré quelques impairs, vite pardonnés, ils ont donné au nouveau chef de l'Etat un niveau de confiance très élevé jusqu'en février.
Ce qui semble malheureusement aujourd'hui clair, c'est que les deux autres conditions, le choix des hommes et surtout la capacité à déléguer, ne sont pas au rendez-vous.
Un gouvernement se compose certes en fonction des apports personnels de chacun pendant la campagne électorale et du poids électoral des tendances. Mais sur les 34 ministres et secrétaires d'Etat, il est indispensable que les postes clés soient donnés à des responsables d'une compétence incontestable et que, pour les autres, la solidité des membres des cabinets puisse suppléer à quelques insuffisances.
Mais là n'est pas l'essentiel.
C'est dans la délégation de pouvoirs et dans la capacité à faire faire que l'expérience d'une année semble hélas peu concluante.
Et l'on ne voit pas comment remédier à une situation qui est la marque très profonde d'un caractère.
Le président, comme un grand patron, doit savoir déléguer et faire confiance pour travailler efficacement avec une douzaine de personnes :
- le premier ministre,
- le président du groupe parlementaire,
- le chef du parti politique majoritaire,
- les cinq à six ministres clé de l'équipe gouvernementale et
- les cinq à six membres clé de son cabinet.
Il doit savoir aussi choisir parmi ceux-ci les hommes capables de s'abstraire du phénomène de cour pour l'informer avec franchise sur les évolutions de l'opinion et du monde économique et politique.
La méthode de travail de notre président est très éloignée de ce mode de gestion de l'entreprise France.
Et son caractère spontané, impulsif, fougueux, conforte sa méthode.
On ne répond pas à une grève d'enseignants, à la télévision, une heure après la dissolution du cortège.
On ne demande pas à chaque enfant du primaire d'adopter un enfant juif assassiné sans avoir pris le temps d'en parler à quelques responsables concernés comme Simone Veil.
On ne décide pas la suppression de la publicité dans l'audiovisuelle publique sans avoir décidé du financement de remplacement.
Un président de la République ne prend pas parti sur les travaux à faire sur la ligne A du RER !

Il est vital que le Président cesse de s'occuper de tout, ce qui a pour conséquence de brouiller les perspectives, d'obscurcir l'horizon et de faire disparaître les priorités.
55 réformes, ce n'est ni trop ni trop peu, ce n'est plus rien, tout simplement parce que la plupart d'entre nous ne comprennent plus où l'on va et qu'on ne peut motiver les hommes sans perspectives.
Le numéro du Point, daté du jeudi 29 mai 2008, consacre une vingtaine de pages à la psychologie de notre Président. Une dizaine d'articles à consommer avec modération car la psychanalyse n'est pas une science exacte.
Toutefois la convergence de tous ces commentaires conduit à un constat assez clair. 45

Editorial Avril 2008


Il n'est pas simple de prévoir ce que sera la situation française dans un an.
Qui aurait pu prévoir en 1957 le retour du général de Gaulle ? ou en 1967 l'arrivée de mai 1968 ?
Nicolas Sarkozy est au plus bas dans les sondages depuis maintenant près de trois mois.
Il peut certainement rebondir pour trois raisons :

- d'abord parce que c'est un grand professionnel,
- ensuite parce que les Français savent que la plupart des réformes prévues sont indispensables,
- enfin parce qu'il n'existe aucune solution à gauche.
Mais quand ?
Occulter l'essentiel de sa vie privée est indispensable : c'est fait.
Revenir à une certaine distanciation dans l'exercice de la fonction présidentielle est nécessaire : c'est en cours.
Mais attention, il risque d'y perdre du naturel et de la proximité comme il en a déjà perdu en remplaçant des allocutions spontanées sans notes, souvent convaincantes, par la lecture de discours préparés.
On ne change pas de personnage sans dommages.
Le problème de fonds est d'abord un problème de pédagogie et de communication.
La pédagogie des réformes est absolument indispensable. Trop de rapports sont pris pour des projets. Trop de projets sont annoncés de façon imprécise et inquiétante. Trop de détails - souvent faux - sont mis en valeur par une presse toujours prête à critiquer. Trop de véritables réformes, fondamentales pour l'avenir, ont été noyées par des annonces trop nombreuses.
Il faut remettre de l'ordre dans l'ensemble du projet gouvernemental pour rassurer les Français.

Les réformes engagées sont pourtant considérables mais ne donnent aujourd'hui que des résultats infimes :
-la réforme des régimes spéciaux des retraites est faite. Elle a coûté cher en concessions faites à la CGT.
On en sentira les résultats dans trois ans.
-L'autonomie des universités est votée mais aucune méthode de sélection des étudiants n'a été mise en place et les droits d'inscription restent nuls. La débureaucratisation du corps enseignant n'est pas entamée.
-Le plafond fiscal à 50 % est en vigueur mais l'impôt sur la fortune n'a pas été supprimé.
On ne sait donc pas encore si la fuite des capitaux va cesser, encore moins si les milliers de gros revenus qui ont quitté la France ont l'intention d'y revenir.
- La carte judiciaire a été réformée comme la carte hospitalière le sera certainement dès cette année et sans doute aussi la carte militaire. Les inconvénients de ces deux mesures sont frappants ; par contre leurs avantages ne se verront que dans les budgets 2010/2011.
- La fusion UNEDIC - ANPE est faite. Mais la lourdeur administrative des structures ne permettra guère une amélioration radicale de la recherche d'emploi avant un an ou dix-huit mois.
Des réformes considérables sont en cours dans le domaine des relations du travail et de la représentativité syndicale. - -Enfin, les premières mesures de la révision des politiques et des dépenses publiques sont annoncées pour le budget 2009.

Toutes ces réformes sont impopulaires dans la mesure où elles n'apportent aucun revenu dans le portefeuille des Français tandis que la dette publique continue d'augmenter et que les budgets de l'Etat, des collectivités locales et de la Sécurité Sociale restent très déficitaires.

Tenir un an et plutôt dix-huit mois sur la même ligne de réforme alors que la conjoncture économique se ressent nécessairement de la crise monétaire mondiale, c'était une tâche facile avec 60 % d'opinion favorable, ce sera évidemment beaucoup plus difficile avec 30 %.
D'autant qu'au malaise populaire s'ajoute le malaise des élites économiques et politiques qui s'inquiètent d'un mode de gouvernance peu cohérent.
Dans un pays démocratique on a besoin de partis politiques forts, de parlementaires appuyant et contrôlant le gouvernement, d'un premier ministre chef d'équipe et d'un Président conduisant l'ensemble.
Or, aujourd'hui, le parti politique, sans chef, est muet. Le Premier Ministre a un rôle effacé, le président et son cabinet s'occupent de tout sans être en prise directe, comme aux Etats-Unis, sur une équipe gouvernementale. La troïka du pouvoir n'est pas manifeste. L'urgence est de la rendre visible. 44


Editorial Mars 2008

Crise financière mondiale et élections municipales françaises

Les Français accordent une telle importance au pouvoir politique - beaucoup plus d'ailleurs qu'à la démocratie - que la journée du lundi 17 mars a vu la presse écrite comme la radio et la télévision, consacrer la totalité des ses éditoriaux et la quasi-totalité de ses premières pages aux résultats des élections municipales.
Dans la même matinée, les gouvernements américain et britannique, la Banque Européenne, le gouvernement japonais organisaient des réunions de crise avec leurs ministres des finances et les meilleurs experts, pour étudier en extrême urgence les moyens de faire face à la crise financière mondiale.
On n'attendait certes pas que la crise financière couvre la moitié des premières pages.
Mais qu'elle soit totalement absente (à l'exception d'une colonne sur cinq dans Le Monde) en dit long sur le nombrilisme de la presse française.

Une crise financière mondiale.
Depuis un an, les banques et compagnies d'assurances distillent trimestre après trimestre des informations concernant leurs risques sur les crédits hypothécaires et les dépréciations nécessaires.
Ces entreprises ont confirmé de début février à aujourd'hui 20 mars 2008 la gravité de leur situation.
En regroupant simplement les informations financières " grand public " données par Les Echos, La Tribune et d'autres, on évalue aujourd'hui les pertes de ces entreprises à :
- Banques américaines 215 milliards de dollars ... 145 milliards d'euros
- Banques européennes ... 81 milliards d'euros
- Compagnies d'assurances et de réassurances américaines ... 40 milliards d'euros
Total : 265milliards d'euros
C'est seulement aujourd'hui que l'on commence à se préoccuper de la situation des assureurs et des réassureurs.

Ces chiffres ont peu de signification si on ne les compare pas à d'autres grandeurs.
265 milliards c'est à peu près le total des impôts prélevés en France par l'Etat et les collectivités locales, y compris les cotisations sociales : 290 milliards en 2006.
Toutefois, ces chiffres ne tiennent pas compte des besoins financiers, beaucoup plus importants, qui risquent de se produire avec les prêts aux entreprises consentis ces dernières années à des conditions défiant toute prudence.
Ces crédits, comme ceux de l'immobilier, ont été titrisés et ont été à l'origine d'autres produits dérivés de ces crédits titrisés.
Si les crédits immobiliers ont donné naissance à 241 milliards de dépréciation, il est possible que des sommes non pas équivalentes mais supérieures apparaissent au fur et à mesure de l'année 2008 lorsque les crédits bancaires vont se réduire et laisser apparaître, en raison de la défaillance des entreprises, les mêmes effets que le crédit hypothécaire.

Ceci avec trois conséquences :
- une forte baisse de la valeur du dollar passée de 1 euro en 2001 à 1,60 euro le 17 mars 2008.
- une baisse parallèle des réserves monétaires mondiales puisqu'aujourd'hui, 60 % des réserves des banques centrales sont en dollars contre 27 % en euros, 5 % en yens, 8 % en francs suisses et en livres sterling réunis.
- une réduction dans l'avenir des crédits au commerce et à l'industrie, comme de l'ensemble des crédits à la construction.
Toutes les conditions d'une crise mondiale sont réunies.
Certes les banques centrales savent y faire face mais à quel prix à court terme et avec quelle perspective à moyen et long terme ?
N'oublions pas la stagnation de l'économie japonaise durant 7 ou 8 ans malgré un taux de la banque centrale voisin de 0 %.

Pourquoi rappeler la gravité de cette situation ? Tout simplement parce que le Président de la République avait parfaitement compris dans l'année précédent les élections que l'augmentation du pouvoir d'achat ne pouvait venir que de la croissance et que celle-ci était totalement liée à des réformes structurelles profondes.
La crise actuelle mondiale ne l'y aide pas.
Peut-il encore réaliser ces réformes dans le contexte d'impopularité qui est le sien et après des élections municipales qui ont montré un évident virage à Gauche et, plus encore, une désaffection certaine du corps électoral manifesté par l'abstention ?
Nicolas Sarkozy a montré dans le passé qu'il était un formidable " animal " politique. Il a bien sûr parfaitement compris d'où venait sa baisse de popularité. La pente ne sera pas facile à remonter mais elle peut l'être.
On ne peut que souhaiter sa réussite car il n'existe aucune autre solution à moyen terme.
Soutenir le Président et le gouvernement, c'est soutenir les réformes indispensables pour adapter la France à la concurrence internationale, réduire la dette et le chômage et reprendre avec l'équilibre budgétaire les moyens de relancer l'investissement.43


Editorial Février 2008

Après huit mois de gouvernement les Français sont-ils mécontents ? Oui.

Une série de sondages portant sur deux périodes successives de 2 et 3 semaines a constaté une chute de confiance envers le Président de la République, variant de 15 à 20 %.
A ce stade, il est absolument inutile - et dangereux - de mettre en avant des explications du type
- " les réformes engagées n'ont pas encore donné de résultats ",
- " la presse est responsable d'une campagne sur le pouvoir d'achat sur lequel le Gouvernement n'a pas de prise ",
- " les médias sont responsables d'une exposition excessive de la vie privée du Président "...
Ces explications valent ce qu'elles valent : bien peu de choses.

Il y a deux raisons et deux raisons parfaitement claires à la chute de la côte de confiance du Président :
1. les axes essentiels du projet de réforme présidentiel sont devenus quasiment illisibles en moins d'un mois. Trop de réformes tuent la réforme ;

2. la vie privée du Président, surexposée, apparaît aux Français comme très éloignée de la leur.
Le projet de réforme présidentiel est devenu quasiment illisible en un mois.

Lors de notre dernier éditorial, nous avions voulu montrer l'importance et la cohérence des réformes autour de douze lois ou décrets pris en 2007 et de six chantiers dont on savait qu'ils allaient s'ouvrir dès le premier trimestre 2008.
Cela faisait déjà beaucoup et nous avions bien noté que toutes ces mesures étaient parfois incomplètes et constituaient de simples cadres à remplir ultérieurement.
Deux éléments ont depuis brouillé les cartes au lieu d'éclaircir le paysage : la conférence de presse du Président et le rapport Attali.
Au cours de sa conférence de presse, Nicolas Sarkozy a fait un exposé trop long - près de 50 minutes - en ne laissant aux journalistes que le même temps, ce qui était insuffisant lorsqu'on invite 300 personnes. 20 questions posées équivalent à 280 personnes frustrées.
De plus, sur le fonds, le discours du Président a été peu compréhensible.
Les Français sont prêts à accepter toutes les réformes si elles sont clairement exprimées autour d'idées fortes qui les concernent clairement :
- comment améliorer leur situation et leur revenu,
- comment améliorer le destin de leurs enfants :
- Diminuer un endettement insupportable qui conduit bientôt à faire du paiement des intérêts le premier budget de l'Etat et interdit les investissements productifs (l'Etat en faillite).
- Augmenter les salaires et réduire massivement le chômage en conduisant une vraie politique de croissance à 3 % ou plus (la réforme aujourd'hui pour la croissance demain).
Tous les chefs d'entreprise savent bien que, pour faire adhérer l'ensemble des salariés à une politique, il faut et il suffit d'expliquer longuement et clairement les axes de cette politique, de répéter ces explications et de montrer les perspectives positives attendues. Au lieu de cela, nous avons entendu des propos relativement hétéroclites que, sur les conseils d'Henri Guaino, le président a articulé autour d'un thème intellectuel particulièrement fumeux " La politique de civilisation ".
Citer Victor Hugo, Jaurès, Blum, Mendès-France, Pinay ou de Gaulle est toujours utile.
Citer Edgar Morin, intellectuel particulièrement abscons, ancien communiste resté résolument socialiste, auteur récent de trois volumes hermétiques destinés à montrer que notre société est complexe et que, par conséquent, aucune solution n'est simple, c'est courir à la catastrophe.
Pour afficher un haut niveau de réflexion philosophique et sociologique, M. Guaino aurait peut-être intérêt à s'appuyer davantage sur Alexis de Tocqueville que sur Edgar Morin.
L'idée " pompeuse " de politique de civilisation est à cent lieues des préoccupations des Français et notamment des cadres qui ont massivement voté Sarkozy :
réduire la dette pour pouvoir investir, augmenter la croissance pour augmenter le pouvoir d'achat.

Enfin est arrivé le rapport Attali : " 300 décisions, autour de 20 réformes fondamentales ".
Et là, le Président a commis une erreur certaine en indiquant qu'il approuvait d'emblée l'ensemble du rapport et qu'il en mettrait en œuvre l'essentiel. C'était la phrase de trop.
D'abord parce qu'un rapport s'étudie avec d'être approuvé ou critiqué.
Ensuite, parce qu'aucun rapport n'est à prendre ou à laisser dans sa totalité.
Enfin parce que l'ensemble des réformes doit correspondre dans un pays démocratique non pas à un rapport de techniciens, quelle que soit sa valeur, mais à un programme électoral et à une majorité parlementaire.
Jacques Attali n'a strictement aucune légitimité à dire que son rapport est à prendre ou à laisser. C'est au Président et au Parlement de prendre et de laisser ce qui leur semble souhaitable.

La vie privée du Président, surexposée, apparaît aux Français décalée et très éloignée de la leur.
Les Français - contrairement aux Américains et aux Anglais - ont la sagesse, en règle générale, d'autoriser leurs dirigeants politiques à avoir la vie privée qu'ils souhaitent.
Peu de gens se seraient préoccupés d'une liaison du Président avec telle ou telle femme : c'est son choix.
Par contre, ce qui n'est pas passé, c'est la rapidité d'une part, l'affichage de l'émoi amoureux et du coup de foudre d'autre part.
Les turbulences de son second mariage et l'annonce impromptue du divorce ont déjà surpris. Le " coup de foudre " et le remariage trois mois plus tard ont semblé à beaucoup un signe de jeunesse inquiétant.
C'est sans doute cette question de la vie privée qui empêchera - combien de temps ? la remontée de la confiance, quelle que soit l'efficacité de la politique présidentielle.
" Amour, sur ma vertu prends un peu moins d'empire ", faisait dire Corneille à Eurydice.
Un disque va sortir. Mille journalistes vont reprendre les paroles de chansons qui, comme toutes les chansons, parlent d'amour.
Qu'il le veuille ou non, quelles que soient les précautions prises, le Président s'installe pour un an dans un maelström médiatique où vaudeville et show-biz, vont nécessairement chevaucher en permanence la politique économique et sociale. Elle risque de passer au second plan et de devenir inaudible, comme les deux derniers discours sur l'Europe et sur la politique des banlieues.
Dans le monde qui est le nôtre, le vrai pouvoir appartient aux médias.
Quel dommage !

Pour la première fois depuis l'arrivée du Général de Gaulle et le plan Rueff-Pinay, un président faisait bouger les lignes. Son bilan en neuf mois était déjà considérable.
Une série de réformes réputées impossibles était lancée :
- les régimes spéciaux de retraite,
- le droit du travail et la fin du contrat par consentement mutuel,
- le maintien des jeunes de 16 h 30 à 18 h 30 pour les devoirs à l'école,
- la réduction forte du nombre des fonctionnaires,
- un début d'autonomie des universités, etc.
Les ministres et leurs cabinets avaient des feuilles de route précises.
Une vague législative et surtout une impulsion politique très forte était donnée
.
Il est évident que Nicolas Sarkozy ne va rien abandonner de sa stratégie dans les mois qui viennent. C'est avec anxiété que nous attendons la suite... en misant sur le talent politique indéniable de notre Président. 42



Editorial Décembre 2007


Bilan de l'année 2007 et de sept mois de gouvernement

Les douze années de présidence de Jacques Chirac ont été si routinières que le contraste avec les sept premiers mois de gouvernement Sarkozy en est presque... aveuglant.
Douze grandes réformes ont été réalisées, sept d'entre elles sont partielles ou incomplètes.

Douze grandes réformes...
1. Les deux lois de juillet et de décembre 2007 sur les heures supplémentaires et le rachat des RTT correspondent bien à l'idée simple et vraie que pour gagner plus il faut travailler plus. La critique constatant que les entreprises sont libres ou non de donner des heures supplémentaires reste juste. Mais on constate déjà que sur les fameux " 14 milliards de cadeaux fiscaux ", près de six milliards concernent ces heures supplémentaires. C'est donc que la mesure a été très efficace.

2. La loi sur l'exonération des intérêts des emprunts pour l'accession à la propriété est également une excellente mesure. C'est un relais plus efficace et plus juste qui devrait se développer avec la diminution vraisemblable des niches fiscales Robien et Borloo.

3. Le plafonnement de la fiscalité personnelle à 50 % du revenu doit permettre de freiner considérablement les sorties du territoire provoquées par l'impôt sur la fortune.
Rappelons que cette fuite de capital est de l'ordre d'un milliard d'euros par an.
Si on la diminue de moitié ce sera déjà un très beau résultat.

4. La suppression des droits de succession pour 80 % des ménages est une excellente mesure.
Il ne faudrait pas aller plus loin car le maintien de droits sur les successions importantes est une mesure qui allie justice et efficacité aux yeux de tous les gouvernements de philosophie libérale.

5. La réforme des régimes spéciaux de retraite permettra d'économiser environ 5 milliards d'euros par an, ou plus exactement 4, car les compensations obtenues par les bénéficiaires de ces régimes sont de l'ordre de 1 milliard. L'essentiel était d'unifier le système. Des réformes ultérieures seront alors plus faciles à prendre.

6. La réforme de la carte judiciaire était indispensable. Elle a été menée tambour battant.
Restent à prendre toutes les mesures d'aménagement pour une application juste et proche des citoyens.
Il faut saluer le courage du ministre qui a affronté toutes les professions judiciaires.

7. L'autonomie des universités était une mesure strictement indispensable.
Chacun sait qu'actuellement toutes les écoles, grandes moyennes ou petites, permettent mieux l'accès à l'emploi que des universités surpeuplées, encombrées de faux étudiants et paupérisées...
Il était plus que temps d'adopter cette réforme pour redonner un minimum de valeurs aux diplômes universitaires, en tout cas aux diplômes des meilleures universités puisque la concurrence va enfin s'établir.

8. Une première réforme du Code du travail est passée un peu inaperçue parce qu'elle a consisté à réécrire les textes avec obligation de rendre la loi accessible et intelligible.
Certains textes passent du domaine législatif au domaine réglementaire.
On s'apercevra dès l'an prochain de son importance. Cet énorme travail qui porte sur plus de 2 500 pages n'attendait que le gouvernement pour être examiné au Sénat puis à l'Assemblée.

9. La réforme des minima sociaux a été engagée sur un plan expérimental par la création du Revenu Social d'Activité (RSA) dans vingt-sept départements.
Cette réforme est fondamentale car elle touche environ 1,2 million d'allocataires.

10. Un petit début de réforme de l'assurance maladie a été engagé avec une franchise très limitée et plafonnée annuellement.

11. La fusion des Assedic et de l'ANPE est prête, elle sera examinée au parlement le 8 janvier 2008.

12. L'obligation d'un service public minimum en cas de grèves.
Cette réforme est pour l'instant une simple loi cadre qui demande un règlement détaillé pour chaque entreprise nationale concernée. Elle devrait aussi être étendue à l'école et sans doute à d'autres secteurs.

Douze grandes réformes... parfois incomplètes
Il s'agit bien sûr des trois précédentes, mais aussi de réformes qui passent pour achevées alors qu'elles constituent de simples cadres:
Les régimes spéciaux de retraite devront nécessairement subir d'autres adaptations en même temps d'ailleurs que le régime général.
Elles seront plus faciles puisque les règles de base sont maintenant admises.

La carte judiciaire a été réformée non pas, comme on l'a dit, à la hussarde, mais selon un schéma général que pratiquement tous les ministres précédents avaient approuvé.
Il reste que l'application va demander un travail intense et continu durant au moins deux ans.

L'autonomie des universités n'aura jamais aucun sens si elle n'est pas accompagnée d'un minimum de sélections et d'un coût d'inscription significatif.
Les étudiants considèrent comme normal de payer un permis de conduire 1 500 euros ou plus, et scandaleux de payer 150 euros pour être admis à tous les avantages de l'enseignement supérieur !!!

La fusion des Assedic et de l'ANPE regroupe deux monstres bureaucratiques peu efficaces.
Il reste d'ailleurs à côté les missions locales et diverses associations qui tentent de pallier à ces insuffisances.
C'est tout le système qui doit être revu car le chômage ne baissera pas d'un iota avec cette fusion.


Six chantiers essentiels sont ouverts : ils seront conclus en 2008
1. La réforme institutionnelle. Le comité présidé par Edouard Balladur a remis ses conclusions. Elles feront l'objet en 2008 d'un texte qui devrait en retenir l'essentiel avant d'aboutir à une réforme constitutionnelle à Versailles.

2. La réforme de l'Etat. Pour la première fois, celle-ci n'a été confiée ni à un secrétariat d'Etat, ni à un ministère, mais à la Présidence de la République, le Secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant en portant le poids.
C'était la seule condition pour que cette réforme éternellement repoussée voit enfin le jour.
Vingt-six équipes d'auditeurs mêlant des hauts fonctionnaires et des cabinets privés ont passé en revue l'organisation et les missions de huit ministères avant la fin novembre.
Tous les autres services publics sont en cours d'examen avec l'objectif de terminer en mai/juin. Un premier conseil de modernisation des politiques publiques a eu lieu en décembre. Deux autres suivront.
L'essentiel de la réforme sera connu en juin et le budget 2008 sera fondé sur ces nouvelles données.

3. La compétitivité française et le rapport de Jacques Attali.
Le Président de la République a souhaité que cette étude soit très étendue, couvre tous les aspects de la compétitivité y compris les aspects sociaux et culturels pour aboutir à un rapport ayant la même importance que le rapport Rueff-Armand demandé par le Général de Gaulle en 1958.
Il faut évidemment attendre pour en mesurer l'importance et le caractère pratique.

4. La modernisation du marché du travail.
Dans ce domaine, c'est le MEDEF et les principaux syndicats de salariés qui ont commencé à travailler avant la présidentielle. Ce travail a été poursuivi toute l'année sachant que le Président de la République estimait indispensable d'aboutir à un accord fin 2007 début 2008.
En effet, c'est de la fluidité du marché du travail que dépend en grande partie la baisse du chômage.
Tous les exemples étrangers le montrent.
Or, à la dernière réunion du 7 décembre, tous les syndicats pensaient qu'un accord était possible sous un mois.

5. La politique du logement.
Là encore, le retour à une véritable économie de marché, la réforme du système HLM et la libération d'une offre foncière abondante sont les conditions du développement de la construction.
Dans un discours prononcé à Vandoeuvre courant décembre, le Président de la République a tracé les grandes lignes de la réforme.
La réécriture complète du Code de l'urbanisme ne se fera pas avant 2009. Mais plusieurs réformes de l'urbanisme opérationnel et du secteur HLM seront réalisées en 2008.

6. Un plan Marshall pour les banlieues.
L'intention est évidemment plus que louable, la réalité semble pour l'instant... extrêmement limitée.
Le problème de nos banlieues, et des zones urbaines sensibles, est d'une extrême gravité.
On en connaît toutes les données depuis vingt-cinq ans.
La dernière émeute de Villiers-le-Bel où, pour la première fois, au moins cinq criminels ont utilisé des armes à feu et blessé des CRS et des gendarmes ont rappelé l'urgence du problème. Nous avons déjà dans d'autres chroniques longuement évoqué les questions à traiter. Il faut bien reconnaître qu'aujourd'hui on en est très loin.


Deux contre-réformes ne peuvent avoir que des conséquences négatives et graves
1. Le Grenelle de l'environnement.
Qu'il faille sacrifier à la pensée politiquement correcte, aux grands mouvements d'opinion et à la pression médiatique pour se faire élire, c'est une chose.
Qu'il faille y céder est une autre chose.
Nous ne pensons d'ailleurs pas que le Président de la République et son gouvernement ont tout cédé devant la vague de l'écologisme médiatique. Au contraire, il nous semble qu'avec beaucoup de prudence, la plupart des " décisions " ont été transformées en " orientations " qui seront revues et appliquées avec prudence dans le temps. Il reste qu'en donnant la parole principalement aux adeptes du principe de précaution et à des associations qui ne réalisent aucun travail scientifique sérieux, le gouvernement peut se diriger dans des voies sans issues.
C'est un peu le cas de la loi sur le droit opposable au logement votée sans aucune réforme du système HLM et se heurtant tout simplement à l'absence de logements.
Faudra-t-il demain acheter une grande partie de nos semences et même de notre nourriture à l'étranger parce qu'on aura bloqué la modernisation de notre culture ?
La partie principale de la réduction des gaz à effet de serre vise le bâtiment et les transports.
Dans ces deux domaines, les objectifs ne tiennent aucun compte des prix.
Or chacun sait que, pour parvenir à une très forte réduction de la facture énergétique, le coût du bâtiment doit augmenter d'environ 25 %.
A un moment où le marché du logement est saturé par la hausse des prix des huit dernières années, qui paiera ?
Pour ce qui concerne les transports, chacun sait que le transfert de la route vers le rail est un mythe absolu et que le coût en est rédhibitoire.

2. La suppression du dépôt de garantie versé lors de la signature d'un bail.
La mauvaise tenue du marché de l'investissement immobilier qu'il faut sans cesse relancer par des mesures de niches fiscales plus ou moins arbitraires (Périssol, Besson, Robien, Borloo) tient essentiellement au fait que cet investissement est d'abord risqué et ensuite peu rentable.
En une seule année, 90 à 100 000 décisions de justice sont prononcées pour expulser un locataire. Sur ce total, environ 25 000 accords amiables interviennent et 9 500 expulsions sont réalisées.
Pour tous les autres, soit le chiffre considérable d'environ 60 000, la procédure peut s'éterniser. Elle dure en moyenne deux ans, parfois cinq ans ou davantage.

Chaque propriétaire ayant connu ce type de difficulté et de procédure en parle à dix autres et en décourage autant. Le dépôt de garantie a d'ailleurs un aspect très bénéfique pour le locataire. Lorsqu'un problème intervient sur quelques semaines, et même sur un mois ou deux, le propriétaire cherchera un accord amiable et une solution d'étalement avant de renvoyer le locataire sachant que le dépôt de garantie lui évite de tout perdre.
Même les formules de Locapass et de fonds de solidarité logement qui mutualisent ce dépôt ne sont souhaitables que si le propriétaire perçoit directement la somme demandée.
Sinon, dans un marché dominé par la rareté, on sait bien que le propriétaire s'arrangera toujours pour obtenir un faux dépôt de garantie : deux mois de loyer d'avance, dessous de table, argent au noir, préférences pour les fonctionnaires ou les gros salaires etc... Ce sont toujours les plus pauvres qui en pâtiront. 41

Editorial
Novembre 2007

Politique de la rustine et exigence de vérité.

1 - Un début de retour d'inflation pose le problème du pouvoir d'achat.
Jacques Marseille qui refuse d'édulcorer sa pensée pour quelque raison que ce soit a publié récemment dans Le Point (15/11/2007) un excellent éditorial intitulé " La politique de la rustine ".
Il dénonce ainsi les multiples rallonges de subventions - et donc d'impôts - que l'Etat se sent obligé de faire lorsque des manifestations " un peu rugueuses " se produisent : les marins pêcheurs, la SNCF et les étudiants hier, les fonctionnaires aujourd'hui.
" Cette politique de la rustine, dit-il, légitime les rapports de force parce qu'elle fait croire à tous les Français que ces manifestations violentes suffisent pour décrocher de l'Etat Père Noël les millions et les milliards qui devraient faire l'objet d'expertise un peu plus raisonnée. "
Qui pourra demain condamner ces minorités qui bloquent l'université, les transports, les tribunaux...
" Qui pourra croire que l'Etat est en faillite s'il peut en quelques heures débloquer des sommes qui ne sont pas si dérisoires. "
Sachant par ailleurs que tous les prix vont augmenter puisque non seulement le pétrole mais toutes les matières premières, notamment agricoles, sont emportés par le mouvement de hausse.
Ce mouvement inévitable est par ailleurs très heureux puisqu'il traduit l'accès de la Chine, de l'Inde et de toute l'Asie à la consommation dont profitait hier uniquement l'Occident.
Et Jacques Marseille conclut : " Aux indications de long terme que donne le marché, il n'est en fait qu'une seule réponse possible et légitime : répercuter dans le prix de vente les coûts de revient qu'ils sont amenés à subir du fait de cette nouvelle donne mondiale. L'Etat ferait mieux de changer les pneus fatigués plutôt que de s'acharner à la pose de rustines."

2 - Une seule réponse, réduire la dépense publique et le coût des monopoles.
Mais comment, alors, augmenter le pouvoir d'achat si tous les prix de détail, et notamment les prix les plus courants - alimentation, habillement - s'envolent ?
Il n'y a bien sûr qu'une seule réponse : réduire le coût de l'Etat, des collectivités locales, des monopoles et des ententes.
La France est littéralement " shootée " à la dépense publique : équipements fastueux, grands stades, grandes bibliothèques, grands opéras, grands théâtres publics, grands festivals, grandes manifestations, grandes fêtes, grandes réceptions, grands travaux, grands musées, rien n'est jamais trop grand pour l'Etat, pour nos maires et présidents de régions et de départements.
De plus, les Français qui n'ont guère de formation économique réclament partout la gratuité au nom de la culture, du loisir et du plaisir. Pour les vieux, pour les jeunes, pour les familles nombreuses, pour les familles monoparentales, pour les handicapés, pour toute catégorie signalée par quelques désavantages... autrement dit, pour tous.
Ils oublient naturellement que la gratuité n'existe pas et que tout a un coût.
Ce coût se retrouvera naturellement dans la TVA, dans la CSG et autres RDS, dans les taxes pétrolières, dans la taxe d'habitation ou tous autres impôts qui sont finalement beaucoup moins payés par les riches que par la totalité de la population, même si elle l'ignore.
En outre, il est clair que certains secteurs sont dans une situation de monopole ou d'entente et ignorent ce qu'est la concurrence. C'est aussi le cas de toute une série de professions réglementées qui vont du notariat aux auto-écoles, en passant par une foule d'entreprises, d'agences publiques et d'administrations qui ne vivent que de normes et de réglementations.
Beaucoup attendent avec impatience le rapport Attali sur les blocages de la croissance en espérant que le Gouvernement portera ensuite le fer sur les obstacles recensés.
En attendant, le Président de la République n'a pas voulu d'un budget de rigueur au moment où les réformes de base allaient être réalisées, c'est-à-dire fin 2007 et courant 2008. Sa position est parfaitement compréhensible.
Mais le budget 2009 devra absolument montrer aux Français que l'on ne peut pas avoir à la fois plus de pouvoirs d'achat, plus d'Etat et plus de collectivités locales.
L'année 2009 sera l'année de la rigueur.
C'est maintenant qu'il faut commencer à en faire la pédagogie.
40



Editorial Octobre 2007


Le réveil difficile de la belle endormie.

C'est la France notre belle endormie.
Elle est restée très belle. Les étrangers l'adorent et les Français s'y sentent finalement très bien sauf, sans doute, 15 % de ménages dont les revenus sont trop bas pour suivre le train de la vie sociale courante.
Certes, le niveau de vie n'augmente plus que très faiblement.
Certes, notre belle endormie ne se soucie guère des dettes qu'elle laisse à ses enfants.
Mais enfin, tout cela ne paraissait pas encore assez dramatique pour angoisser la population.
L'inquiétude régnait, sans plus.
Il a fallu les années Chirac marquées par une exceptionnelle inaction, l'échec du référendum européen, la révolte des banlieues en octobre 2005, la réelle stagnation du pouvoir d'achat pour que les Français décident d'un véritable changement politique.
Ce changement s'est incarné dans l'élection de Nicolas Sarkosy.
Sous une forme certes très différente, le vote pour Ségolène Royal et la forte baisse de l'extrême gauche dénotaient aussi ce désir de changement.
Et maintenant qu'il est là, on mesure tout ce qui est à faire, on s'effraye de l'étendue des réformes nécessaires, on s'angoisse des délais et l'on s'interroge déjà sur les résultats des premières mesures avant même leur parution au Journal Officiel.
Car il faut s'attaquer à tout à la fois .
- Au déficit de l'assurance maladie,
- Au déficit actuel des régimes spéciaux et à celui, programmé, du régime général des retraites,
- A l'endettement dont les intérêts représentent le second budget de la Nation
- Au déficit budgétaire
- Au chômage de masse et au faible taux d'activité de la population en âge de travailler
- Aux contrats de travail et à l'ensemble du droit du travail
- A l'investissement des entreprises en très forte baisse depuis dix ans
- A la productivité de la Fonction Publique
- A l'excès des importations provenant de pays hors de tout contrôle social
- A la politique agricole commune
- A l'intégration des immigrés de la première ou de la deuxième génération
- A la rénovation de tout l'urbanisme des banlieues massacrées dans les années 1955/1980
- Au financement des universités et de la recherche
- A l'organisation du primaire pour empêcher 20 % des enfants d'arriver au collège sans la maîtrise de l'écriture et de la lecture.
Et tout cela, dans un cadre international toujours aussi difficile avec les risques des nouveaux états nucléaires (Corée du Nord, Pakistan, Iran), de la puissance grandissante de la Chine, du risque pétrolier mondial, d'une immigration incontrôlable tant que les problèmes de la pauvreté africaines et asiatiques ne seront pas résolus.

Et voilà pourquoi la presse, toujours submergée par le court terme et l'émotion titre chaque matin : mais que fait Sarkosy ?
Sarkosy va trop vite et veut tout faire à la fois.
Sarkosy va trop lentement, il parle mais n'agit pas.
Sarkosy réforme les apparences mais ne s'attaque pas aux réalités financières.
Sarkosy touche à tout mais ne règle vraiment rien.
Sarkosy décide de tout sans consulter... mais non, Sarkosy laisse trop de liberté au Parlement qui ralentit ou modifie trop les textes.

Les libéraux le jugent dirigiste et les dirigistes libéral.
La droite le juge trop sensible à l'ouverture vers la gauche et l'écologie,
la gauche le voit " débaucheur et électoraliste ".

Eh bien, fort heureusement, l'homme paraît blindé. La ligne politique qu'il poursuit semble très claire, on peut l'approuver ou la critiquer mais elle est cohérente :
c'est celle d'un excellent connaisseur de la vie politique qui sait que les réformes échoueront si elles ne sont pas bien adaptées aux circonstances.
C'est " l'anti Turgot ". Turgot nommé Ministre des Finances par Louis XVI avait dans ses cartons dix projets de réformes tous plus importants les uns que les autres. Il n'en a réalisé qu'une et a du quitter son poste très vite car ses projets ne pouvaient être imposés dans une année de disette en pleine révolte des farines et sans l'appui ou du moins la neutralité du peuple et des classes intermédiaires.

Nous sommes dans un régime démocratique où la réforme ne se fait pas sans un certain consensus populaire car les techniques de blocage sont nombreuses, pour ne pas dire innombrables si l'opposition se sent soutenue par la majorité et si elle les utilise toutes : le Conseil d'Etat, le Conseil Constitutionnel, le Parlement et l'obstruction technique des amendements sans oublier l'essentiel : la rue.
Il est vain de recommander à la Presse, prudence, sagesse et raison.
Le dernier numéro de l'Expansion est un bon exemple de l'énervement médiatique.
Rédigé le 15 octobre 2007, c'est-à-dire sept semaines après les quinze jours de vacances du gouvernement, il rédige déjà un cahier spécial sur le bilan provisoire de Sarkosy commenté par François Hollande, François Bayrou et Jean-Pierre Raffarin.
On ne saurait prendre plus de recul et choisir des commentateurs plus objectifs !!!

Peut-on vraiment juger une politique, et surtout dans un climat aussi nouveau avant au moins un an de travail complet, septembre 2007/septembre 2008 ?
Pour notre part, nous traiterons une par une les solutions mises en œuvre au fur et à mesure que les questions sont posées mais en nous gardant d'une appréciation générale ...... sauf si ...39


Editorial septembre 2007


Pour une juste mesure du temps.

Dans toute action humaine il y a un temps pour la préparation, un temps pour l'action, un temps pour la réponse, un temps pour l'analyse des résultats.
Le Président de la République en parlant du prochain budget a évoqué ces quatre temps.
2008, a-t-il souligné, sera une année de transition car on ne refait pas en six mois le budget d'un Etat accoutumé depuis maintenant trente ans au laxisme et au déficit.
De plus, la réforme est déjà difficile à faire passer dans un pays où chacun la souhaite pour les autres mais jamais pour soi. Elle ne peut être accompagnée en même temps d'un plan de rigueur trop strict.
2009, sera la première année fondée sur un budget entièrement nouveau préparé par tout un travail d'audit conduit ministère par ministère.
C'est cette année-là que l'on pourra juger début 2010.

Mais qu'il est difficile d'échapper à l'agitation du microcosme qu'évoquait Raymond Barre et à la fébrilité de la presse quotidienne qui donne toujours l'image d'un nid de fourmis agité par la hure d'un sanglier.
Tandis que les uns critiquent l'agitation excessive du nouveau président, les autres regrettent déjà le 30 septembre que les résultats ne soient pas au rendez-vous !!!
La réforme d'un Etat moderne, c'est le rocher de Sisiphe !
Chacun de nos codes compte mille à deux mille pages. En outre, chacun d'eux se croise avec les codes voisins.
Dans le domaine de la construction il en est au moins trois : le code de l'urbanisme, le code de l'environnement, le code de la construction. Il faut en rajouter deux autres : le code civil et le code des collectivités locales car celles-ci ont maintenant tout pouvoir en matière d'urbanisme.
La mécanique législative est d'une extrême complexité, qu'il n'est d'ailleurs pas toujours souhaitable de réduire car c'est aussi une des conditions de la démocratie, de la protection du droit des citoyens, de la protection de l'opposition.
Il fallait que l'équipe de Nicolas Sarkozy soit déjà formidablement organisée pour avoir pu traduire dans la réalité, c'est-à-dire dans des décrets d'application, une bonne dizaine de mesures législatives extrêmement lourdes prises entre le 3 juillet et le 5 août par un Parlement convoqué en session extraordinaire.
Et l'on ne mesure pas l'étendue du travail effectué dans chaque ministère alors que toutes les équipes n'ont eu que cinq semaines depuis les vacances.
L'action de Christine Boutin, ministre du logement, qui a vu et revu en septembre la totalité des leaders de la profession (plus de 30 syndicats professionnels et combien d'experts !) et bien avancé la réflexion sur sept à huit réformes importantes de l'urbanisme et de la construction en est un bon exemple.
La précipitation est la plus mauvaise des solutions.
Comme les législations de circonstance nées d'une émotion populaire aussi compréhensible que dangereuse. Imaginons la rentrée et que les étudiants soient dans la rue, leurs droits d'inscription ayant été augmentés librement par chaque université! Aurait-on pu lancer dans ces conditions la réforme des régimes spéciaux ?

La phrase de François Mitterrand " Laissez du temps au temps " est véritablement entrée dans la conscience populaire encore qu'elle ait bien mal servi puisqu'elle a laissé au temps le temps de ne rien faire.

Ayons au moins la patience de laisser à Nicolas Sarkozy les quinze mois qui viennent pour entreprendre ce que nous pourrons juger en 2009 qui marquera le vrai bilan de la réforme. 38
Editorial Juillet 2007

Fin du tout politique, début des réalités : combattre le Diable dans les détails.

Depuis septembre 2006, les Français ont signifié à leurs dirigeants qu'ils croyaient au retour de la politique et à la possibilité d'y trouver une solution à leurs intérêts individuels par le biais de l'intérêt collectif.
Pour parler simple, ils ont dit haut et clair que la politique pouvait servir à quelque chose.
Et ils ont voté pour un président élu avec 53 % des voix et le taux de participation le plus élevé depuis 40 ans.
De plus, deux mois après le second tour des présidentielles, tous les sondages accordent au gouvernement un niveau de confiance de l'ordre de 65 %. Ce sont des conditions exceptionnelles pour réussir une véritable politique de rupture et de réformes dont une grande majorité de Français sent qu'elle est nécessaire.
Mais c'est le 3 juillet, ouverture de la session spéciale du Parlement, que tout commence.
Car tout commence vraiment lorsqu'il y a projet de loi, puis décrets d'application, puis circulaires, puis réalités administratives.
Le Diable se cache dans les détails à tous ces niveaux.
- D'abord le projet de loi.
De l'idée développée dans un discours électoral au projet, la distance est souvent grande.
Le projet lui-même doit s'assurer de trois conformités : avec les textes et la jurisprudence du Conseil d'Etat, avec la jurisprudence du Conseil Constitutionnel, avec les directives européennes et la jurisprudence de la Cour de justice.
Ce n'est pas une mince affaire.
- Après passage en commissions et vote de l'Assemblée, les décrets d'application se font toujours attendre. Certes, l'administration peut être pressée, voire bousculée et contrainte mais cela prendra toujours quelques mois plutôt que quelques semaines.
- Enfin viendra le temps des circulaires d'application afin que chacun sache au niveau des départements et des communes, comment les textes doivent être interprétés et appliqués.

On le voit, tout cela est un travail redoutable et l'énergie inlassable déployée par notre nouveau Président ne peut hélas en aucun cas remplacer les centaines ou plutôt les milliers de prudences et de temporisations locales.

C'est tout un pays qu'il faut mettre en mouvement et 25 ans de mitterrandisme et de chiraquisme ne nous ont guère habitués à l'ardeur, à l'audace et à la détermination.
Et c'est pourtant à cette seule aune que pourra être jugée l'action présidentielle et législative. 36


Editorial Juin 2007

Le Parlement et la société civile dans un paysage politique entièrement nouveau.
Le Parlement élu les 10 et 17 juin 2007 comptera une majorité de plus de 400 députés, moins de 160 pour l'opposition. Ce phénomène est entièrement nouveau, même si en 1968 la majorité issue de la dissolution était presque aussi forte.
Quelles que soient les interprétations de ce vote, et notamment du taux d'abstention, il est clair qu'il s'agit d'un soutien total au programme et à la personne du Président de la République.
Si les abstentions ont été fortes, elles confirment que les Français loin d'être inquiets par la personnalité très volontariste de Nicolas Sarkozy lui donnent en quelque sorte un blanc-seing en disant :
" Nous ne sommes peut-être pas vos partisans mais nous acceptons de tester une autre politique, la vôtre. "
Ce vote " présidentialiste " nous fait entrer dans un autre régime, le régime présidentiel.
Nous pensons, pour notre part, qu'il s'agit d'une très bonne orientation mais à deux conditions :
- que le Parlement joue son rôle,
- que la société civile sorte de la faiblesse qui est la sienne en France.

Le Parlement d'abord.
450 députés (chiffre probable, le 11 juin, jour où cette lettre est rédigée) c'est évidemment une majorité très hétérogène.
On y trouve des hommes de tradition planificatrice et constructiviste qui ont fait leur carrière politique au début d'un gaullisme marqué par la puissance de l'Etat, de la haute fonction publique et de l'ENA.
Ces hommes sont souvent plus proches d'une partie du parti socialiste que de la droite traditionnelle.
Un deuxième groupe de parlementaires est au contraire de tradition libérale, certains venant du giscardisme et d'autres de l'UDF.
Deux inter-groupes parlementaires représentaient bien cette tendance : Les Réformateurs animés par Hervé Novelli et Génération Entreprise animée par Jean-Michel Fourgous.
Un troisième groupe de parlementaires vient de la démocratie chrétienne : il s'agit d'une bonne partie de l'UDF ralliée à l'UMP par Pierre Méhaignerie et du nouveau centre qui a quitté François Bayrou.
Un petit nombre de députés représentent encore une quatrième tendance : celle qui s'était vivement opposée au traité de Maastricht et qui avait animé le NON au référendum sur la constitution européenne. Ils sont peu nombreux mais représentent une vraie tendance politique.
Enfin un cinquième groupe se revendique sinon de gauche du moins " du très social " : il va des amis de Philippe Seguin hier à Christine Boutin aujourd'hui.
S'ajoutent à ce panorama d'autres clivages liés aux hommes : les premiers fidèles de Nicolas Sarkozy, les derniers fidèles de Jacques Chirac, les proches d'Alain Juppé, de François Fillon, de Dominique de Villepin...
Difficile aujourd'hui de prévoir ce que souhaiteront le Président de la République et le Premier Ministre.
Pour nous, il nous semble indispensable de créer une " respiration parlementaire " très forte redonnant à l'Assemblée Nationale des pouvoirs qu'elle a totalement perdus avec la constitution de 1958.
Ces pouvoirs doivent être clairement affirmés dans une réforme constitutionnelle.
Ils doivent aussi s'exprimer par la création de " courants ", qu'on leur donne ce nom ou qu'on les appelle autrement.
L'essentiel est qu'il existe dans cette énorme majorité des tendances qui expriment clairement la diversité des électeurs et donc des Français.
Il faut, à l'UMP, une droite, un centre et une gauche pour reprendre les images traditionnelles.
Gageons d'ailleurs que nombre de personnalités du centre et de la gauche rejoindront cette majorité car cinq ans c'est long et dix ans plus encore.

Pour une société civile forte.
La société politique tient en France une place considérable, tradition hélas très ancienne dont Tocqueville a montré dans " L'ancien régime et la révolution " qu'elle existait bien avant les années 89/99 et le centralisme napoléonien.
Le groupe formé par le gouvernement, les cabinets ministériels, les hauts fonctionnaires et responsables des grandes agences publiques est le cœur de cette société politique que le Parlement est censé contrôler mais qui, en fait, s'y identifie. Et ce d'autant plus que les parlementaires sont le plus souvent présidents de conseils généraux, maires de grandes villes, présidents de régions et qu'ils s'appuient eux aussi sur les quelques 2 millions de fonctionnaires territoriaux.
En face de cette société politique plus puissante en France que dans tous les autres pays, on trouve des structures professionnelles très éparpillées au niveau patronal comme au niveau salarial.
- Le MEDEF constitue un savant équilibre de pouvoir entre 600 syndicats professionnels et 85 branches ou fédérations. -Les salariés se regroupent dans 6 grands syndicats dans lesquels les syndicats de fonctionnaires sont dix fois plus puissants que les autres, tandis que de nombreux " autonomes " n'ont pas le droit de vote aujourd'hui mais l'auront sans doute demain.
- A côté de ce mouvement syndical, les thinks tanks et clubs de réflexion représentatifs de la société civile au vrai sens du terme - c'est-à-dire en dehors de tout corporatisme professionnel - sont très peu présents.
A gauche, en-dehors d'ATTAC, on trouve quelques associations et groupes d'intellectuels autour de grandes figures universitaires et sans moyens financiers.
A droite, la société civile s'est davantage développée autour des idées libérales.
Il est absolument fondamental qu'elle puisse faire entendre sa voix en face d'une société politique marquée par une spécificité trop connue : elle gouverne par l'impôt et par l'emprunt et ignore tout du risque entrepreneurial, du compte d'exploitation de l'entreprise et du contrat de travail des simples particuliers. 36


Editorial Mai 2007

Passion .......... Raison ......... Election

Un peu de philosophie n'est peut-être pas inutile au moment où la France change de Président et peut-être d'époque.
En introduction à cette réflexion, j'aimerais citer quelques phrases d'Albert Memmi tirées d'un merveilleux petit livre intitulé " Ah quel bonheur ! "
" Submergés par nos émotions, piégés par nos sens, leurrés par notre imagination, nous devons nous en remettre à notre raison.
Mais comment pouvons-nous sans un vain orgueil nous targuer de raison alors que nous sommes si souvent submergés par nos émotions, piégés par nos sens, leurrés par notre imagination, téléguidés par notre part d'ombre, tiraillés par l'avidité de nos intérêts et même par des préjugés honteux et tenaces ?
Peut-être est-ce cela précisément la raison et la sagesse.
L'effort de tenir compte de tout, comme un bon capitaine qui, ayant bien calculé son itinéraire, prévu les aléas de la route, évalué l'état de la mer, la force et la direction des vents, maintient sa barre dans la bonne direction.
Notre capitaine c'est notre raison et le résultat toujours menacé de ses efforts devrait en être la sagesse.
Depuis Socrate et Freud, en passant par Leibniz et Schopenhauer, nous savons qu'une large partie de nous-même échappe à notre contrôle direct.
Mais nous nous efforçons de cerner, de réduire ce double inconnu afin de nous conduire au mieux. Nous tâchons de distinguer entre le constat et le vœu, le jugement et le préjugé, la démonstration et l'apologétique religieuse ou profane.
Dans cette superbe entreprise, la raison est notre capitaine. Il peut se tromper, naviguer médiocrement, quitte à refaire ses calculs et à rectifier sa route.
Mais que ferions-nous sans lui ? Sinon nous en remettre aux démagogues et aux sorciers de toute sorte ?
"

Il n'est pas inutile de méditer ces lignes pour comprendre et éclairer les réactions d'une partie non négligeable de la droite et de la gauche à l'élection de Nicolas Sarkozy.
Cette élection, il est vrai, est significative. Ce n'est pas seulement l'élection d'un homme, c'est le choix par une claire majorité des Français d'un président porteur d'un programme de droite - pour la première fois depuis la libération - et de valeurs conservatrices et libérales clairement affirmées.

- A gauche, impossible de convaincre des hommes par ailleurs intelligents, sensibles et cultivés que Sarkozy ne va pas expulser illico les musulmans, les noirs, les francs-maçons, les protestants, les juifs, les clochards, les infirmes.
Impossible de les convaincre qu'il n'existe pas de programme affirmé de suppression du PACS, des radios-libres, des divorces par consentement mutuel, de l'avortement, de la mixité scolaire, des comités d'entreprise, du droit de grève... L'eugénisme est en filigrane.
En tout état de cause, la dictature est déjà là avec le monopole de la presse par le CAC40, une majorité parlementaire au pas de l'oie, un parti quasi-fasciste, en un mot, un homme capable de tout.
Il ne faut ni en rire, ni en sourire.
Car l'action politique est difficile dans un climat où toute décision est examinée dans un climat de totale défiance, où toute action est suspectée avant même d'être entreprise.
La raison c'est aussi de comprendre la passion. Elle est parfois, hélas, paroxystique (cf. plus loin l'article de Libération).

- A droite, impossible d'envisager que les mesures phares d'un programme libéral puissent être appliquées, même partiellement. Le service minimum est déjà repoussé d'un an, comme le sera la réforme des régimes spéciaux de retraite, le contrat de travail unique, les heures supplémentaires détaxées et " déchargées ".
La carte scolaire ne sera jamais libérée, les réformes Robien jamais confirmées, l'université jamais autonomisée.
On tourne le dos à une politique du logement libérée en proclamant un impossible droit opposable.
La fin des déficits budgétaires est remise à cinq ans, le train de vie de l'Etat ne sera jamais réduit pas plus que les subventions aux centaines d'associations inutiles, aux spectacles sans spectateurs et à leurs intermittents.
Bref la politique étant par nature démagogique et ruineuse (c'est l'Ecole du " Public Choice " qui l'affirme) Sarkozy nous a bien eus, il n'est qu'à voir les heures passées à convaincre Védrine, Kouchner, Allègre, Notat, Jouyet, Morin, Leroy, Attali, Martin Hirsch et autres de sa bonne volonté et de son désir de les voir participer au gouvernement.

La passion n'est ni de gauche ni de droite, elle est partout.

Notre capitaine dit Albert Memmi c'est notre raison. A-t-elle disparu dans le gouffre des critiques de droite et de gauche ?
Il faut une volonté de fer pour conquérir la possibilité de se présenter avec l'appui d'un parti de masse à la présidentielle.
Il faut une volonté peu commune pour rassembler son camp, du centre gauche au centre droit, de ses ennemis intimes à ses concurrents d'aujourd'hui... et de demain.
Il faut une stratégie d'une grande qualité pour mener la course en tête, sans aucune interruption, du 1er septembre au 6 mai.
Il faut un désir d'action constant et sans faille pour promettre de faire ce que l'on a annoncé. Promesse d'autant plus dangereuse qu'elle a été affirmée urbi et orbi.
Il faut enfin une rare faculté d'adaptation pour appliquer dès la victoire une politique prenant à contre-pied tous ses adversaires et saisir que, psycho-sociologiquement, on ne peut réussir que par la séduction.

Bref, la raison constate que Nicolas Sarkozy était le meilleur professionnel et le plus gros travailleur de l'équipe.
Claude Allègre conclut avec la voix de la raison que " Nicolas Sarkozy était supérieur à Ségolène Royal dans tous les compartiments du jeu : l'intelligence personnelle, la compétence, la précision du programme, le dynamisme. "

Et l'opinion, très majoritaire, a finalement suivi la raison puisque le nouveau Président possède aujourd'hui un capital confiance considérable : 70 % des Français approuvent son programme et la composition du gouvernement.

Et maintenant, que faire ? A travers les vagues, les changements de vents et d'alliances et quelques premières mesures symboliques, se dégager le plus possible des passions de droite et de gauche, et ne rien attendre de décisif ni d'un homme, ni d'une majorité ou de combinaisons politiques.
Des années de réflexion et une longue année de campagne électorale nous ont permis de savoir où se trouvent la vérité économique et la raison politique.
A chacun de nous, à chacune de nos associations de s'y atteler en portant la parole de la société civile et des entrepreneurs à nos nouveaux gouvernants.
Les ministres et leurs cabinets doivent être informés, sollicités, poussés vers les réformes que chacun connaît.
Les parlementaires doivent être conduits à jouer leur rôle de contrôle et de suggestions.

Dans le régime présidentiel qui est maintenant le nôtre, le cabinet et l'entourage du président doivent être sans cesse documentés et alertés par nos associations.
En un mot, les appréciations de toute nature sur ce qu'est ou ce que n'est pas Nicolas Sarkozy, sur ce qu'il a fait ou fera sont bien vaines.
C'est maintenant que le travail commence.
C'est à chacun de le faire en étudiant ses dossiers, en proposant ses réformes et en redonnant la barre à notre capitaine : la raison. 35


Editorial avril 2007

Quelques-uns d'entre vous nous ont reproché de ne pas prendre partie pour l'un ou plusieurs des douze candidats à l'élection présidentielle.
Ce n'est pas le rôle d'un organisme d'étude et de réflexion, comme le nôtre, de recommander un vote, ou plusieurs, quelle que soit l'importance du scrutin.
Pourtant, après avoir lu de très nombreux éditoriaux, articles ou controverses sur ce sujet dans notre famille politique, il m'a semblé souhaitable d'intervenir d'abord en donnant la parole à deux de nos amis et en y ajoutant quelques réflexions personnelles.

D'abord le point de vue d'un homme qui milite depuis plus de vingt ans pour la réforme de l'Etat et qui a fondé le premier véritable " think tank " français, l'IFRAP, Bernard Zimmern :
" Le futur est-il libéral ou conservateur ?
Depuis le retrait d'Alain Madelin de la vie politique, les défenseurs du libéralisme, généralement qualifiés immédiatement d'ultra-libéraux par la gauche, se multiplient.
Ils s'empressent de dénoncer les actions de Nicolas Sarkozy ou certains de ses discours, qui, selon eux, ne sont pas conformes aux canons du libéralisme :
- son interventionnisme auprès d'Alstom ou d'EADS,
- le droit opposable au logement, etc.
Et les ex-libéraux d'apporter leur soutien qui à Jean-Marie Le Pen, d'autres de rallier François Bayrou, d'autres enfin de soutenir Nicolas Sarkozy mais seulement du bout des lèvres.
Pourtant, tous ou presque tous disent s'inspirer du modèle américain ou des réformes qui ont remis sur les rails de la croissance et du développement des pays comme le Canada, la Nouvelle-Zélande ou l'Australie. Mais ce qui a réussi dans le monde et particulièrement outre-atlantique, ce n'est pas le libéralisme, c'est le conservatisme, un mélange d'idées prises chez Bastiat, Hayek, et, plus proche, Friedmann, mais s'appuyant sur un réalisme et écartant tout dogmatisme.
Comme l'a expliqué un humoriste, la première ambition d'un conservateur est de conserver. Conserver quoi ?
D'abord soi-même, son existence, sa liberté et son avenir.
Et cela n'a jamais exclu l'intervention de l'Etat lorsque celle-ci était justifiée.
Mais ne l'autorise certainement pas lorsque l'appel à la régulation par l'Etat n'est autre qu'une excuse pour certains d'étendre leurs pouvoirs et leurs privilèges.
Ce qui est remarquable dans le discours de Nicolas Sarkozy, c'est qu'aucun principe n'est poussé à l'extrême et que toute réflexion est toujours tempérée par un réalisme tiré de l'expérience.
Ce qui déboussole parfois les puristes.
Notre pays a trop souffert de définir ses politiques avec des concepts creux inventés par des manipulateurs de la pensée publique, les 35 heures, la redistribution entre riches et pauvres censée justifier le poids écrasant des charges, alors que s'il y a redistribution, elle se fait seulement en faveur de quelques classes de privilégiés, etc.
Il serait temps que nous commencions à ancrer nos décisions sur la réalité, sur un diagnostic des faits appuyé d'études approfondies et non sur des chimères ou des dogmes.
Nicolas Sarkozy paraît en avoir fait le centre de sa stratégie et de sa communication avec les Français.
Et comme c'est la saison pour chacun de dire ses préférences, tout le travail en profondeur que j'ai mené à l'IFRAP depuis 20 ans avant d'en abandonner la présidence, me pousse à considérer qu'il est le seul (avec un autre " petit candidat " intègre mais qui n'a aucune chance) capable d'être un conservateur et de remettre notre pays sur ses rails.
Mais voter pour lui ne signifie pas lui donner un blanc-seing.

S'il est élu et s'il retrouve une majorité au Parlement, le vrai travail commence. "


Ecoutons encore le point de vue d'un économiste qui est un excellent observateur de l'économie " concrète ", et notamment des marchés financiers : Jean-Pierre Chevallier.
" Voter pour Nicolas Sarkozy au 1° comme au 2° tour est une évidence.
S'il n'est pas élu, la politique économique antilibérale sera la même que celle qui a été menée depuis 1981.
Depuis cette date, notre croissance est toujours un peu inférieure à celle des Américains.
Finalement l'écart de richesse est important après cette longue période de 25 années.
Une rupture s'impose comme le disait Nicolas Sarkozy, mais il n'ose pas le répéter trop fort car tous les Français sont contre le libéralisme : la gauche (c'est à dire presque la moitié des électeurs) et au moins la moitié de la droite, sont viscéralement anti-américaines.
La plupart des Français sont encore dans leur tête au XIX° siècle : ils croient que le monde serait plus vivable si personne ne travaillait dans des entreprises polluantes pour gagner de l'argent !
Nicolas Sarkozy louvoie contre l'adversité pour être élu.
Certaines de ses déclarations sont loin d'être libérales, oui, mais ce sera pire avec tout autre président ! et il n'y en aura qu'un. "


Votez pour de bonnes conditions de travail après juin 2007

Pour ma part je voterai pour un homme correspondant à la conclusion du texte de Bernard Zimmern qui me paraît la phrase la plus importante dans tous les messages politiques reçus depuis un an et que je paraphraserai ainsi :
Voter ne signifie pas donner un blanc-seing. Le vrai travail commencera avec celui qui sera élu en souhaitant naturellement qu'il trouve une majorité au Parlement.
La campagne électorale a développé un flot de propositions dont beaucoup sont irréalistes, démagogiques, symboliques.
Mieux vaut dans ce domaine s'arrêter non pas à ce qui se dit depuis trois mois, mais à ce qui s'est écrit dans les conventions de l'UMP et dans les propositions du parti socialiste, l'UDF ayant été discrète dans ses études programmatiques avant le démarrage de la campagne.
Les propositions du parti socialiste sont énoncées dans un programme d'ensemble qui a choqué et découragé les experts les plus sympathisants.
Certes, ces propositions ont été nuancées, parfois retirées, parfois confortées par Ségolène Royal qui a tenu à conserver une assez grande liberté dans son programme. Même si son indépendance d'esprit peut la conduire à des mesures plus réalistes et plus efficaces sur le plan économique, il reste qu'elle s'appuie sur un corps de doctrine, un ensemble de propositions et surtout une majorité parlementaire avec laquelle il sera difficile de travailler.
Certains leaders du P.S, les Rocardiens, les partisans de DSK et de Bockel peuvent être ouverts à quelques propositions libérales. Mais ils sont très loin d'être majoritaires et c'est avec la majorité qu'il faudra travailler.
Les propositions de François Bayrou veulent faire naître une troisième force entre le PS et l'UMP, ce qui peut sembler à beaucoup un idéal, ou du moins une alternative souhaitable dans la vie politique française.
Comme apparaît souhaitable toute idée de contre-pouvoir à une majorité trop forte, tentée d'abuser de sa puissance. Toutefois, pour que ce projet soit crédible il faudrait que François Bayrou se déclare franchement libéral ou franchement social-démocrate. Car il faudra bien gouverner soit avec les uns, soit avec les autres.

La France a absolument besoin de grandes réformes et de réformes urgentes comme en ont eu besoin et en ont réalisées les Anglais, les Allemands, l'Europe du nord, le Canada, l'Australie etc...
Il faut pour cela être précis et préparer clairement ses alliances.
F. Bayrou envisage t'il de travailler avec une majorité partisan des 35 heures, de la retraite à 60 ans, des régimes spéciaux, du retour à l'interdiction des licenciements ?
Les électeurs du centre droit peuvent-ils y retrouver leurs petits ?
Les propositions de l'UMP ont été préparées avec beaucoup de détails et de précisions dans des conventions conçues, organisées et suivies par Nicolas Sarkozy et l'équipe qu'il a formée autour de lui depuis dix-huit mois.
Les conclusions de ces conventions satisfont à 80 % les positions économiques et sociales défendues par les libéraux.
Sur le plan des valeurs de civilisation, de société, d'éducation, nous nous reconnaissons aussi pour l'essentiel dans les thèses de ces conventions.
Certes, dans nombre de discours électoraux, il s'est écarté de la ligne définie par cet ensemble de conventions. Pourquoi ? Parce que c'est un homme politique qui n'a pas envie de perdre des voix en défendant un libéralisme doctrinal, facile à proclamer lorsque l'on est loin des manettes de l'action gouvernementale.

Pour faire 30 % au premier tour et 54 au second, il faut bien évidemment quitter tout point de vue idéologique et se couler dans une sociologie électorale mouvante.
A cet égard, il est parfois irritant d'entendre en permanence les reproches énoncés par les libéraux autoproclamés " de stricte obédience " contre les politiques toujours accusés de trahir la pensée libérale au profit de l'électoralisme.
Il y a à notre sens un temps pour l'éducation et la pédagogie économique et politique - c'est le temps de la longue durée - et un temps pour la campagne électorale - un an pour la préparer et trois mois pour la gagner.
On ne peut pas demander à un candidat à l'élection présidentielle de faire l'éducation politique de la population en trois mois. 33

Editorial Mars 2007

Nous l'avons dit et nous le répétons depuis neuf mois : l'élection présidentielle de 2007 se jouera totalement à droite avec le retour des valeurs malmenées depuis 1970 et la recherche de nouvelles normes pour une vie sociale compromise par les excès de l'individualisme et du relativisme qui l'accompagnent.

Les derniers sondages qui évaluent les chances des candidats à la présidentielle confirment encore ce point de vue. Nicolas Sarkozy (26/28 %) et François Bayrou (22/24 %) représentent ensemble plus de 50 % des intentions de vote. Jean-Marie Le Pen est stabilisé autour de 14 %. Les petits candidats de droite font ensemble 1,5 %.
La droite est ainsi à 66 %, les deux tiers de l'électorat, du rarement vu pour une élection nationale.
Une partie importante de la presse et, plus encore, de l'édition, reflète bien cette évolution de l'opinion.
Le mensuel " Enjeux Les Echos " titrait un numéro spécial le mois dernier : " Tous réacs ? Ordre, travail, patrie... les valeurs traditionnelles reviennent en force. " L'historien Jean Sévilla publie le même mois l'ouvrage " Moralement correct " avec, en sous-titre, " Recherche valeurs désespérément ".
On notera que dans les trente dernières années, les grands succès intellectuels - et les grands tirages - ont concerné des auteurs remettant en cause radicalement beaucoup d'idées reçues du siècle dernier : François Furet et Mona Ozouf ont entièrement réinterprété la Révolution française, séisme dont la France ne s'est remise qu'au prix de 130 années de secousses permanentes.
Pascal Bruckner, dans " Les sanglots de l'homme blanc ", s'est attaqué au tiers-mondisme et à la repentance :
Aider les autres c'est déjà savoir qu'on a beaucoup à leur apporter plutôt qu'à se dénigrer.
Le " Livre noir du communisme " a révélé le désastre politique et moral d'une idéologie qui a fait 100 millions de morts. Les grands moralistes de l'époque sont Alain Finkielkraut, Jean-Claude Guillebault, Philippe Muray, Evelyne Sullerot, Michel Schneider, Pierre Manent, Marcel Gauchet, Pierre-André Taguieff, Raymond Boudon.
En économie une évolution identique s'est produite. Marx et l'économie planifiée ont littéralement disparu du paysage.
Schumpeter l'école autrichienne et tous les Nobel d'économie les ont remplacés.

Il en va de même en histoire et dans l'ensemble des sciences sociales.
Les grandes revues intellectuelles reconnues sont " Commentaire ", " Le Débat ", " Le meilleur des mondes ".
C'est pourquoi, plus que jamais, nous pensons que celui ou celle qui aura le plus de chances de l'emporter sera : le candidat d'une droite décomplexée qui affirmera haut et fort les valeurs traditionnelles du conservatisme en y associant les valeurs modernes du libéralisme social et politique, autant que du libéralisme économique.
le candidat d'une gauche qui n'aurait pas peur d'abandonner la phraséologie du socialisme français traditionnel et qui n'hésiterait pas à montrer sa modernité en reconnaissant le réel... et quelques erreurs, notamment en matière de partage du temps de travail, d'âge de la retraite, de refus de l'évaluation et du contrôle des politiques sociales et des politiques culturelles.

Un grand pays démocrate a besoin d'une vraie gauche et d'une vraie droite, d'une gauche démocratique reconnaissant l'efficacité du marché, d'une droite démocratique ouverte aux évolutions sociales. 32

Editorial Février 2007

Deux mois avant les élections présidentielles, on aimerait qu'un débat de fond soit clairement engagé autour de quelques orientations essentielles qui conditionnent l'avenir.
Et ces orientations doivent s'accompagner impérativement d'un refus ferme et définitif du déficit budgétaire.
Pas de nouveau programme sans que l'on trouve, en face, les moyens de revenir à l'équilibre des finances publiques. Pourquoi ?
Tout simplement parce que payer des intérêts sur les dépenses de fonctionnement est inadmissible.
Le simple règlement annuel des intérêts de la dette publique dépasse aujourd'hui 40 milliards d'euros, autant que le budget de la défense nationale.
Dans un pays où l'on trouve encore un pourcentage trop élevé de ménages qui ont du mal à boucler leur fin de mois, comment accepter que l'on dépense au sens littéral du terme, pour rien, 40 milliards par an, soit le salaire moyen de 2 millions de Français.
Aujourd'hui, parmi nos candidats à la présidentielle, qui affirme cette priorité ?
Il ne s'agit pas, comme on le voit quotidiennement dans la presse, de chiffrer tel ou tel promesse de tel ou tel candidat, pour telle ou telle catégorie sociale.
La plupart de ces promesses sont possibles à réaliser mais à une condition, et une seule : que l'on indique en face les moyens de diminuer parallèlement - et davantage - les dépenses publiques et, par conséquent, la dette.
Hélas, dans ce domaine, contrairement au Beaujolais nouveau, les programmes nouveaux ne sont pas encore arrivés. Après 30 ans d'alternance entre une Droite gaullo-chiraco-constructiviste-étatiste, et une Gauche socialiste-archaïque, la majorité des Français souhaite vraiment la rupture.
- La Droite qui avait plébiscité la candidature de Nicolas Sarkozy lorsqu'elle était marquée sous le sceau de la rupture - de mai à septembre 2006 - s'inquiète plus qu'on ne le croit d'un discours plus modéré qui doit sans doute beaucoup à la nécessité de rallier un camp chiraquien et gouvernemental qu'il faut bien regrouper.
- La Gauche, elle, est clairement divisée en deux camps : celui des révolutionnaires et celui des réformistes socio-démocrates.
Les révolutionnaires souhaitent une autre société, une alternative à l'économie de marché, au capitalisme, à la démocratie libérale. Leur division et leur absence complète de solutions crédibles entraînent leur marginalisation : 10 % des intentions de vote pour 5 candidats. Difficile de produire aujourd'hui un nouveau " Manifeste du Parti communiste ". La Gauche réformiste semble totalement incapable aujourd'hui d'accoucher une doctrine tout au moins " un corpus " analogue à celui du parti social démocrate allemand après Bad-Godesberg ou à celui du New Labour en Grande Bretagne. Plus d'aides diverses et variées pour plus de catégories sociales, pour plus de secteurs économiques ne font pas une politique.
Les socialistes ne semblent pas avoir compris que le " peuple de Gauche " ne souhaite ni la généralisation des 35 heures, ni le maintien des privilèges des fonctionnaires et l'extension de la fonction publique, ni la renationalisation d'EDF et de divers services publics.
L'Institut de l'Entreprise réalise des efforts bien inutiles en tentant de chiffrer les promesses de nos candidats : 35, 50, 70 milliards ?
Ces chiffres sont d'autant plus " vains " que l'imprécision domine dans des promesses où le vague se dispute avec l'incertain.
La seule chose qu'il faudrait chiffrer ce sont les dépenses que l'on peut économiser parce qu'elles sont strictement inutiles.
Un rapport confidentiel de l'administration en juillet 1999 en chiffrait le total à quelques 15 milliards d'euros par an.
Que serait-ce si ce rapport avait été fait par des auditeurs d'entreprises autrement rigoureux !
Oui, les marges de manœuvres existent, mais il faut d'abord chiffrer l'économie réalisable avant de chiffrer la dépense. 31

Editorial Janvier 2007

Au seuil de cette année électorale, il est important de se poser la question des valeurs et des idées qui vont dominer notre société dans les prochaines années ?
Et comment ces valeurs et ces idées ont évolué dans les cinquante dernières années ?
Il nous semble que trois grandes périodes se sont dessinées depuis la fin de la seconde guerre mondiale.
De 1945 à 1965, la France comme toute l'Europe a été dominée par la valeur travail - il fallait reconstruire - et par les valeurs sociales : il fallait que chacun soit solidaire dans cette reconstruction. Expansion économique, démocratie et syndicalisme se sont épaulées mutuellement.

De 1965 à 1980 une vague hédoniste s'est répandue aussi bien en Europe qu'en Amérique du Nord.
Portée d'abord par le mouvement étudiant, elle s'est rapidement diffusée dans les tranches d'âge de 40/50 ans.
Ses aspects positifs ont sans doute été à l'origine d'un retour ou d'une redécouverte de l'individualisme libéral. Ses aspects négatifs, et notamment une remise en cause trop radicale de toutes les formes d'autorité, ont conduit à un retour du conservatisme.

Les années 1980/2000, ont été marquées par les présidences Reagan, Thatcher, et Kohl.
Crise pétrolière et concurrence internationale se sont associées pour imposer vingt années de conservatisme et de retour des valeurs de responsabilité.
C'est durant ces vingt années qu'a eu lieu le grand retour de l'économie de marché, la fin du constructivisme et ce qu'Elie Cohen a désigné par le terme de " Capitalisme financier de marché ".
La France seule s'est écartée de cette tendance, en raison sans doute de la très faible pédagogie politique qui a marqué les années Chirac.

Les années 2005/2010 devraient être dominées en France par " un conservatisme ouvert ".
Conservatisme parce que les valeurs du travail, de la famille, de la responsabilité individuelle, de l'éducation, de la sécurité reviennent au premier plan des préoccupations des Français.
Ouverture parce qu'on ne reviendra pas sur un certain nombre d'acquis des décades précédentes :
- une forte revendication d'indépendance et de liberté garantie par la judiciarisation de la vie sociale,
- des relations amoureuses et familiales très diversifiées,
- une volonté de conduire sa vie professionnelle de façon plus indépendante.
Ce conservatisme ouvert pourrait favoriser une gauche intelligente qui comprendrait que l'avenir de notre société est plus proche des convictions de Tony Blair ou de Bill Clinton que de Lionel Jospin.
Il favorisera tout autant la stratégie de Nicolas Sarkozy si elle est marquée par une politique clairement favorable à une rénovation de l'école, à une volonté de rendre l'université efficace et utile, au retour de la valeur travail, à la responsabilité personnelle et familiale, à la promotion de l'initiative et de l'entreprise.
La réforme de l'Etat devrait s'appuyer, à gauche comme à droite, sur la liberté personnelle, la lutte contre la bureaucratie, l'efficacité de l'administration et la valorisation des fonctionnaires.
Celle-ci sera fondée sur leur utilité et leur productivité et non sur la stabilité de l'emploi.
C'est ce qui a été fait en Suisse, en Suède, au Royaume-Uni, au Canada, en fait presque partout dans les dernières années.
A notre sens, un homme fort intelligent comme Dominique Strauss-Kahn est passé tout à fait à côté de cette évolution des valeurs sociales.
Ségolène Royal a eu quelques accents qui permettent de penser qu'elle perçoit cette évolution. Notamment parce qu'elle centre souvent son discours sur la famille, l'école, le travail et la sécurité.
Est-elle capable d'abord d'évoluer de façon plus complète, ensuite d'imposer cette évolution à son parti ?
Nicolas Sarkozy nous semble avoir bien perçu l'ensemble des phénomènes sociaux récents.
Certains libéraux ont tort de trop s'attacher à son discours économique qui ne peut pas être aujourd'hui très libéral.
Par contre, le projet législatif issu de la quinzaine de conventions de l'UMP montre une forte sensibilité à ces valeurs du conservatisme ouvert.
Les valeurs de société nous semblent beaucoup plus importantes dans le débat électoral qui va s'ouvrir.
En tout état de cause, le débat politique de cette année 2007 sera centré sur les valeurs de la droite et du centre :
5 candidats font aujourd'hui autour de 60 % dans les intentions de vote : J-M. Le Pen, P. de Villiers, N. Sarkozy, J-F. Bayrou, C. Lepage.
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2007 - Une année pleine d'espérance et pleine d'actions

Au seuil d'une nouvelle année les vœux sont toujours d'espérance mais l'espérance n'existe que par l'action qui l'accompagne.

" Il n'y a pas de bon vent pour celui qui ne sait où il va " dit un proverbe universel.
De même il n'y a pas d'espérance sans actions pour la faire advenir.
Cessons de nous plaindre du passé, du déclin, des politiques qui nous ont gouvernés hier.
Mais travaillons avec les " nouveaux politiques " en leur soumettant des propositions et des projets précis pour demain.
Face au déferlement démagogique qui va envahir les médias durant quatre mois, proposons des solutions réalistes.
Le prochain gouvernement, confronté aux réalités économiques et financières, sera heureux de les trouver " prêtes à l'emploi ".
C'est à cette espérance active que va s'employer la petite équipe d'Héritage&Progrès en 2007 en agissant dans deux grands domaines :
1 - Le logement et particulièrement les quest